Actualités – Comprendre l’engouement des Vietnamiens pour Donald Trump

Many Vietnamese American voters prefer Trump over Biden. Here's why. - Vox

Alors que les médias ont déjà annoncé la victoire de Biden mais que les équipes de Donald Trump ont saisi le procureur fédéral sur la base de soupçons de fraude, la course présidentielle américaine est plus serré que jamais. Aussi chaque candidat a-t-il dû mobiliser le moindre votant.

               C’est dans ce contexte que se sont particulièrement distingué les quelque 2 millions de Viet Kieu (Vietnamiens d’outre-mer, 4ème communauté asiatique aux Etats-Unis) américains, présents dans certains swings states[1] (Géorgie et Texas notamment). En effet, tandis que l’ensemble des autres communautés d’Asie se sont largement prononcées en faveur du candidat démocrate, la communauté vietnamienne a majoritairement voté pour le président sortant (48% en faveur de Trump contre 36% pour Biden et 16% en faveur des candidats indépendants).

Essential Guide to Biden v. Trump: The 13 Swing States (and 2 Districts) That Will Decide the US Presidential Election
En rouge les états dont il était certains qu’ils seraient attribués à Donald Trump, en bleu à Joe Bideb, en gris les « swing states ». A noter que l’élection de 2020 fut marquée par un nombre relativement grand de swing states.

               Si le vote conservateur est une constante au sein de cette frange de l’électorat (I), le vote de cette année offre une perspective originale en raison du climat de tension particulier entre Pékin et Washington (II) mais aussi parce que l’engouement vietnamien pour Donald Trump se prolonge jusqu’au sein de la République Socialiste du Vietnam (III).

I) Un électorat historiquement conservateur et anti-communiste

A l’instar des communautés cubaines de Floride, la plupart des américain-vietnamiens sont principalement issus des flux de réfugiés politiques fuyant la répression communiste. Certains connurent même les « camps de rééducation » suite à la chute de Saïgon en 1975 avant de prendre la mer sous les tristement célèbres boat-people. Rappelons qu’entre 1975 et 1986 1.6 millions de Vietnamiennes choisirent les chemins de l’exils et que 880 000 d’entre eux furent accueillis aux Etats Unis Aussi, sans surprise, un puissant sentiment anti-communiste évoluant avec le temps en aversion pour toute prise de position ayant étant considéré comme « de gauche » et confinant souvent à la paranoïa et à la chasse aux sorcières.

Duc Tan, left, filed a libel suit after he was accused of being a communist sympathizer by Norman Le, right.
A gauche M. Tan, à droite M.Le

A titre d’exemple on peut citer l’affaire de 2004 Duc Tan Vs Norman Le, le premier attaquant le second en diffamation. En effet, M. Le avait commencé à répandre des rumeurs de sympathies pro-Hanoï de la part de M.Tan après avoir cru voir ce dernier porter un tablier de cuisine à l’effigie d’Ho Chi Minh lors d’un rassemblement communautaire, alors qu’il n’en était rien. Il avait entendu prouver ces assertions en demandant à M.Tan d’entonner l’hymne national vietnamien lors de l’audience, celui-ci ayant hésité à chanter l’hymne du régime de Saïgon. Le plaignant estime que M.Le était motivé par une rancœur personnel. Malgré le caractère anecdotique de cette histoire, elle créa une division marquée au sein de la communauté vietnamienne située dans le comté d’Orange (Orange County, Californie) et témoigne de l’actualité de ce genre de problématique parmi les Vietnamiens d’Amérique.

Il faut dire aussi que c’est au sein de cette communauté que fut fondé le Viet Tan, une organisation armée formée autour d’anciens officiers supérieurs de l’armée de Saïgon et visant à abattre le régime communiste d’Hanoï. Aussi, cette facilité à la suspicion mélangée à un environnement militaire/para-militaire et à une haine tenace issue d’expériences personnelles douloureuses a souvent mené à des dénouements violents voir meurtriers au sein de la « Little Saïgon »

Autre conséquence de ce statut de réfugié politique : beaucoup d’Américain-Vietnamiens se perçoivent comme appartenant à une catégorie d’immigrants tout à fait spéciale dans le sens où ils furent des alliés précieux du gouvernement américain dans un contexte de guerre froide. De cette façon, ils se considèrent comme plus à même de définir ce que devrait être le rêve américain que les américains issus des mouvements migratoires motivés par l’argent. Ils sont d’ailleurs confortés dans cette idée par leur réussite relative dans les affaires et dans les milieux savants comparé aux autre communautés minoritaires aux Etats Unis. Aussi la rhétorique du « racisme systémique » répandue dans les milieux de la gauche américaine et tenant les minorités comme forcément oppressées par la majorité blanche a-t-elle une prise moindre sur les mentalités américano-vietnamiennes. Raison pour laquelle certains d’entre eux participèrent d’ailleurs à des contre-manifestations en opposition au mouvement Black Live Matter lors des récents troubles aux Etats Unis.

Pour toutes ces raisons, la communauté vietnamienne vote majoritairement pour le Parti Républicain depuis 1976. Il faut néanmoins noter qu’avec les années un fossé générationnel s’est creusé entre cette génération d’anciens combattants ayant connu le Vietnam en proie à la guerre et leurs descendants nés aux Etats-Unis et bien moins dogmatiques que leurs ainés quant aux questions politiques. Ils ont ainsi tendance à voter pour le camp démocrate.

Autres changement amorcé et dont il faudra tenir compte à l’avenir : depuis l’ouverture du Vietnam en 1986 et la normalisation des relations entre Hanoï et Washington 1995, une émigration d’étude et de travaille du Vietnam vers les Etats-Unis a commencé, apportant par conséquent un flux de vietnamiens éduqué par la propagande du régime. Il se pourrait qu’à terme ces émigrés forment une part grandissante de la communauté vietnamienne aux Etats Unis et brise la tendance politique forgée par la génération des nostalgiques du régime de Saïgon.

Pour autant, cette dichotomie politique est et sera certainement atténuée par la question chinoise, cruciale pour les Vietnamiens de tout bord et de toutes origines.

II) La Chine en ligne de mire

Si vous êtes lecteur régulier de ce blog vous avez déjà pu entrevoir les péripéties de la tumultueuse histoire des relations entre le Vietnam et son grand voisin du nord (occupation millénaire, 14 invasions/tentatives d’invasion sur les 19 subies par le Vietnam, guerre de 1979, etc..) et l’animosité vivace qui saisit une grande majorité de Vietnamien à l’endroit de la politique extérieure chinoise en général et envers le Vietnam en particulier.

Or ce sentiment antichinois parmi les Vietnamiens d’outre-mer et de métropole intéresse directement notre sujet pour au moins deux raisons : il permet non seulement à Donald Trump de bénéficier d’une sympathie directe de la part de l’électorat vietnamien des Etats Unis pour son style « dur » dans ses relations avec Pékin mais aussi d’apparaitre comme le candidat le plus apte à inspirer la transition démocratique au Vietnam.

S’agissant du bénéfice qu’il tire de son attitude face à la Chine d’abord, il est clair que le fait de n’avoir engager aucun conflit extérieur pour focaliser sa politique étrangère sur le « problème chinois » donne à Trump une apparence de dirigeant inflexible face à Pékin.

S’il ne s’agit pas ici de passer en revue la politique chinoise de la présidence Trump, il est nécessaire de bien comprendre quelle dynamique l’a mûe durant 4 ans. Considérant les Etats Unis et les Américains comme les grands perdants de l’approche multilatérale jusque-là favorisée par ses prédécesseurs, à la fois sur le plan économique – avec l’internationalisation des chaines de valeur et la désindustrialisation américaine – et sur le plan militaire – le Pentagone contribuant trop comparé aux partenaires. Aussi, une de ses premières décisions pour « Make America Great Again » en tant que président fut elle de déclarer caduque les traités transatlantiques et transpacifiques – au grand dam du gouvernement vietnamien d’ailleurs – laissant le champ libre au projet de libre-échange chinois, le RCEP (récemment signé).

https://www.lemoci.com/wp-content/uploads/2020/11/rcep-asean-15-nov-2020.jpg
Signature en ligne du Regional Comprehensive Economix Partnership Agreement (RCEP) le 15 novembre 2020.

Débuta dès lors une intense période de négociation bilatérale pour la diplomatie américaine sur la base du mot d’ordre « America first ». Pour autant, le président se retrouva au prise avec la même difficulté qu’implique le rapport dépendance – rivalité qui unit Pékin et Washington. Aucune action à grande échelle ne pouvait donc être envisagée. Cela se traduisit concrètement par la mise en place de mesures protectionnistes dans des secteurs susceptibles de gêner la Chine et de ramener des emplois de l’autre côté du Pacifique (Acier, composant électronique notamment), par une intense activité de contre-espionnage contre la Chine, la multiplication des missions de patrouilles en mer de Chine du Sud et la mise sur pied d’une coalition dans le Pacifique (vente d’arme et pactes militaires).

Tsai Ing-wen | Biography & Facts | Britannica
La présidente taïwanaise lors de sa rélection en janvier 2019

Ces manœuvres furent mises en place en soufflant à la fois le chaud et le froid même si, à long terme, une ligne dure s’est cristallisée. Ainsi ; après une campagne présidentielle 2016 riche en accusation de manipulation de monnaie, d’espionnage industriel et de cyber-terrorisme ; le président nouvellement élu afficha régulièrement des marques de sympathie pour le numéro 1 chinois Xi Jinping, allant même jusqu’à le qualifier « d’ami ». Cela ne l’empêcha pourtant pas d’évoquer une éventuelle remise en cause de la politique « Une Chine, deux systèmes » lors de l’élection de la présidente Taiwanaise Tsaï Ing-wen, fervente défenseuse d’une politique peu conciliante à l’égard de Pékin. La crise du covid-19 fut même une opportunité pour Donald Trump de provoquer Pékin en désignant la maladie sous les vocables « Kung flu », « Chinese Virus », « Plague from China » (la peste de Chine) ou « Wuhan Virus ». Notons, pour finir, que le style « diplomaty Twitter » de Trump ne manqua pas de créer de vives réactions à chacune de ses sorties concernant la Chine.

Cette rhétorique assertive voire agressive à l’endroit de Pékin emporta bien sur l’assentiment d’une majorité de Vietnamiens d’Amérique ou du Vietnam, voyant dans celle-ci et malgré ses inconvénients (instabilité de la diplomatie en Asie du Sud Est ou augmentation du sentiment anti-asiatique aux Etat-Unis) des solutions pour contrer l’impérialisme chinois dont une des premières victimes serait le Vietnam. Il faut dire que parallèlement à ces événements, les internautes mercenaires du Parti Communiste Chinois – les Wumao – se répandirent en théorie du complot sur la toile au sujet de Hong Kong, soutenant que les militants pro-démocraties de la cité-état était tous d’ascendance vietnamienne et qu’un « grand remplacement vietnamien » était en marche à Hong Kong sous la supervision de Hanoï et de la CIA. Le terme de « singe vietnamien » (« vietnamese monkey ») fut ainsi martelé pour décrédibiliser les leaders étudiants hongkongais pro-démocratie. De la même façon, et bien que rien d’officiel n’ai été publié à ce sujet, la seconde vague de covid-19 au Vietnam due au franchissement de la frontière Laos-Vietnam par 3 ressortissants chinois porteur du virus constitue, selon la rumeur vietnamienne, un acte prémédité de la part de Pékin afin de déstabiliser son voisin méridional qui affichait d’excellents résultats quant à la gestion de la crise sanitaire.

L’ensemble de ces éléments donnent donc aux Vietnamiens une représentation très favorable de Trump, vue comme l’opposant numéro à l’expansion chinoise et donc soutien potentiel de la cause vietnamienne.  Cet état de fait constitue un levier que les vietnamiens anti-communistes comptent bien utiliser pour servir leurs intérêts. En effet, en reprenant la posture anti-chinoise du président américain, les militants du Viet Tan entendent démontrer que le gouvernement de Hanoï est bien trop conciliant avec la Chine Populaire du fait de la proximité idéologique des Partis Communistes Vietnamien et Chinois. Il y a ainsi de forte chance que le Viet Tan ait organisé des opérations d’agitation-propagande contre la Chine et le gouvernement d’Hanoï, participant ainsi en cela à l’émergence de manifestation violente, à l’occasion de l’affaire Formosa ou de l’ouverture des Zone Economique Spéciale aux investisseurs internationaux.

image
Exemple de caricature répandue sur le net vietnamien. On voit le Vietnam grimé en prostituée en tenue coloniale attendant l’arrivée des investisseurs chinois, représenté par Xi Jinping.

Ce faisant, ils instillent l’idée que les différents avec Pékin en Mer de Chine à propos des archipels des Paracels et des Spratleys ne pourra être réglé dans un sens favorable au Vietnam du fait de la « vassalisation » idéologique et politique du gouvernement de Hanoï, justifiant ainsi leur narratif et leur désir de voir le régime communiste s’effondrer au Vietnam. Ainsi, lors des différentes enquêtes d’opinion menée aux Etats-Unis, certains électeurs vietnamiens de Trump citait comme 1ère raison de ce choix le fait qu’il était vecteur de transition politique au Vietnam.

S’il parait clair qu’à lui seul il ne pourrait pas changer la situation, il n’en demeure pas moins que ces allégations ne sont pas sans fondement si l’on considère l’impact de l’action politique de Trump et de son image au Vietnam.

III) La popularité de Donald Trump au Vietnam et son impact sur la sphère médiatico-politique

« Si je pouvais mourir pour que M.Trump devienne président, je le ferais » peut-on lire sur une page de soutien à Donald Trump en langue vietnamienne. Au vu des développements précédents on pourrait être tenter de penser que ce genre de commentaire est issu des communautés de Viet Kieu vivant aux Etats-Unis. Pourtant, il n’en est rien. Il s’agit d’un citoyen vietnamien résidant au nord du Vietnam.

Trump et Kim quittent le sommet de Hanoï sans accord
Le numéro 1 nord coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump lors de leur rencontre à Hanoï en février 2019. Le choix de la capitale vietnamienne pour cet événement d’importance mondiale a également contribué à la popularité de Trump au Vietnam.

Or, il faut bien comprendre, qu’en règle général, les Vietnamiens, surtout ceux vivant au nord, sont extrêmement rétif à parler politique soit par habitude (66 ans de régime marxiste-léniniste obligent), soit par volonté de ne pas se brouiller avec son cercle proche. Dans ce paysage politique morne, la seule exception semble être l’engouement pour le président américain qui parvient à rassembler plusieurs dizaines de milliers de fans sur Facebook, le réseau social le plus utilisé au Vietnam (un peu plus de 46 millions d’utilisateurs). Sur ces groupes, plusieurs sujets politiques, s’agissant notamment de la politique extérieure du pays, se voient être débattus alors qu’ils étaient tabous il y a encore quelques années. Inutile de rappeler que dans un pays où le Parti a la main sur l’ensemble de la presse écrite et télévisuelle et donc de l’information, ce genre de phénomène est tout à fait singulier.

En effet, en plus des considérations précédentes tenant à l’attitude de Trump face à Pékin, un grand nombre de Vietnamiens nourrissent une affection particulière pour le milliardaire américain en raison de son parcours dans les affaires lui conférant un franc parler à rebours du politiquement correct. Ce statut tranche radicalement avec celui des personnes formant l’élite dirigeante de la nation, le plus souvent bureaucrate professionnel tenant un discours guindé par la rigidité de la discipline imposée par les us des partis marxistes-léninistes au sein desquels le Politburo détermine la ligne à suivre sous peine de sanctions. On notera d’ailleurs que sur ce point, Joe Biden, membre de l’establishment américain depuis longtemps, ne brille pas aux yeux des citoyens vietnamiens sur ce point.

Caricature pro-Trump par Ben Garrison. Pour nombre de ses supporters, Donald Trump représente une alternative à un establishment politico-médiatique aux intérêts mondialistes opposés à ceux de l’Américain moyen.

« Trump est un homme d’affaire puissant, confiant et autoritaire. Tout ce qu’il fait est stratégique et calculé » estime Vuong Toan Hiep, 41 ans, résidant à Hanoï. On comprend ainsi aisément que l’affinité des Vietnamiens avec Donald Trump réside également dans leur insatisfaction et leur cynisme global concernant les constantes manœuvres communicationnelles du gouvernement visant à garder la mainmise sur le pouvoir, notamment suite aux affaires de corruption ou de saisies de terrains par la force pour des projets privés.

Face à ce phénomène et malgré la mise en place d’une loi sur la cybersécurité ainsi que d’une unité chargée de la répression sur les réseaux sociaux, l’approche « tout répressif » du gouvernement vietnamien semble bien insuffisant pour empêcher l’expansion de ce phénomène

Il serait pourtant erroné de croire que cela entraine une adhésion automatique des sympathisants de Trump aux idées développées par le Viet Tan étant donné que le fait d’habiter si près de la Chine brise forcément l’intransigeance dogmatique des anti-communistes malgré le ressentiment certains des masses vietnamiennes. De la même façon, la promotion de l’« American Dream » version guerre froide par les nostalgiques de Saïgon  correspond certes à l’idée que s’en fait l’électorat républicain mais ne convainc guère le Vietnamien moyen.

En guise de conclusion :

En définitive, le succès de Trump auprès des Vietnamiens-Américains et des Vietnamiens du Vietnam est dû à la fois à la sociologie de l’électorat vietnamien aux Etats-Unis, à son opposition frontale et parfois tapageuse à Pékin et à son statut « d’outsider » de la politique. Il constitue de ce fait un élément qui fait bouger les lignes politiques au Vietnam en participant à la généralisation d’une information alternative au Vietnam via les réseaux sociaux. Cette influence soit néanmoins être tempérer du fait de la récupération outrancière de ce phénomène par les émigrés vietnamiens anti-communistes car victime de la répression post-chute de Saïgon. De la même façon, pour des raisons géopolitiques et historiques, si la posture adoptée par l’administration Trump peut plaire aux masses, les dirigeants vietnamiens, quelque soit leur ligne, ne pourraient poursuivre une stratégie d’opposition frontale avec son grand voisin.


[1] Dans le système électoral américain, les électeurs ne votent pas directement pour le candidat. Ils votent pour des grands électeurs dans la limite des 50 états. Certains états sont acquis au Parti Républicain ( les états du centre du pays) ou Démocrate (Californie, état de New York par exemple) à chaque élection. L’expression « swing states » ou « état charnière » désigne les états qui ne sont acquis à aucun parti lors des élections et qui peuvent donc départager les candidats.

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