Réponse aux lecteurs n°3. La forte influence sans assimilation de la civilisation chinoise sur le Vietnam-Partie I : Introduction et perspectives historiques. De l’indépendance à l’arrivée des Français.

C) Après l’indépendance : naissance et développement de l’Etat vietnamien, « Marche vers le Sud » et relation tributaire envers les Chinois.

1) Le Dai Viet après son indépendance : résistance aux Chinois, dynamique politique centre/périphérie et conception bouddhiste et confucéenne du gouvernement.

Suite à l’indépendance, les élites vietnamiennes portées au pouvoir par l’insurrection de Ngo Quyen doivent montrer leur capacité à gérer les affaires touchant à la population. En effet l’introduction du « contrat social » chinois dans la personne de l’empereur peut justifier une destitution par la population.

Mais les premières années du nouvel Etat vietnamien sont marquées par de nombreux troubles internes et externes. Apparaissent ainsi, dès l’indépendance, deux constantes de l’histoire politique vietnamienne (encore visible de nos jours) : sur le plan interne une lutte entre les forces centralisatrices impériales et les périphéries autonomistes/séparatistes menées par des chefs de guerre féodaux (causant plusieurs guerres civiles au Vietnam), sur le plan externe la menace du grand voisin du Nord (chaque dynastie aura a combattre au moins une fois une tentative de domination chinoise). Ces deux constantes sont à l’époque les forces motrices orientant l’organisation de l’Etat selon une démarcation philosophico-religieuse basée sur la pensée bouddhiste ou confucéenne.

Soumis à ces deux déterminants Ngo Quyen, le leader du mouvement ayant défait les Chinois, passe ses 6 ans de règne à tenter vainement d’étouffer le féodalisme de ses seigneurs. C’est peine perdue, le pays est divisé en 12 seigneuries

Cette division ne sera que passagère puisqu’à nouveau la Chine des Song se fait menaçante. Les seigneuries sont alors contraintes d’établir une autorité centrale pour organiser la défense.

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Statue du premier empereur du  Dai Viet Đinh Bộ Lĩnh. (Temple de la littérature)

Après un conflit de succession autour de l’héritier des Đinh, âgé de 6 ans, le général Lê Hoàn est appelé au pouvoir devant les nouvelles menaces d’intervention chinoises. Il prend le nom de règne de Lê Đai Hành et fonde la dynastie des Lê antérieurs (980- 1009). Une fois les armées chinoises et chams[2] défaites, il poursuit l’œuvre centralisatrice de ses prédécesseurs en construisant routes et canaux et en frappant la première monnaie viêt. Il impose également la religion bouddhiste en réaction aux conceptions trop chinoise du confucianisme et du taoïsme. Ce choix politique correspond à un sentiment de défiance des dirigeants viêt vis à vis d’une bureaucratie encore trop empreinte de culture chinoise (et par extension confucéenne). De fait à ce moment la structure de l’état du Đại Việt, malgré le maintien du mandarinat, correspond d’avantage à un gouvernement aristocratique plutôt qu’à une administration bureaucratique : c’est par hérédité et recommandation des nobles et des bonzes que les fonctionnaires sont recrutés. Par ailleurs le pouvoir est patrimonial, ainsi les leviers de commande et les propriétés foncières stratégiques sont confiés à des proches de l’empereur[3].

Seulement ce mode de dévolution du pouvoir porte en lui même les germes des volontés sécessionnistes des autres seigneuries. En effet ce type de gouvernement favorise largement la constitution de clientèles politiques dont le soutien permet de s’affranchir de la tutelle centrale. Cette source de trouble est immédiatement vérifiée à la mort de Lê Đai Hành (1009) : après avoir partagé le royaume entre ses fils une guerre de succession éclate et le vainqueur de cette guerre ne tiens que 4 ans.

Devant la menace chinoise toujours pressante, l’élite vietnamienne, tout en continuant à soutenir la base religieuse bouddhiste de l’Etat, place au pouvoir un mandarin en 1009 : Lý Thái Tổ, fondateur de la dynastie des Lý (1009-1125), première dynastie viêt durable.

Dans les grandes lignes les Lý poursuivent la politique centralisatrice de leurs prédécesseurs : établissement d’une administration centrale coordonnée et efficace, création d’une armée de métier, développement de l’infrastructure pour l’agriculture, le commerce interne et les communications. Ils sont également à l’origine du déplacement de la capitale vers l’ancêtre de l’actuelle ville d’Hanoï : Thăng Long (Dragon volant en vietnamien).

Nous verrons plus loin qu’ils sont également à l’origine de l’amorce de la fameuse « Marche vers le Sud ».

La dynastie des Lý, malgré le fait que son fondateur soit un produit de l’école bouddhiste, tenta d’équilibrer la prépondérance bouddhiste facteur d’instabilité par l’instauration d’examens administratifs pour les fonctionnaires et les religieux. A cet

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Entrée du Van Mieu, première partie et coeur du temple de la littérature d’Hanoï. Cette porte est le symbole de la ville.

effet le Van Miêu (ou « temple des lettres » ), première édification de l’actuel temple de la littérature, est fondé en 1070. Bien qu’expressément dédié à l’étude de Confucius, ce temple/université d’inspiration nettement chinoise, sert à recruter les fonctionnaires confucéens mais également les prêtres bouddhistes et taoïste, rompant ainsi avec la tradition chinoise. Par ailleurs le petit nombre de concours organisés témoigne du fait que le rôle de l’instruction dispensée était bien différent de celui des Chinois : les examens étaient réservés à l’aristocratie maitrisant le Nho puis le Nôm, et le concours n’était pas en lui même nécessaire pour parvenir à un poste administratif[4].

Il convient ici de préciser qu’à partir de ce moment les principaux composants du pouvoir des souverains vietnamiens sont posés et façonneront le pays. Ainsi la succession des dynasties ne modifiera guère la substance de l’Etat vietnamien.

En effet les grands projets comme la marche vers le Sud fut une constante de l’Histoire vietnamienne de son commencement au milieu du XIème siècle à son achèvement en 1802. Il est même à noter que l’idéologie sous jacente à la marche vers le Sud connaitra une certaine influence dans les milieux vietnamiens nationalistes voir fascisant à l’arrivée des Français et dans le bouillonnement politique indépendantiste[5]. Malgré tout, les différents stades de cette marche influencèrent les décisions à propos de la méthode d’administration en ce sens que l’extension du territoire, l’explosion démographique dès les Lý et l’objectif de « vietnamiser » les royaumes Cham et Khmer entrainèrent la conscience de la nécessité d’une administration forte et efficace gommant petit à petit la prédominance du bouddhisme au profit du confucianisme.

Cette alchimie entre les deux mouvements évolua au cours du temps de la façon suivante : le bouddhisme prédomina jusqu’à ce que la dynastie des Lê (1428 – 1788) ne fasse basculer la monarchie aristocratique en système bureaucratique après que les divisions internes du temps de la dynastie des Trần (1225-1400) et des usurpateurs Hô (1400-1407) ne conduisent à une nouvelle domination de la Chine des Ming et à une nouvelle guerre d’indépendance mené par le futur empereur Lê Loi (de 1418 à 1427). Le système de recrutement est fondé sur le mérite lors des examens et ceux ci ne sont plus réservés à l’aristocratie. De la même façon la cadence des examens est accélérée, la capitale ne concentre plus l’ensemble des examens (examen dans les provinces, doctorat à la capitale et au Palais royal tous les trois ans contre un examen tous les 16ans à Hanoi sous les Ly et les Trần ) et à partir de 1477 le statut des fonctionnaires civiles et militaires est établi. Seul la famille royale peut être titulaire de droits fonciers et de charges héréditaires. Peu à peu les « lettrés fonctionnaires » néo-confucéens s’imposent au sommet de l’Etat et permettent – grâce à l’idéologie confucéenne, rationnelle, cohérente et totale – la stabilité des institutions jusqu’à l’abdication de l’empereur Bao Dai en 1945.

D’un point de vue religieux et culturel les trois grands mouvements (bouddhisme, confucianisme et taoïsme) subissent les aléas de l’histoire politique et leurs apports diffèrent suivant les époques. Ainsi les premiers temps du Vietnam indépendant voient une cohabitation entre le bouddhisme devenu religion d’Etat et un confucianisme a minima pour permettre à l’administration de fonctionner. Peu à peu le bouddhisme vietnamien entre en décadence (fin XIIIème – début XIV) car de plus en plus liés à des phénomènes de corruption sur une base religieuse communautaire[6] et infiltré de toute part par la superstition et la bigoterie. A cela s’ajoute également les attaques répétées de l’intelligentsia confucéenne considérant le bouddhisme comme antisocial et anticivique. Reprenant l’avantage, le mouvement confucianiste, après avoir permis environ deux siècles de stabilité institutionnelle et d’efficacité administrative, tombe également en décadence au XVIIème et devient sous l’influence du Zhuxisme[7], un mouvement de systématisation confucéen sans souffle ni sève car devenant dogmatique et creux (comme en Chine d’ailleurs[8]) . Par ailleurs le décalage de plus en plus flagrant entre l’élite bureaucratique confucéenne sinisée et le peuple se creuse et la fonction tombe dans une logique népotique parfois liée aux liens trop étroit que les mandarins entretiennent avec les milieux d’affaire plus ou moins légaux

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Couverture d’un traité de 1926 sur le syncrétisme des religions taoïste, bouddhiste et confucéenne.

(voir mon article précédent[9]) . Cette décadence profite au bouddhisme qui refleurit. Mais au final cette confrontation perpétuelle des grands mouvements religieux, fortement emprunt de culture chinoise, aboutit à un syncrétisme typiquement vietnamien au cours des XVII et XVIIIème siècle : la théorie de la « commune origine » et du « commun corps » des trois religions (« tam giáo » en vietnamien). Sous cette impulsion de nombreux lettrés se font moines et la triple religion va irriguée la société vietnamienne en empruntant à chacun des mouvements un certain nombre d’idées et de pratiques dont l’impact sera relatif suivants la couche de la société considérée.

Si la religion fut un moyen d’éducation des masses pour le respect de l’ordre établi par la menace religieuse (châtiments des péchés pour le bouddhisme) ou par le dogme conceptuel (supériorité de la pensée confucéenne aboutissant à un immobilisme cancérigène), elle fut également pensée comme un biais d’humanisation des mœurs et des lois. C’est dans ce contexte qu’elle a suscité des chefs d’œuvres architecturaux, temples et stupas permettant l’expression de l’équilibre des formes et des couleurs mêlant symbolisme et classicisme chinois et éléments d’ornementation d’inspiration typiquement indochinoise (voir article suivants).

2) La marche vers le Sud et la guerre civile au Dai Viet.

Si la thématique de la guerre civile peut s’apparenter à l’opposition centre/périphéries que nous venons de voir, elle apparaît être une conséquence directe de la « Marche vers le Sud » (MVS) ou « Nam tien » en vietnamien en étendant le territoire à partager administrativement et en éloignant les provinces de l’autorité centrale.

a)Le mécanisme chinois de conquête et d’assimilation

En effet il apparaît que la MVS, considérée comme l’élément le plus structurant de l’histoire du Vietnam avec l’indépendance du pays au détriment des chinois[10], résulte, dans les grandes lignes, d’une répétition à moindre échelle de la stratégie impériale chinoise.

La vision chinoise du monde était basée sur un système spatial d’auréoles concentriques de contrôle décroissant allant du pouvoir central impérial aux mondes inconnus en passant par des périphéries plus ou moins sous contrôle militaire ou sous influence culturelle chinoise.

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Représentation de la Chine impériale en cinq zones concentriques telles que définies dans le « système tributaire de Yu » (du nom de son inventeur le mandarin Yu Gong). Le centre représente le domaine royale, les deux espaces suivants les Etats feudataires ou vassaux, le 4ème représente les Etats semi civilisés payant tribut et le dernier le monde barbare trop loin de la civilisation.

Cette optique s’est cristallisée après la période dite des « Royaumes guerriers » (voir mon article précédent sur l’expansion territoriale chinoise[11]) sous la dynastie des Qin puis des Han. Or c’est également à cette période que l’empire chinois, une fois réunifié, cherche à agrandir son espace territoriale et s’étend très rapidement au Sud dans l’immense bassin versant du Si Kiang offrant une aire agricole formidable pour l’empire. En plus d’affirmer sa puissance et de sanctuariser son assise géographique, le but de ces campagnes militaires était également d’asservir ou de maitriser les royaumes non chinois qui étaient intervenus dans la guerre civile chinoise[12].

Les opérations obéissaient à une application mécanique du « Hua », visant à produire un changement de comportement que l’on pourrait qualifier de « civilisationnel » des peuples vaincus militairement par leur apprentissage des rituels chinois au travers d’une éducation présentée comme émanent d’une autorité morale supérieure bienveillante[13].

Le processus se décompose en 3 mouvements distincts :

  1. La phase que l’on pourrait appelé « bride relâchée » : après les succès militaires les élites indigènes sont maintenues (quand c’est possible) moyennant allégeance au « Fils du Ciel » et contre paiement d’un tribut en Or, Argent, corvées et céréales. La phase d’acculturation ne commence que par contact.
  2. Ensuite, une fois prête, ce sont les élites indigènes éduquées à l’école chinoise (et donc intégrées à l’appareil administratif impérial) qui dirigent. Le tribut reste le même (même si sa valeur peut augmenter) et l’administration centrale peut réquisitionner de la main d’œuvre ou des combattants. Cette fois la sinisation se fait  « par le haut », c’est à dire par les élites. A mesure que le temps passe de plus en plus de soldats/agriculteurs chinois s’installent aux points stratégiques (près des forteresses ou dans les zones fertiles) et forme des maillons de colonies agricoles ou de postes militaires de diverses fonctions et tailles (de l’avant poste frontalier à la forteresse). Le but est sur le long terme de fragmenter les territoires indigènes pour les dissoudre totalement dans le système administratif.
  3. Enfin, une fois la densité de ces colonies suffisamment importante et les populations acculturées, les élites indigènes étaient déposées puis remplacées par la bureaucratie chinoise[14].

Il est arrivé plusieurs fois dans l’histoire chinoise que tous les éléments ne soient pas réunis pour la phase finale. Par exemple quand les terrains à couvrir étaient trop étendus ou que les populations à soumettre fonctionnaient sur une logique culturelle ou métaphysique trop incompatible avec les enseignements chinois (populations nomades des steppes d’Asie centrale ou royaume du Tibet).

En revanche cette tactique a fonctionné à merveille lors de l’annexion du Sud de l’actuel territoire chinois où les Han intègrent successivement les royaumes du Min Yue et du Nan Yue, qui nous l’avons vu (voir article précédent[15]) est l’ancêtre de l’actuel Vietnam.

Il est nécessaire de rappeler ici que la période Han est le premier âge d’or de la civilisation chinoise et que le pays dispose d’une avance conséquente dans de nombreux domaine touchant aussi bien à l’art de la guerre que la philosophie (voir un autre article du blog[16]).

b) Une poussée vers le Sud dans un contexte de guerre civile prolongée.

Dès lors le Đại Việt, pour l’avoir subit, connaît les rouages de cette mécanique et est imprégné de ce mouvement vers le Sud de ses anciens maitres chinois. C’est d’ailleurs pendant la période d’occupation chinoise que le delta du Tonkin, alors cœur de la province, subit des raids chams (plutôt de faible intensité).

Si les chinois ne marquent guère leur volonté de progresser plus au Sud en raison de la taille de l’empire et de l’agitation des tribus nomades sur ses frontières Ouest – Nord Ouest[17], les souverains vietnamiens verront dans cette progression vers le Sud un moyen de s’affirmer par les armes vis à vis des chinoise, de donner au pays une profondeur accrue en cas d’attaques du Nord et enfin de soulager le Delta du Tonkin qui, bien qu’idéal pour la riziculture ne permet pas (à terme) de nourrir toute la population viêt[18] .

Ainsi la Nam Tiên vietnamienne, loin de constituer un mouvement général exécuté en une seule fois, consiste en une progression s’étendant sur 8 siècles au gré des attaques chinoises, des différents territoriaux, des troubles intérieurs au Đại Việt et à la vitalité des peuples lui faisant face.

La première phase (début XIème siècle – fin XVème) est plutôt de faible intensité et correspond à la mise en place d’un rapport de force triangulaire, actant la fin de la domination chinoise, entre le Đại Việt, les royaumes Cham et l’empire Khmer alors hégémonique sur la péninsule. En effet les troupes viêt doivent faire face au puissant voisin chinois qui n’a pas encore admis la perte de sa province et ce en 938-972, 1075, 1257, 1285 (Chine mongole) et 1406-1426. Par ailleurs des troubles internes freinent les volontés d’expansion : il faut attendre 1011 pour que la dynastie (durable) des Ly se mette en place, puis elle décline au XIIIème siècle pour déboucher sur une

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Carte de progression de la colonisation viêt du XI au XIXème siècle

guerre civile en 1225. Au début cette période les conflits surviennent avec les Chams en raison d’une colonisation viêt plutôt désordonnée faisant apparaître des tensions frontalières récurrentes nécessitant l’intervention de l’armée. C’est ainsi qu’en 1069 Lý Thường Kiệt, futur vainqueur des chinois, défait une coalition Cham-Khmer et annexe les premières parties du territoire Cham. Entrant alors en décadence et morcelé du fait de la tradition indienne, les Chams sont lentement absorbés par les Vietnamiens jusqu’à l’annexion de leur territoire et la prise de la capitale Vijaya en 1471.

La deuxième phase s’ouvre par la décadence de la dynastie des Lê et une intense guerre civile. Malgré les futur troubles, l’après 1471 est central car combinant à la fois l’entrée en décadence de l’empire Khmer d’Angkor (futur ennemi du Đại Việt), la chute des royaumes Cham et surtout la transformation totale de l’appareil d’Etat vietnamien avec la mise en place d’une bureaucratie mandarinale d’avantage centrée sur le modèle chinois. Ce mouvement centralisateur acte à la fois d’une baisse de pression militaire des chinois sur le pays[19] et de la colonisation du centre de l’actuel Vietnam au détriment des Cham, le but étant de conforter l’assise de l’institution impériale contre l’influence des famille détenant titres, troupes et propriété foncière importante dans les nouveaux territoires. Ainsi Lê Thánh Tông (régnant de 1460 à 1497) publia son code légal, le code « Hong-duc », définissant tous les rapports sociaux de la société vietnamienne sur une base conceptuelle chinoise mais adapté à la réalité sociale. Cela n’empêchera pas le déclin des Lê et les tentatives de coup d’état des seigneurs de guerre ayant réussi à obtenir des charges héréditaires.

C’est à ce moment qu’il faut maintenant centrer le propos sur le déroulement de la guerre civile en elle même.

La dynamique guerrière de la Nam Tiên et le répit laissé par les Chinois associés à la déliquescence du pouvoir impérial après une succession de mauvais suzerain suite à la mort de Lê Hiên Tông en 1504, déplace la réalité du pouvoir dans les mains des seigneurs de guerres.

Ainsi après plusieurs années parsemées de révoltes populaires, Mạc Đăng Dung, capitaine de la garde impérial, prend le pouvoir au détriment des Lê en 1527[20]. L’héritier de la dynastie est cependant soutenu par un mandarin du nom de Nguyễn Kim et parvient à retrouver une assise à son pouvoir dans la province de Thanh Hoa. Dès lors deux dynasties se font face et c’est le début de la guerre civile. Les Mạc perdent progressivement l’avantage devant les forces armées du mandarin Nguyễn Kim et de son gendre le général Trịnh Kiểm. Il faut attendre 1592 pour que les Mạc soient définitivement chassés du pouvoir. Ils tiendront tout de même un réduit dans les montagnes au Nord du Vietnam (province de Cao Bang) jusqu’en 1677 avec le soutien de la Chine des Ming.

Derrière cet objectif commun, les rivalités apparaissent entre les deux familles loyalistes. En 1545 l’instigateur de la révolte contre les Mạc, Nguyễn Kim, et son fils sont assassinés dans des circonstances floues ce qui permet au leader de la famille Trịnh de prendre la tête des armées royales. Ainsi la famille Trinh accroit son influence à la cour impériale et vide de substance l’autorité des Lê et ce jusqu’à obtenir le titre de « généralissime, administrateur suprême de l’Etat », charge héréditaire et patrimoniale, que l’on peut comparer au Shogunat japonais[21]. L’héritier de la famille Nguyễn, Nguyễn Hoàng, obtient en 1558 le gouvernement des provinces à l’extrême Sud du Day Viet d’alors. Jusqu’à la déroute des Mạc les ressentiments entre les deux familles ne sont pas exposés au grand jour mais bien que dirigeant leurs portions de territoires respectives au nom des Lê ils assoient leur autorité sur leur domaine respectif. La rupture n’est définitivement consommée que lorsque Nguyễn Hoàng, alors homme influent à la Cour, fomente un coup d’état qui échoue et qui le contraint à s’exiler sur « ses terres » où il prend le titre de roi et rompt tous rapport diplomatique avec les Trinh en 1600. S’en suit alors une guerre de plus de 73 ans entre les deux familles jusqu’à la signature d’un traité entre les deux parties établissant la délimitation de leur territoire à la rivière Linh correspondant furieusement à la ligne de séparation entre le Nord et le Sud Vietnam après 1954.

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A gauche la carte de répartition des territoires entre la famille Trinh en marron et la famille Nguyen en jaune. Le réduit des Mac est en rose et le dernier royaume Cham en vert. A droite la carte de partition du Vietnam après les accords de Genève de 1954. Dans les deux cas la séparation se trouve un peu au Nord de Quang Tri.

Cet équilibre Nord-Sud sera bouleversé par une série de révoltes populaires des deux cotés menant au soulèvement des frères Tây Sơn en 1771. La capitale des Trinh est capturée en 1776 et le dernier héritier de la dynastie Nguyễn est contraint à l’exil en 1785. Les frères Tây Sơn se divisent le pays et rendent hommage aux Lê. Seulement un différent territorial entre l’empereur et un des frères Tây Sơn mène à une invasion de la Chine des Qing en soutien de la dynastie Lê. Devant les exactions chinoises la masse vietnamienne rallie le frère Tây Sơn en question qui se déclare roi sous le nom de Quang Trung et inflige une défaite totale aux Chinois lors de l’attaque du Têt 1788.

Le retour des Nguyễn au pouvoir étant attaché à l’arrivée des français, cette partie fera l’objet du prochain article.

C’est à cette époque que les particularismes régionaux prennent une grande part de leur contenance actuelle et forme le moteur de la dynamique géographique du Vietnam sur de nombreux plans (psychologie collective, économie). Le compartimentage français avec la création des 3 états vietnamiens ne fera que renforcer ces particularismes.

Ne pouvant défaire l’armée du Nord, les Nguyễn vont, dès 1558, commencer à s’étendre vers le Sud en phagocytant le reste des royaumes Cham puis en commençant la colonisation des territoires Khmers du Mékong en 1622. A terme les territoires formant le Vietnam actuel passe progressivement sous la coupe des souverains viêts jusqu’à l’annexion pure et simple des régions du delta du Mékong en 1802.

c) La spécificité symbolique de la méthode de conquête et d’assimilation vietnamienne.

Comme on a pu le constater le processus de conquête viêt répond aux standards impériaux chinois de par sa forme (colonisation par des paysans/soldats fragmentant l’espace) et de par sa doctrine politique (tendance au confucianisme). Mais d’un point de vue symbolique les vietnamiens inaugurent une forme d’assimilation « indochinoise » particulière (distinct des concepts chinois).

Plusieurs auteurs insistent sur le fait que la colonisation des terres Cham et Khmer n’a pas mobilisé une quantité de soldat suffisamment significative pour que le fait militaire (et son corollaire administratif) soit suffisant à expliquer à lui seul l’assimilation réussie des populations[22] . Certains des auteurs de cette mouvance insistent également sur le fait que la progression coloniale viêt soit relativement lente (la frontière avançant seulement de quelques kilomètres par an[23] .)

En fait certaines études montrent que la Nam Tiên est une colonisation du Centre par le Nord puis du Sud par le Centre[24]. En effet, en plus de la logique impériale provenant du centre administratif (Hanoï), les élites locales cherchent à conforter leur pouvoir personnel sur les communautés qu’ils dominent par une récupération religieuse de la cosmologie Cham et Khmer.

Ainsi le système religieux autochtone fonctionne sur une base hindouiste et sous la forme d’une relation triangulaire entre population, prêtres et divinité des sols. La fonction symbolique de cet ordre cosmologique est d’assurer le repos des âmes des défunts et la place des ancêtres défunts dans une logique dynastique[25].

En arrivant sur place les colons Kinh connaissent le dérèglement cosmique auquel ils correspondent pour les Chams ou les Khmers et ceux même en s’installant sans violence. Ils connaissent également leur éloignement du centre névralgique de la politique vietnamienne. Pour finir beaucoup des colons envoyés par les autorités viêt sont des parias dans leur village d’origine, où la pression démographique oblige un déplacement de population. Aussi la colonisation viêt est anxiogène à plusieurs niveau et nécessite une « régulation » religieuse au niveau local afin de respecter le « droit foncier » religieux [26].

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Aujourd’hui encore on peut admirer les temples Cham dans la partie Centrale du Vietnam. Cette photo représente un temple dédié à Shiva à My Son. En plus de faire partie du patrimoine classée de l’Unesco, ces temples sont au centre d’un programme de restauration dans le cadre de la promotion de la culture vietnamienne.

Ainsi les pratiques cultuels ne sont pas interdites mais encadrées par le pouvoir impérial avec les mise en place d’un cadastre religieux autochtone et la délivrance de certificats impériaux a posteriori autorisant les pratiques religieuses. Il s’agit dans ce sens d’une récupération religieuse allant jusqu’à une refonte toponymique vidant de sens le nom de lieux importants pour les autochtones. De même la vénération de certaines divinités locales est introduite pour les viêt[27].

A mesure que le temps avance des chefferies locales Kinh se mettent en place. Loin du centre de l’empire ces chefs fondent leur pouvoir sur le soutien des élites locales (Kinh ou autochtone) formant une clientèle politique. Comme dans beaucoup d’autres civilisations, ces unions politiques prenaient la forme de mariage mixte et d’enfantement de métis (expliquant l’hétérogénéité de l’héritage génétique des vietnamiens du Sud par rapport à ceux du Nord, voir article suivant). Or il se trouve que dans les cultures Cham et Khmer, la souveraineté du sol provient d’un lignage matrilinéaire. Ainsi de nombreux notables Kinh épousèrent des filles de l’aristocratie locale pour contrôler les lieux de cultes régulant la vie quotidienne des autochtones et se retrouver au centre des réseaux religieux concentrant les matrilignages réglant le droit du sol[28] .

Ainsi les éléments indigènes féminisés sont attelés aux génies masculins (plutôt sino-vietnamien) apportés par les Kinh. De fait cette association ouvre la porte à de nombreux mouvement religieux originaux dont sont issues les sectes actuelles de l‘extrême Sud du Vietnam comme les Hoa Hao ou les Caodaïstes. En outre, moins en cherchant à se distinguer des chinois qu’à étendre pacifiquement leur influence, les viêt sont à l’origine d’une forme de religiosité indépendante des canons chinois en intégrant beaucoup d’éléments féminins (Hai Ba Trung, Ba Trieu, etc…). A ce sujet il faut noter que cette particularité vietnamienne a été largement mise en valeur dans le programme et la propagande des communistes vietnamiens. Certains auteurs vont jusqu’à dire que le Đại Việt a intégré une forme de religion spécifique à l’Asie du Sud Est appelée asien et regroupant en son sein toutes les pratiques s’apparentant à ce que l’on vient d’énoncer[29] .

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Intérieur du temple caodaïste de Da Nang. La religion Cao Dai est un mélange du syncrétisme des trois religions Est asiatique (Bouddhisme, taoisme, confucianisme) et du christianisme.

3) La vassalité à géométrie variable du Đại Việt envers la Chine.

Cette question est éminemment épineuse dans le sens où suivant les périodes concernées et sous l’effet de différents facteurs, la relation entre les deux états varie très fortement. En fait il n’y a aucune ambigüité sur le fait qu’il y ait une relation de vassalité[30] entre la Chine et l’ancêtre du Vietnam. Seulement la teneur de ce lien évolue au grès de la situation intérieure des deux pays et est souvent tributaire de la santé des dynasties au pouvoir.

Il est capital de rappeler que dans le modèle Civilisation c./ Barbarie hérité des chinois, l’indépendance vietnamienne n’a de sens que s’il est intégré au système culturel chinois[31]. Ainsi même en cultivant une personnalité propre, l’Annam est le plus indépendants des dépendants à la culture chinoise en Asie Orientale. Pour les Chinois le Viêtnam (et ses diverses formes historiques) est considéré comme un vassal turbulent à rappeler à l’ordre régulièrement, ce qui est par exemple le motif de l’intervention chinoise au Vietnam après l’invasion par celui ci du Cambodge[32] (et ce bien que l’institution impériale ait disparu).

Il est ainsi établi qu’après deux tentatives de reconquêtes infructueuses en 980 et en 1075 (lors desquelles les généraux/rois vietnamiens victorieux ménagèrent la susceptibilité des puissants ennemis), la Chine des Song confère le titre de Roi à Ly Anh Tong en 1174 (seulement). Dès lors la diplomatie Kinh prend un caractère double en fonction de son interlocuteur : avec la Chine et les autres pays d’Asie Orientale (sous influence chinoise) l’Annam est un pays vassal de la Chine, en revanche pour les voisins indochinois de l’Annam c’est un empire de type chinois devant dominé ses voisins non sinisés (au nom de la supériorité de la Civilisation sur la Barbarie. Cette situation dura jusqu’à la prise en main des affaires vietnamiennes par les Français au XIXème siècle[33]. Le souverain annamite en tant que tel continua à verser tribut jusqu’en 1880[34].

La décadence de la dynastie des Song et leur naufrage face à l’envahisseur mongol ne changea guère les intentions chinoises dans le sens ou la Chine mongole souhaitait à la fois se venger des refus viêt de les laisser passer au Sud pour attaquer la Chine des Song à revers en 1257 puis pour sécuriser la route maritime des épices en 1285 une fois la Chine conquise. Cette dernière guerre se solda par un anéantissement de la flotte mongole et une victoire éclatante des forces vietnamiennes.

La situation retrouve une certaine stabilité jusqu’à ce que la décadence de la dynastie des Tran en Annam. Le pays est alors rétrogradé en protectorat sous administration chinoise directe par les souverains Ming qui occupent le pays pendant 20 ans avant qu’une nouvelle révolte victorieuse conduise les Lê au pouvoir (1428).

L’aventure des Mạc va à nouveau voir les Chinois tenter de déstabiliser son voisin en intervenant en faveur des putschistes. Ils permettront ainsi au Mạc de tenir le réduit de Cao Bang jusqu’en 1677 (après avoir été évincé du pouvoir en 1592).

Pour finir la Chine des Qing envoya une armée pour soutenir l’empereur Lê Chiêu Thống souhaitant profiter des troubles causés par les Tây Sơn . Cette expédition se solda par une victoire du futur empereur Quang Trung durant le Têt 1789.

Au final chaque victoire vietnamienne provoqua un retour au type de vassalité accordé après l’indépendance. Le but étant de ménager les Chinois pour éviter toute humiliation et ne pas nourrir les esprits de revanche.

[1] « Đại » est un mot chinois signifiant « grand », « Cồ » un mot vietnamien ayant la même signification et « Việt » le terme désignant le nom du peuple formant l’Etat. En 1054 le nom sera simplifié en « Đại Việt » ou « Grand Viet ».

[2] Au moment de la crise de sucessio au trône du Đại Việt, l’empire Cham avait tenté d’interférer en procédant à des raids sur les territoires viets.

[3] Thành KHÔI LÊ, Introduction à l’Histoire et à la culture du Viêt-nam, Magazine Polytechnique n°525, Mai 1997 http://www.lajauneetlarouge.com/article/introduction-lhistoire-et-la-culture-du-viet-nam#.WFewYCOLT-n

[4] Idem

[5] Voir Céline Marangé – Le Communisme Vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat Nation entre Moscou et Pékin ( https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/celine-marange-le-communisme-vietnamien-1919-1991-construction-dun-etat-nation-entre-moscou-et-pekin/ )ou encore Christopher E. Goscha, Indochine ou Vietnam ? (https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/indochine-ou-vietnam-christopher-e-goscha-vendemiaire-edition-2015/)

[6] Thành KHÔI LÊ, Introduction à l’Histoire et à la culture du Viêt-nam, Magazine Polytechnique n°525, Mai 1997 http://www.lajauneetlarouge.com/article/introduction-lhistoire-et-la-culture-du-viet-nam#.WFewYCOLT-n

[7] Le Zhuxisme est un mouvement néoconfucéen issu du maitre chinois Zhu Xi (1130-1200). Il est connu pour avoir codifié ce qui est toujours aujourd’hui considéré comme le canon du confucianisme. Cette codification systématisa la pensée de Confucius en une doctrine de moins en moins critiquable et poussant ainsi à un immobilisme mortifère.

[8] Voir mon article sur Grammaire des Civilisations de Fernand Braudel, https://vinageoblog.wordpress.com/2016/09/12/fernand-braudel-grammaire-des-civilisations-chapitres-sur-lextreme-orient-partie-ii-analyse-de-lextreme-orient-et-de-la-chine-classique/

[9] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/09/12/fernand-braudel-grammaire-des-civilisations-chapitres-sur-lextreme-orient-partie-ii-analyse-de-lextreme-orient-et-de-la-chine-classique/

[10] Jean Chesnaux, Le Vietnam (Etudes de politique et d’histoire), Maspero, 1968, p.18

[11] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/11/08/reponse-aux-lecteurs-n2-le-rayonnement-civilisationnel-chinois-en-asie-orientale-partie-1-un-empire-conquerant-et-culturellement-raffine/

[12] Idem

[13] Wade G., 2000 – The southern chinese borders in history. In : Evans G., Hutton C. et Kuah Khun Eng – Where China meets Southeast Asia, social and cultural change in the border regions. Copenhagen and Singapore : Nordic Institute of Asian Studies, p. 28-50

[14] Michel Bruneau, Les logiques chinoise et vietnamienne d’expansion et d’intégration territoriales : une relation fractale ?, Les cahiers d’outre mer, 253-254, Janvier-Juin 2011 : Chine, regards croisés, p.209 – 232

[15] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/12/05/reponse-au-lecteur-n3-la-forte-influence-sans-assimilation-de-la-civilisation-chinoise-sur-le-vietnam-partie-i-introduction-et-perspectives-historiques/

[16] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/11/08/reponse-aux-lecteurs-n2-le-rayonnement-civilisationnel-chinois-en-asie-orientale-partie-1-un-empire-conquerant-et-culturellement-raffine/

[17] Idem

[18] Piere Brocheux, Histoire du Vietnam contemporain, Fayard, 2011, p.12.

[19] Michel Bruneau, Les logiques chinoise et vietnamienne d’expansion et d’intégration territoriales : une relation fractale ?, Les cahiers d’outre mer, 253-254, Janvier-Juin 2011 : Chine, regards croisés, p.209 – 232

[20] Il faut préciser que s’il ne prend le pouvoir qu’en 1527, il est à l’origine de l’accession au trône du prince Xuan, jeune frère de l’empereur en fuite Lê Chiêu Tông parti rejoindre le Sud devant la menace d’un coup d’état.

[21] Au Japon la charge de Shogun correspond, après la fin de la guerre de Gempei, à celui de dirigeant de fait du pays, l’empereur n’étant dès lors considéré que comme une autorité spirituelle et culturelle. Ce glissement de pouvoir correspond à la prépondérance de la caste guerrière dans la société japonaise d’alors.

[22] Jacques Nepote, “Champa. Propositions pour une histoire de temps long (deuxième livraison)”, Péninsule, XXIVe année, n°27, 1993, p. 53-188

[23] “Carte de l’implantation de l’armée régulière et des milices, vers 1770” in YANG, Baoyun, Contribution à l’histoire de la principauté des Nguyên au Vietnam méridional (1600-1775). Genève, Olizane, 1992, p. 198.

[24] G.M-G., Eléments pour une relecture symbolique de la « marche vers le Sud » ou Nam Tiên, Péninsule n°48, 2004, p.135 et 136

[25] Idem, p.128

[26] Idem

[27] Ainsi par exemple la déesse Po Inu Nagar dont le culte est centrée sur l’ancêtre autochtone de la ville de Nha Trang a directement été intégré dans la culture vietnamienne en l’introduisant dans le culte des divinités tutélaires. Aujourd’hui encore une statue, appelée la Dame Jade, est dédiée à son culte près de Phan Thiêt.

[28] G.M-G., Eléments pour une relecture symbolique de la « marche vers le Sud » ou Nam Tiên, Péninsule n°48, 2004, p.135

[29] Idem, p.136

[30] La vassalité en Europe est très fortement marquée par la période du Moyen Age où elle représente la base du système féodale. Dans le cas qui nous intéresse il consiste essentiellement en la reconnaissance d’un roi indépendant en Annam par les Chinois qui doit rendre hommage à l’empereur et payer un tribut.

[31] http://blog-comptes.rendus.amis-musee-cernuschi.org/2014/03/31/les-relations-historiques-du-vietnam-avec-la-chine-jusquau-debut-du-xixe-apercu-et-hypotheses/

[32] G.M-G., Eléments pour une relecture symbolique de la « marche vers le Sud » ou Nam Tiên, Péninsule n°48, 2004, p.121

[33] Keat Gin Ooi, Southeast Asia : A historical encyclopedia, from Angkor Wat to East Timor, Volume 1, 2004, ABC Clio.

[34] http://blog-comptes.rendus.amis-musee-cernuschi.org/2014/03/31/les-relations-historiques-du-vietnam-avec-la-chine-jusquau-debut-du-xixe-apercu-et-hypotheses/

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