Réponse aux lecteurs n°2. Le rayonnement civilisationnel chinois en Asie Orientale. Partie 1: un empire conquérant et culturellement raffiné.

I) Un empire conquérant.

(note l’ensemble des informations et des cartes de cette partie de l’article provient du site : http://momachina.ch/chine/histoire.html ).

Depuis l’époque légendaire de l’empereur Jaune jusqu’à la République populaire de Chine, la civilisation chinoise a énormément repoussé ses frontières. S’installant d’abord sur le fleuve Jaune, elle va s’épanouir petit à petit dans les vallées permettant une riziculture facile (entre le fleuve jaune et le fleuve bleu). Organisés en principautés, des petits états issus de la souche chinoise continue d’explorer les terres cultivables des bassins versants des grands fleuve (ce qui engendre parfois des frictions pouvant dégénérer en guerre ouverte. Des conflits apparaissent avec des groupes nomades mais reste de faible importance.

Il faut en effet attendre la dynastie des Han pour qu’une véritable politique de conquête  se mette en place. A la suite de l’épisode des royaumes guerriers les Qin puis les Han héritent d’un territoire uni et de la pensée confucéenne comme mode de gouvernement. Dès lors la bonne santé l’économie et l’organisation efficace de l’administration a permettre la mise en place de la conscription militaire sous les Qin. C’est cependant sous l’autorité de l’empereur Han Wudi (141 à 87 avant JC) que va se mettre en place une dynamique de conquête donnant à la Chine l’habitude de se « dilater » sur ses marges. Celle ci va permettre de définir à l’avenir l’aire d’implantation chinoise, ou « Chine des 18 provinces » à laquelle va s’ajouter, en fonction des périodes, des territoires aux populations allogènes. En effet aujourd’hui encore la Chine qualifie son ethnie majoritaire de Han en opposition aux groupes ethniques minoritaires comme les ouïghours ou les tibétains.

En effet en fonction de la vitalité de l’empire et de l’agitation des nomades des steppes d’Asie centrale l’empire va se rétracter ou se développer. On peut résumer cette histoire de la façon suivante : après les Han l’empire se divise en trois puis en deux royaume (Nord contre Sud, de 220 à 581), après l’unité retrouvée sous la dynastie des Sui (581-618) les Tang (618 – 907) mènent une nouvelle   expansion sur les traces des Han, puis suite à la partition de l’empire en dix royaumes (907 – 959) les Song ( du Nord puis du Sud, 960 – 1279) réinstaure l’unité. L’empire tombera ensuite sous le contrôle des mongoles et intégrera leur empire pour en être le plus grand territoire après la mort de Gengis Khan et l’installation de la dynastie mongole des Yuan (1271 – 1368). La reprise de pouvoir par la dynastie « nationale » des Ming (1368 -1644) et la fin du joug mongole correspondent à une perte de territoire avant l’installation de la dynastie mandchoue des Qing (1644 -1911) sous lesquels la Chine aura connu son expansion maximale avant son effondrement.

Ainsi l’ensemble de l’histoire territoriale de la Chine se comprend comme un noyau de 18 provinces issu de l’âge d’or des Han auquel va s’ajouter au fur et à mesure des marches permettant le contrôle des frontières et la soumission des populations nomades d’Asie centrale, Sibérie et de la péninsule indochinoise.

Carte de la Chine lors de la dynastie des Xia (-1900 à -1350), Shang (-1350 à -1045) et Zhou (-1045 à -256, l’Histoire chinoise retient le nom de cette dynastie pour cette période malgré la période de guerre civile des « royaumes combattants » entre -770 et -256).

Carte de la Chine des Qin (-256 à -202), des Han (-202 à 220) puis de la dynastie des Jin (316 à 581) en rivalité avec la partie nord du pays aux mains des « barbares » Wuhu après la période dite des « trois royaumes » (220 à 316).

Carte de Chine de la dynastie des Sui (589 à 617) après réunification, de la dynastie mongole des Yuan (1206 – 1316, après l’empire des Tang de 618 à 907 dont la carte est indisponible et l’empire des Song de 907 à 1206 qui s’écroula progressivement sous les coups de boutoir mongols ) après la division de l’empire mongol en 1300 et dynastie des Ming (1316 à 1644).

Qing_Dynasty_1820

Carte de la Chine sous la dynastie des Qing (1644 à 1912). A ce moment, la Chine est à l’apogée de son expansion territoriale. En jaune vif la Chine des « 18 provinces » coeur de la Chine traditionnelle forgée par la dynastie des Han, en jaune pâle les pays sous protectorat ou gouvernement militaires et en orange les pays tributaires (le tribut est une sorte d’impôt que doit payer un état dit « client » à un état dominant dont il dépend militairement, économiquement, politiquement).

II) Le raffinement de la civilisation chinoise comme outil de conquête et de civilisation.

L’expansion militaire du pays se double avec une sinisation des populations (quand cela est possible) afin de les intégrer dans l’empire et éviter les révoltes. On peut comparer ce processus à la « romanisation » des populations par la République puis l’Empire romain afin de consolider la « Pax Romana » (« Paix Romaine »).

Ainsi avant les Han, la culture chinoise se forme par des emprunts culturels à la fois aux populations voisines de la vallée du fleuve Jaune et aux nomades avec qui ils commercent ou combattent. Il est à noter que les croyances d’alors dans les bassins des fleuves jaune et bleu forme un socle commun notamment concernant la divinisation des reliefs (fleuve, colline, montagne) ainsi que le respect des ancêtres [1]. Cet accumulation d’usages et de croyances se fait notamment lors des changements de dynastie où les nouveaux souverains tentent de concilier les bonnes idées de leurs prédécesseurs tout en marquant leur originalité et leur apport par de nouvelles coutumes.

Ainsi la dynastie des Shang (environ -1500 à -1045), rivale de la dynastie des Xia (-1900 à environ -1500) à qui elle succède, perfectionne l’écriture chinoise en l’adoptant (à tel point que la parenté avec les caractères chinois actuels est évidente), introduit l’utilisation des chars dans les forces armées et mettent en place des temples en l’honneur de la famille royale.

De la même façon les Zhou (occidentaux -1045 à -770 puis orientaux 770-256) prennent le pouvoir sur les Shang alors même qu’ils ne font pas partie à part entière de la souche culturelle chinoise. Longtemps sous l’influence de la culture chinoise ils vont se l’approprier en poussant plus avant certaines traditions : l’empereur devient alors le « fils du ciel » et gouverne le pays à la tête d’une bureaucratie centralisée et martiale. Il y a déjà là tous les prémices des caractères classiques de l’empire chinois des Han. Par ailleurs l’expansion territoriale importante des Zhou va les obliger à instaurer un système de garnisons militaires avec à leur tête des commandants issus de la cour impériale. Mais à mesure que le temps passe, les relations entre le pouvoir central et local se modifient et les commandements deviennent des seigneuries héréditaires dont la coutume supplante les ordres du Centre et les coutumes familiales, l’Empereur devient à terme un fantoche et la guerre civile éclate entre seigneuries chinoises rivales.

S’ouvre alors l’époque dite des Printemps et des Automnes (-770 à -453) puis des royaumes combattants (-453 à -221). A la faveur d’une invasion nomade l’autorité centrale s’écroule : la sécurité et la gestion du pays reviennent aux seigneurs. C’est une période de lutte entre et dans les seigneuries, l’Empereur demeure et son autorité morale existe bel et bien. Mais sans l’autorité politique et militaire qui devrait l’appuyer.

Ce morcellement du pouvoir, la profonde remise en question des croyances et des rites traditionnels par les coutumes locales (assimilées aux barbares) ainsi qu’un sentiment de gâchis entraine paradoxalement une ébullition philosophique et culturelle sans précédent. Ainsi dans le chaos des guerres civiles fleurissent les « cents écoles » cherchant à donner des solutions à la crise politique par l’étude de la conduite de l’Homme de façon positiviste. La philosophie classique chinoise apparaît dès lors dans les mouvements confucianiste, légiste, moïste, taoïste[2].

Ci dessus de gauche à droite: Lao Tseu, Confucius et deux de leurs grands héritiers respectifs Zhuangzi (-370 à -287) et Mencius (-380 à -289). Bien que n’ayant pas vécu à l’époque des Han, les deux grands maitres verront leurs oeuvres leur survivre par la mise en place de véritables structures de conservation, commentaire et diffusion qui fonderont les bases de la philosophie classique chinoise à la période des Han.

De la même façon les guerres civiles vont profondément transformer l’économie de l’empire en ce que les seigneurs locaux (y compris la maison impériale) cherchent toujours plus d’indépendance vis à vis des commerçants et des riches familles avec la mise en valeur de nouvelle terre et le perfectionnement des systèmes d’irrigations. Ainsi des pans plus larges de la population accèdent à l’enseignement et les fonctions administratives se démultiplient en fonction des divisions seigneuriales.

Enfin une nouvelle classe émerge : les Shi. Difficilement traduisible, l’équivalent en français pourrait être « chevalier » ou « aventurier ». Ils sont recrutés par les seigneurs en fonction de leur capacités (martiales, scientifiques, d’organisation, littéraire, etc…) à une époque où l’aristocratie héréditaire tombe rapidement et est incapable de se renouveler sous l’effet d’un népotisme déjà millénaire. Cette sorte de méritocratie fut d’une grande influence pour la mise en place des examens mandarinaux permettant de substituer les lettrés à l’aristocratie ou à la bourgeoisie et garantir l’unité de l’empire[3].

La situation se stabilise et l’empire retrouve l’unité avec l’éphémère dynastie des Qin sortant victorieuse de la guerre civile en soumettant les autres principautés/royaumes et même les territoires nomades du Nord Ouest. Ainsi le prince Ying Zheng se déclare empereur en -220 et soumet la plus grande partie du territoire dont les Han hériteront, notamment en poussant les conquêtes vers le Sud . Il entame également la construction de ce que l’on nomme aujourd’hui la « grande muraille de chine » pour protéger les plaines des régulières incursions nomades par le Nord Ouest. Tirant les leçons de la période de trouble précédente, il recrute les fonctionnaires au mérite et ébauche un système d’écriture emportant les écrits confucéens et posant les bases d’une culture commune à travers tout l’empire[4]. Malgré la courte durée de son règne il pose les bases d’un système dont l’apogée profitera aux Han.

Ainsi le creuset chinois révèle l’étendu de son potentiel sous la dynastie des Han qui offre le premier âge d’or de la civilisation.

Profitant des travaux des Qin, les Han (-202 à 220) imposent le confucianisme comme soutien idéologique de l’empire (-136) et l’unité linguistique du royaume se met en place rapidement (l’écriture par idéogramme permettant la communication entre personnes ne partageant pas le même dialecte)[5]. La classe des mandarins par recrutement au mérite est instaurée en -124 pour assister l’empereur et agir seulement dans son intérêt. L’institution impérial prime sur toute les autres et le « fils du ciel » exerce un contrôle direct sur le royaume et ce dans tous les secteurs. C’est l’émergence d’un véritable sentiment national et surtout de l’idée de civilisation en réaction aux « barbares » (c’est à dire aux non chinois)[6].

Dès lors les arts et la littérature (calligraphie, poésie, théâtre) se développent et influence fortement les pays riverains de la Chine par leur raffinement. Ainsi les soies peintes, les objets laqués ou en porcelaine ainsi que la calligraphie atteignent des niveaux de finesses inégalés.

Sur le plan technique des inventions telles que la boussole, le gouvernail, le sismographe, le papier ou la porcelaine voient le jour. Alors que la boussole et le gouvernail vont servir aux aventures outre mer, papier et porcelaine, en plus de constituer des biens précieux pour l’époque, vont véhiculer l’esprit chinois dans le monde entier[7].

En haut à gauche la première boussole de l’histoire. En bas à gauche vase de porcelaine sous la dynastie des Han, on remarquera que l’encre bleue sur la porcelaine blanche est un trait caractéristique des productions chinoises de ce type par la suite et ce même dans des pays sinisés comme le Vietnam. A droite exemple de peinture sur étoffe de soie à la période des Han.

En effet l’unification du royaume ainsi que la sécurisation par alliance ou par la conquête de l’Ouest du pays aboutit à la création de la mythique route de la soie permettant aux marchands chinois de commercer avec l’occident et notamment avec Rome qui est à l’apogée de sa puissance suite à la défaite de Carthage et à la fin des guerres civiles par la mise en place de l’empire. En plus d’une plus value économique importante, l’empire chinois va faire connaitre sa culture au monde eurasiatique[8].

En plus de renforcer l’unité du pays, cette vitalité culturelle permit également l’absorption par l’empire des Han de nombreux territoires avoisinant les désert de Gobi et stabilisant ainsi les marches de l’empire.

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La route de la Soie sous la Dynastie des Han et pricnipales routes de commerces entre empire chinois et romain.
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Bas relief d’une villa de Pompéi, la femme à gauche porte une robe en soie.

Ainsi les Han offrirent à la Chine un rayonnement culturel sans précédent qui restera profondément ancré à la fois dans le pays et chez ses voisins. Si l’article est trop court pour étudier la trajectoire de cette culture entièrement il est néanmoins nécessaire de préciser les grandes phases de repli et de redéploiement de l’influence chinoise.

Après les Han le royaume est divisé en trois ce qui profite aux envahisseurs barbares Wuhu prenant le Nord de l’empire et s’assimilant petit à petit. Ainsi deux dynasties revendiquent le pouvoir sur la totalité du royaume : les barbares assimilés du Nord et les réfugiés des guerres barbares au Sud.

L’empire est réunifié par les Sui qui mettent en place un nouveau dictionnaire et unifie d’avantage la langue dans le pays.

Viennent ensuite les Tang qui, sur la base des Sui, insuffle une nouvelle ère de prospérité au pays. Le bouddhisme, bien qu’introduit en Chine au Ier siècle de l’ère chrétienne connaît un essor considérable en Chine, est adopté par la famille impériale et provoque une nouvelle ébullition culturelle en Chine[9].

S’en suit une nouvelle phase de repli du fait de divisions internes : c’est la période des Cinq dynasties et des Dix royaumes (907-960) d’où émerge la dynastie des Song qui devra continuer à lutter contre des provinces dissidentes avant de se faire balayer par les mongols en 1279.

Dès lors une partie des mongols, contre leur Tradition, s’assimile et fonde leur propre dynastie (les Yuan, de 1279 à 1368) afin de régner sur la Chine. Ils préservent ainsi la totalité des traditions chinoises même s’ils réintroduisent des rites chamaniques propres aux nomades des steppes d’Asie centrale [10]. Il est à noter également que le conflit entre mongols et chinois est le premier grand conflit impliquant l’utilisation d’armes à feu après les innovations et les nouvelles utilisations de la poudre à canon découverte en Chine[11] . L’insertion de la Chine dans l’empire mongol permet ainsi la renaissance de la route de la Soie qui rendra possible notamment le voyage de Marco Polo qui engendrera le regain d’intérêt de l’Europe chrétienne pour les lointaines contrées d’Asie orientale. C’est le début d’une ère de relative stabilité après le chaos de l’invasion mongole qui divisa la population chinoise d’environ 40%[12].

Bénéficiant de cette bonne conjecture et d’une haine viscérale de la population pour leur maitre étranger, les Ming prennent le pouvoir en 1368. Jouant la carte du nationalisme suite à la dynastie barbare des Yuan, les Ming s’évertuent à redévelopper le confucianisme à travers l’école dite néoconfucéenne[13]. Ainsi l’imprimerie, présente en Chine dès le IXème siècle mais sous utilisée, tourne à plein régime pour asseoir de nouveau la culture chinoise[14]. En réaction à la pauvreté endémique sous la période des Song et des Mongols, le droit foncier est profondément remanié afin de privilégié l’agriculture au détriment du commerce, certes source de richesse et de prestige mais également de famine et dont le profit se concentre pour une petite partie de la population afin de recréer une harmonie sociale source de stabilité politique (la fonction politique était à l’époque parfois considérée comme une activité commerciale en raison de la corruption que seuls les riches commerçants pouvaient s’offrir). Cette politique a pour effet direct la revitalisation de l’économie chinoise dans son ensemble et l’urbanisation des populations. L’artisanat bat alors son plein et un (mince) tissu industriel se forme autour de Pékin et de Nankin. L’empire des Ming hérite également de la sphère d’influence des Yuan et reçoivent des paiements de tributs de ces états. Voulant étendre cette zone d’influence les Ming ordonnent l’expédition de Zeng He dont nous avons déjà parlé[15] afin d’instaurer des liens entre les émigrés chinois fuyant la famine ou la répression Ming à l’encontre des marchands et en incitant les ambassadeurs étrangers à payer un tributs en échange d’une alliance militaire ou commerciale. L’approche chinoise se distingue des européens dans le sens où ses explorations sont axées d’avantage sur le rayonnement culturel et politique que sur les gains matériels directs[16]. Certains historiens estiment que la Chine des Ming fut la nation la plus avancée du monde à cette époque[17].

Par la suite des nomades mandchous incorporés dans l’armée renversèrent la dynastie Ming pour former la dernière dynastie impériale de la Chine (1644 – 1912). Ils mirent à profit les performances militaires mandchou et l’extrême efficacité de l’administration chinoise afin d’atteindre l’expansion maximale de la Chine en incorporant l’ensemble de la Mandchourie puis en y ajoutant le Tibet, l’actuel Turkestan chinois, le Népal, la Corée, Taiwan et la Mongolie intérieur. L’on trouve également une myriade de pays tributaires hérités des Ming. C’est dans ce cas de figure que la domination culturelle prend tout son sens étant donné que certaines parties de l’empire d’alors sont peuplés par des non Han et découlant d’une tradition parfois fortement éloignés de la Chine traditionnelle comme les ouïghours musulmans. Conscient de ce fait l’empereur Kangxi (1654 -1722) fit imprimé le plus grand dictionnaires d’idéogrammes chinois existant et l’empereur Qianlong (1711-1799) fit compilés le catalogue des toutes les œuvres chinoises classiques. Contre l’avis des mandarins, la littérature populaire fut encouragé par les empereurs Qing et certains des plus grands romans chinois virent le jour à cette époque tel Le rêve dans le pavillon rouge de Cao Xueqin (1715 ?-1763).

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Carte de la Chine des Qing. Au maximum de son extension territoriale la Chine cumule 3 approches complémentaires pour affirmer sa puissance : la conquête militaire sur des pays difficilement assimilables (en jaune pale) autour du noyaux des « 18 provinces », l’influence culturel sur des pays comme la Corée ou le Vietnam et l’influence commerciale sur des pays dont la culture est différente (Birmanie, Népal, Siam, etc … en orange)

Dans ce contexte le triple sens de la notion de frontière, que nous avions déjà analysé dans un autre article, prends tout son sens et appuie l’importance d’une proximité culturelle ou d’une culture forte afin de dominer les pays nouvellement conquis ou où la souveraineté manque de légitimité politique.

Suite à la déliquescence de l’empire et à sa mise sous tutelle progressive par des puissances extérieures les élites chinoises étaient tiraillées entre la nécessité de s’adapter à la supériorité technique des occidentaux et celle de perpétuer les traditions[18].

Pendant la période de guerre civile l’influence chinoise ne fut pas le principal soucis des leaders, qu’ils soient communistes ou nationalistes.

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Affiche de propagande durant la révolution culturelle chinoise. Le slogan indique « Nous allons détruire l’ancien monde et en construire un nouveau ».

Dans la Chine maoïste, la volonté de créer un homme nouveau poussa à la détestation de la Chine dite « féodale » même si le PCC reprit les visées impériales de celle ci[19] et que Mao soutint la particularité d’un communisme asiatique dont la Chine serait le modèle[20]. L’héritage de la Chine « classique » fut l’objet d’une véritable chasse au sorcière durant la révolution culturelle[21].

Aujourd’hui l’ouverture économique du pays par Deng Xiao Ping et la perte de légitimité de l’argumentaire doctrinaire marxiste/léniniste conduit à un retour des autorités chinoises à une vision plutôt nationaliste en liaison avec le passé impérial chinois. Le meilleur exemple de cela étant la volonté de revanche de Pékin sur les occidentaux et le Japon en raison des traités inégaux[22].

[1] Voir mon article sur Vinagéo « Fernand Braudel – Grammaire des civilisations (chapitres sur l’Extrême-Orient). Partie II: analyse de l’Extrême Orient et de la Chine classique. » : https://vinageoblog.wordpress.com/2016/09/12/fernand-braudel-grammaire-des-civilisations-chapitres-sur-lextreme-orient-partie-ii-analyse-de-lextreme-orient-et-de-la-chine-classique/

[2] http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-cent-fleurs/

[3] http://momachina.ch/chine/histoire.html

[4] idem.

[5] Géopolitique de la Chine, Jean François Dufour, 1999, Editions Complexe, p.30

[6] Debaine-Francfort, la redécouverte de la Chine ancienne, Gallimard, 2008

[7] http://www.cernuschi.paris.fr/sites/cernuschi/files/editeur/doc-decouverte_-_techniques_et_inventions_sous_les_han.pdf

[8] http://www.edelo.net/routedelasoie/route_soie.htm

[9] Voir mon article sur Vinagéo : « Fernand Braudel – Grammaire des civilisations (chapitres sur l’Extrême-Orient). Partie II: analyse de l’Extrême Orient et de la Chine classique. » : https://vinageoblog.wordpress.com/2016/09/12/fernand-braudel-grammaire-des-civilisations-chapitres-sur-lextreme-orient-partie-ii-analyse-de-lextreme-orient-et-de-la-chine-classique/

[10] La dynastie mongole de Chine : Les Yuan, Jean Paul Roux sur le site Clio.fr :https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_dynastie_mongole_de_chine_les_yuan.asp

[11] Sur l’histoire des armes à feu voir la vidéo de la chaine Pour La Petite Histoire « Aux origines des armes à feu » : https://www.youtube.com/watch?v=ajn8lGW_L0I

[12] http://momachina.ch/chine/histoire.html

[13] http://www.leconflit.com/article-philosophie-chinoise-renaissance-du-confucianisme-sous-les-song-et-les-ming-114014976.html

[14] Histoire de l’origine et des premiers progrès de l’imprimerie, Prosper Marchand et al., 1740, p.16

[15] Voir mon article sur Vinagéo « Poudrières en MDC VI. La stratégie militaire chinoise en Mer de Chine: l’empire du milieu répond à l’appel du large. » : https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-vi-la-strategie-militaire-chinoise-en-mer-de-chine-lempire-du-milieu-repond-a-lappel-du-large/

[16] Voir prochain article sur le rayonnement civilisationnel chinois.

[17] http://momachina.ch/chine/histoire.html

[18] Voir mon article précédant sur Vinagéo « Fernand Braudel – Grammaire des civilisations (chapitres sur l’Extrême-Orient). Partie III: la situation révolutionnaire en Chine (fin XIXème-début XXème). » : https://vinageoblog.wordpress.com/2016/10/01/fernand-braudel-grammaire-des-civilisations-chapitres-sur-lextreme-orient-partie-iii-la-situation-revolutionnaire-en-chine-fin-xixeme-debut-xxeme/

[19] Voir mon article sur Vinagéo « Poudrières en MDC V. L’ambigüité des revendications maritimes chinoises : les difficultés de la « merritorialisation » et la notion chinoise des frontières. » https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-v-lambiguite-des-revendications-maritimes-chinoises-les-difficultes-de-la-merritorialisation-et-la-notion-chinoise-des-frontieres/

[20] Lucien Bianco, Mao et son modèle dans Vingtième siècle, revue d’histoire, p256. https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2009-1-page-81.htm

[21] http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=392

[22] Jean Vincent Brisset, Décomplexée de la puissance : la Chine mène t elle déjà ouvertement le monde à la baguette, 16 décembre 2013, http://www.iris-france.org/44434-dcomplexe-de-la-puissance-la-chine-mne-t-elle-dj-ouvertement-le-monde-la-baguette/

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