Actualité – D’Ormesson contre Ferrat à propos de la fin de la seconde guerre d’Indochine.

Ambiance musicale : Jean Ferrat – Maria : https://www.youtube.com/watch?v=QYFOkNtNAeI

            Le 5 décembre dernier, la France perdait un des ses Immortels en la personne de Jean D’Ormesson. L’occasion pour moi de revenir sur le conflit qu’a engendré un éditorial de sa facture suite à la chute de Saïgon. Alors directeur du Figaro, il reçoit une réponse du chanteur compagnon de route du Parti Communiste Français Jean Ferrat dans la chanson « un air de liberté ». Ledit morceau sera plus tard couper au montage de l’émission « Jean Ferrat pour un soir » du 14 novembre 1975  par lequel Ferrat signait son retour devant le public après deux années de retrait.

            Avant de s’appesantir sur les détails de cette affaire et d’en tirer quelques conclusions s’imposant à l’air de notre temps, une petite mise au point s’impose quant à l’identité de nos deux protagonistes.

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I) L’écrivain artistocrate et le barde « rouge ».

            Commençons donc avec celui qui a fait l’actualité dernièrement.

            Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson, dit Jean d’Ornmesson, est né le 16 juin 1925 à Paris d’une famille d’aristocrate liée à l’ancien régime du coté de sa mère et de son père. Son père étant ambassadeur, il le suit dans les divers pays où il est envoyé en mission.

Lors de l’invasion allemande en 1940, la famille d’Ormesson évacue direction Royat – près de Clermont-Ferrand – en zone libre. Ayant passé son baccalauréat avec succès, il intègre la formation hypokhâgne au lycée Henry IV puis entre à l’Ecole Normale Supérieur. Licencié ès lettres et en histoire, il passe l’agrégation de philosophie en 1949.

Après s’être établit en tant que professeur, il entame une carrière de journaliste. Il se marie avec l’héritière des sucreries Béghin, dont le père est magnat de la presse (administrateur du Figaro à partir de 1950) puis se lance dans la littérature, après avoir été secrétaire général du tout nouvel Unesco (de 1950 à 1992), au début sans grand succès.

En 1971, sa carrière d’écrivain explose avec La gloire de l’Empire qui en plus de faire un bon score de vente en librairie, obtient le grand prix de l’Académie. L’académie il l’intègre justement en 1973, reprenant le fauteuil de Paul Guth. Il dirige ensuite le figaro entre 1974 et 1977, juste à temps pour voir Saïgon s’effondrer donc.

Il continue à écrire (une quarantaine de livre à la fin de sa vie), s’engage en politique, reçoit plusieurs prix et distinction s(dont la légion d’honneur en 2014).

En 2015, l’intégralité de son œuvre est publiée dans la collection de la Pléiade.

            Jean Ferrat, né Tenenbaum à Vaucresson en 1930, est le fils d’un père juif émigré de Russie naturalisé Français plus tard, joailler de son état et d’une mère ouvrière.

Engagé volontaire dans l’armée française, Macha Tenenbaum souffre de la politique antijuive du gouvernement de Pétain mais, se croyant protégé de par sa femme non-juive et sa nationalité française, il refuse de partir en zone libre et meurt au camp d’Auschwitz en 1942. Cet épisode douloureux inspira deux chansons à Ferrat : Nul ne guérit de son enfance et Nuit et Brouillard, cette dernière lui valant l’animosité des sionistes l’accusant de « révisionnisme » (si, si) pour ne pas avoir assez insister sur le martyr juif[1].

Jean et sa mère parviennent à passer en zone libre via un réseau de résistants communistes, ce qui marqua le jeune homme dans son engagement politique.

Après quelques péripéties liées à la famille de son père et la fin de la guerre, il devient aide chimiste tout en suivant les cours du soir pour devenir ingénieur.

Cependant, ayant baigné dans la musique et le théâtre à l’enfance, il s’intéresse de plus en plus à ces deux arts pour se consacrer pleinement à sa vie d’artiste à partir de 1954. Après deux années de bohème à chanter dans les cabarets, il met en musique Les yeux d’Elsa du poète Louis Aragon en 1956, ce qui lui vaudra un début de reconnaissance par le milieu de l’époque.

Après quelques chansons et disques sortis sans grand succès, la chanson Ma môme le propulse sur le devant de la scène. Sa carrière décolle véritablement lorsqu’il signe chez Barclay et se fait connaître autant pour ses chansons que pour ses collaborations avec les poètes Guy Thomas ou Georges Coulonges ou avec d’autres chanteurs ( c’est lui qui écrira notamment la chanson Mon vieux interprété par Daniel Guichard).

Entre censure et succès, il multiplie les chansons et les albums. Il se rendit même à Cuba en 1967, juste après la prise de pouvoir par les guerilleros de Fidel Castro.

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Coupure de presse de 1967 à propos du voyage de Ferrat à Cuba.

En communiste orthodoxe, il participe à quelques réunions de grévistes en 1968 mais ne voit pas d’un bon œil les émeutes étudiantes qui lui inspirèrent d’ailleurs Pauvres petits c… (histoire de donner le ton).

L’année 1972 marque ses adieux à la scène même s’il continuera à sortir des disques et écrire des chansons, dont celle qui nous intéresse dans cet article.

Par la suite, il se retire en Ardèche et ne fait plus que quelques apparitions à la télévision, à l’occasion de rétrospectives ou de la sortie d’un album.

Il meurt en mars 2010.

 

II) A propos de la chute de Saïgon.

            Le 30 avril 1975 les troupes du Front de Libération du Sud Vietnam (ou Viêt Cong dans son abréviation vietnamienne), prenaient la vile de Saïgon, capitale de la République du Vietnam, et mettaient fin à la seconde guerre d’Indochine en réunifiant le pays sous la bannière communiste. Après la capitale cambodgienne Phnom Penh, elle aussi tombée aux mains de ceux qui allaient tristement se faire connaître sous le nom de Khmer Rouge, l’année 1975 est une année propice au Marxisme-Léninisme sur le plan international.

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Jean d’Ormesson lorsqu’il était directeur du Figaro.

            Dès le 2 mai d’Ormesson, alors directeur du Figaro, se fend d’un éditorial – que je n’ai pu lire en entier étant donné qu’il faut être abonné au Figaro et que je refuse de financer le remaniement sommaire de dépêche qui constitue le gros de l’activité journalistique actuelle – dans lequel il exprime avec amertume son regret de « l’air de liberté » qui flottait jadis sur Saïgon :

« Phnom Penh et Saigon représentaient des régimes de corruption et, en tout cas, de facilité. Seulement sur tous les excès et sur toutes les bavures soufflait encore un air de liberté. Une liberté viciée, sans doute, mais une liberté.»

            Appelant à un ressaisissement des Etats Unis et à une réorganisation de l’Europe devant ce qu’il voit comme un déclin occidental (entendre « capitaliste/camp du bien »), le journaliste estime qu‘ « Ainsi sont payées très cher les fautes et les erreurs du colonialisme (français) » tout en estimant que « l’histoire montrera sans doute que la colonisation française ne présentait pas exclusivement des aspects sinistres aujourd’hui mis en vedette par tous les vents mêlés de la mode et de la bonne conscience ».

            Il n’en faut pas plus pour Ferrat, ayant milité en bon communiste contre la première et la seconde guerre d’Indochine, pour répondre par chanson interposée : un air de liberté (qui est en libre accès sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=qfsoQfhXeeA . Il brocarde dans ses vers les positions colonialistes puis pro-américaines défendues par le gros de la droite républicaine dont le Figaro est le porte-parole. D’Ormesson est même cité ad hominem comme ayant du sang sur les mains :

«Allongés sur les rails nous arrêtions les trains.

Pour vous et vos pareils nous étions la vermine.

Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein.

Mais les rues résonnaient de paix en Indochine.

Nous disions que la guerre était perdue d’avance.

Et cent mille Français allaient mourir en vain.

Contre un peuple luttant pour son indépendance.

Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains.

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace.

Patron du Figaro songez à Beaumarchais.

Il saute de sa tombe en faisant la grimace.

Les maîtres ont encore une âme de valet.»

 

            Dans un conflit où l’on était soit d’un côté soit de l’autre, la chanson tourna vite au scandale et fut coupée au montage d’une émission de Jacques Chancel spécialement dédié au chanteur en novembre 1975. Motif : «Jean d’Ormesson nous a fait savoir que la chanson était diffamatoire à son encontre». Narquois, le chanteur réplique sur le plateau : «Elle s’appelait « Un air de liberté ». Je vous laisse juge.» avant d’ajouter : «Quand j’ai lu son éditorial, j’ai eu une réaction passionnelle. Tout à coup, ont défilé devant moi trente années de ma vie et surtout trente années du peuple du Viêtnam qui a subi une agression atroce et un génocide épouvantable. On a vu une génération d’hommes et de femmes complètement sacrifiée, des enfants élevés dans les abris et étudiant sous les bombes. J’ai vu moi-même une jeune Vietnamienne de dix-sept ans qui était rose comme une pêche et qui avait déjà tué dix Américains. Alors, après toutes ces misères, après tout ce sang, regretter que ça soit fini, je trouve ça vraiment affreux.»

            Au Monde de renchérir : «M. d’Ormesson juge plus dommageable pour le Figaro d’être brocardé par un chanteur talentueux que d’avoir été « vendu » à un bailleur de fonds dont la venue a déjà provoqué la démission de cinquante-cinq journalistes. Figaro renie-t-il Beaumarchais?».

            A cette date d’Ormesson avait eu le malheur de ne pas se situer du bon côté de l’Histoire même si le génocide cambodgien, la popularisation des exactions soviétiques par L’archipel du Goulag de Soljenitsyne[2] et la révolution conservatrice de Reagan conduiront les gauches marxistes et tiers-mondistes à faire leurs autocritiques.

            Du reste nos deux polémistes ne sont pas restés en froid puisque l’un comme l’autre ont avoué avoir sur réagit sous les coups de l’émotion et que leurs amours des lettres, d’Aragon particulièrement, les amena à se côtoyer et à passer l’éponge.

III) Quelles leçons tirées de cet affrontement ? La 2nde guerre d’Indochine révélatrice de vertus politiques malgré tout.

            Je sais par expérience (dans le genre commentaire de « supporter de foot » des Jean-Guevara et des Jean-Droitard sous plusieurs de mes articles) qu’il est impossible de parler du conflit qui nous intéresse de manière neutre. Aussi avant d’aborder les conclusions que l’on pourrait tirer de cette confrontation, il m’est nécessaire de quitter le ton impersonnel du chroniqueur pour celui de citoyen.

            Je suis également au fait que le clivage droite/gauche, aujourd’hui émoussé (disparu ?), a été une balise politique pour les générations précédant la mienne. Actant de l’approfondissement du fossé entre les générations du fait de l’accélération de l’Histoire et de la tendance universelle des plus vieux à considérer les actions des plus jeunes comme étant un « grand n’importe quoi » (pourtant comme le disait Brassens « Le temps n’y fait rien à l’affaire/Quand on est c.., on est c… »[3]), je pense qu’il serait préférable pour moi de résumer ma vision dudit clivage à l’heure actuelle afin de prévenir les débordements de langages.

Figurez vous deux boites : l’une bleue, la droite ; l’autre rouge, la gauche. Retirez de la première et de la seconde boîte ce qui faisaient leurs « substantifiques moelles » : d’une part les valeurs familiales, la croyance en Dieu, les traditions séculaires, le mérite récompensant les efforts déployés, une certaine idée de la droiture morale et d’autre part la solidarité, la redistribution équitables des richesses, une certaine idée de l’égalité et de l’insoumission.

Ajoutez-y tous les responsables politiques de ces 30 dernières années ayant troqué la souveraineté du pays et gérant le racket bancaire contre quelques menus privilèges, le tous en s’asseyant sur les consultations populaires (Constitution Européenne) et en supprimant systématiquement tous les dispositifs juridiques pouvant les juger en toute indépendance pour leurs actions contre l’intérêt de la France et des Français[4].

Saupoudrez le tout par une presse d’opinion devenue la caricature d’elle même sous l’effet d’une concentration inédite des titres, du maintien sous assistance respiratoire de ces titres par l’Etat (alors que quasiment tous sont libéraux)[5] et du développement des métastases journalistiques que sont le sensationnalisme, la censure et l’autocensure sous l’effet des pressions patronales (Elise Lucet bientôt déprogrammé pour cause économique ?), l’infotainment (entre l’information et le divertissement, coucou Yann Barthès ), et le militantisme politique anti déontologie journalistique (coucou Valeurs Actuelles et Médiapart).

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Infographie issue du dossier spécial du Monde Diplomatique en partenariat avec l’association ACRIMED. Voir également « Les nouveaux chiens de garde » par la rédaction du Monde Diplomatique.

 

            Vous obtenez une scène politique entièrement asservie par les logiques du marché (lobbies auprès de l’Union Européenne, chantage à l’exil fiscal, destruction des services publiques pour mieux les monnayer, destruction des emplois industriels et de la protection sociale des plus faibles, attraits d’un flux massif de non nationaux issus des pays pauvres pour faire pressions sur les salaires vers le bas) avec à sa tête un banquier qui est obligé de tenir éloigner les journalistes tant la novlangue d’entreprise dont il fait un usage excessif cache mal le vide de ses idées et de son programme.

            Certains lecteurs sceptiques pourraient m’accuser ici de donner dans la dépression nombriliste et nihiliste (les fameux « c’était mieux avant », sans préciser avant quoi évidemment, ce qui rend l’expression absurde car sans objet), position dans laquelle se trouvent la plupart des Français actuellement, alors que je parlais de vertus politiques en début d’article.

J’entends également, malgré toute mes préventions, les interrogations de ceux qui se demandent pourquoi parler de telle façon du climat politique actuel alors que l’on parlait de Ferrat, de d’Ormesson et de la chute de Saïgon.

Les raisons en sont pourtant relativement simples.

Le cas qui nous intéresse est source d’enseignement pour notre époque même si elle repose sur une dialectique obsolète, celle de la guerre froide.

En effet en plus de rappeler l’intérêt constant de la France pour le Vietnam et de constituer l’une des dernières occurrences de querelles par les mots à propos d’un sujet international dans notre beau pays, l’affaire que nous avons détaillée plus haut met en scène deux artistes partisans avec des opinions chevillées au corps mais refusant toujours d’être les instruments de ces mêmes opinions.

On a ainsi pu voir Ferrat-le-Rouge sortir du rang avec la chanson Camarade condamnant, contre la position tenue par le PCF, la répression du Printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie en 1968[6] ou encore brocarder durement le même parti dans la chanson Bilan en 1980. Pour sa part « Jean d’O » se rapprochait parfois de la position des « cathos de gauche » voyant dans le Christ une source d’égalitarisme concret. L’immortel sera par ailleurs plutôt bien accueilli dans les milieux de gauche autant pour ses idées que pour sa bonhomie et son caractère affable.

Ce refus de rhétorique partisane rigide et sectaire tient sans aucun doute aux statuts d’artistes des deux protagonistes et à leur propension à être attiré par le Beau. Cette sensibilité fut apparemment la source du conflit, l’un et l’autre avouant avoir écrit et réagi à l’événement sous les coups de l’émotion, mais aussi la base de leur réconciliation. Ils se rencontreront d’ailleurs plusieurs fois notamment pour rendre hommage à Louis Aragon, l’un ayant mit ses poèmes en chanson et l’autre s’étant toujours déclaré favorable à son entrée à l’Académie. En septembre 2010, 6 mois après la mort de Ferrat, d’Ormesson fera même état de ces bonnes relations publiquement, estimant, comme à son habitude, trop souvent donner raisons à ses adversaires[7].

Si l’histoire que vous venez de lire peut paraître anecdotique à l’heure actuelle elle me paraît en fait riche d’enseignements à plusieurs niveaux.

D’abord, se défiant tous les deux d’être des hommes politiques, ils ont amené un sujet politique extrêmement clivant hors du cadre étatique et de la logique bassement partisane, ce qui devrait inspiré les déçus de la politique des partis actuels et Dieu sait, à voir le taux de participation du 2ème tour des présidentielles, qu’ils sont nombreux en France. Sur ce sujet voir les travaux de Chouard et d’Onfray notamment.

Ensuite échappant à la logique monodimensionelle de la politique politicienne, l’échange des deux polémistes de circonstances reste relativement loin des sophismes, de l’anathème et du pathos de bas étage malgré sa rudesse, ce qui, encore une fois me semble un exemple à suivre à une époque où ses déchets de la pensée remplace la logique basique.

Ceci est sans doute du au fait que les deux homme, bien qu’ennemi politique, se respectait mutuellement pour leurs œuvres, ce qui tranche encore une fois avec les convenances de notre temps où la dérision et le ricanement systématique passe pour de la subversion.

Pour finir je dirai que l’histoire qui nous occupe opposa deux hommes que je crois bons et incarnant les deux France de cette époque. Parce que le sujet de la discorde fût, est et sera un sujet au combien clivant, il permet de dégager quelques vertus politiques et culturelles qui, bien que nécessitant quelques adaptations à la vie moderne, sont encore valables aujourd’hui.

[1] http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=16802

[2] http://www.lefigaro.fr/debats/2008/08/05/01005-20080805ARTFIG00016-soljenitsyne-l-eclaireur-.php

[3] https://www.youtube.com/watch?v=7rUyfaiZHVQ

[4] http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/un-magistrat-se-felicite-de-la-suppression-de-la-cour-de-justice-de-la-republique-7788801827 et http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do ;jsessionid=15A917AD2C2839D663DC3843135AA5A8.tpdjo04v_3?cidTexte=JORFTEXT000000245803&idArticle=&dateTexte=20130514

[5] https://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/FONTENELLE/50945

[6] https://www.herodote.net/21_aout_1968-evenement-19680821.php

[7] https://www.slate.fr/story/154793/jean-dormesson-contre-jean-ferrat-les-deux-france-des-annees-1970

 

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