Elections législatives 2017, 11ème circonscription des Français de l’étranger (Asie,Océanie)- Mme Myriem Alnet, candidate du mouvement Citoyens.

1) Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Dans quel état d’esprit briguez-vous la 11ème circonscription des Français de l’étranger ? Quelles idées phares proposez-vous aux électeurs expatriés (emploi, fiscalité, administration, éducation, culture, etc.) ?

Je suis originaire de Normandie, basée à Ho Chi Minh ville depuis deux ans et projetant mon futur en Asie de l’Est. Je travaille en freelance en tant qu’urbaniste, designeuse et animatrice culturelle – j’ai notamment créé une initiative locale visant à promouvoir auprès de la jeunesse vietnamienne une meilleure connaissance des questions urbaines et architecturales à travers l’action culturelle.

J’habite une région extrêmement dynamique, connectée et qui, paradoxalement, est représentée par un homme qui semble peu au fait de notre quotidien. Je pense qu’il y a un véritable besoin de renouvellement de notre représentation nationale et qu’il est temps que les citoyens eux-mêmes s’engagent.

myriem-alnet

Un autre point qui me semble important est l’absence de proposition de projet commun de société – en particulier pour les législatives et pour les circonscriptions des FAE – je ne vois s’afficher que la représentation des partis, sans prise en compte du contexte, des spécificités de l’Asie-Océanie. D’autre part, que ce soit MM. Mariani, Nizet, Bohême ou Mme Genetet, à chaque email nous nous sentons enfermés dans une vision négative et limitée de nous-mêmes où nous sommes réduits à des revendications de droits et d’assurances. Bien entendu, ces propositions sont un minimum à l’amélioration de notre qualité de vie à l’étranger, mais c’est à mon avis trop limité. Rien pour nous permettre de transcender le quotidien, de nous projeter dans l’avenir, de nous sentir concernés par la politique et utiles à la société. Or, nous aussi, Français de l’étranger nous voulons retrouver notre place, revendiquer une exposition à la multiculturalité qui puisse servir notre pays. Nous aussi, nous voulons nous sentir appartenir à une nation progressiste, innovante, juste ; une nation dont nous sommes les premiers ambassadeurs à l’étranger.

Parce qu’en parlant autour de moi je fais le constat que je ne suis pas la seule à attendre plus de la politique, parce que personne ne le fait ou ne défend des idées constructives, j’ai décidé d’être candidate à ces législatives 2017 pour notre circonscription.

Outre les questions de meilleure accessibilité des soins de santé, de l’éducation, de la culture, je veux défendre une idée novatrice de la France autour de 3 points principaux :

– l’écologie et la protection de l’environnement : Si la réalité doit être tyrannique, c’est au regard de l’urgence environnementale. Ce doit être notre préoccupation numéro 1. En ce sens, je défends l’idée d’une diplomatie écologique – où la France serait novatrice. En Asie du Sud-Est, j’ai rencontré – notamment grâce à mon métier – de nombreux Français qui ont fait le choix de s’installer dans la région pour aider ou simplement explorer de nouvelles manières de faire, de construire (de la mode éthique à l’agroécologie en passant par la bioclimatie). Je pense qu’il est important de soutenir les initiatives à forte valeur sociale et environnementale ajoutée, qui participent d’un « softpower écologique » de la France que je défends et permettent de renouveler l’image de notre pays à l’international.

– l’entrée dans l’ère numérique : il devient vital d’adapter nos politiques et institutions publiques à la réalité technologique. Les infrastructures et réseaux doivent être modernisés, et cela doit être mené avec deux objectifs : une plus grande accessibilité des données et services étatiques et une meilleure protection données privées et des droits fondamentaux numériques. Il y aura une participation active sur ces sujets à l’Assemblée Nationale, parce qu’ils concernent directement la vie quotidienne des Français à l’étranger.

– démocratie participative digitale : nous mettrons en place une plateforme digitale pour permettre aux concitoyens de partager leurs expériences et de participer, si et quand ils le souhaitent, au débat national. Plutôt que de passer mon temps dans les avions pour organiser des réunions très cosmétiques, j’inviterai les Français de la 11e circonscription à participer sur cette nouvelle plateforme à la construction de notre pays. Vivant dans la région la plus dynamique du monde, nous sommes tous confrontés à des politiques, technologies, fonctionnements différents, novateurs qui forcent notre curiosité, notre critique mais surtout nous inspirent d’idées pour améliorer le fonctionnement de notre société, notre économie, nos administrations. Cette plateforme permettra à chacun de s’exprimer et échanger autour de ces idées, construire des propositions et me permettre de mieux représenter mes concitoyens.

2) Si vous êtes élu(e), comment vous positionnerez-vous vis-à-vis du gouvernement de M. Édouard Philippe ? (soutien, opposition, à voir au cas par cas).

S’il y a une leçon que je peux déjà tirer de mon expérience en Asie, c’est que si on ne s’engage pas, le monde se fait sans nous. Autrement dit, en adoptant une position d’opposition catégorique, nous n’aurons aucune influence, aucun rôle à jouer. Or le but est de participer, d’influencer et d’attirer les regards vers nos idées. Il y a plusieurs points sur lesquels je ne suis pas d’accord avec ce gouvernement, mais si je suis élue, je ne veux pas laisser passer l’opportunité de travailler et participer à améliorer la société. Donc, au-delà de la question de soutien ou d’opposition, au-delà des logiques de parti traditionnelles, il s’agit d’adopter une approche constructive et de se battre (proposition de) loi après (proposition de) loi pour atteindre la vision de la France que nous défendons : une société plus écologiste, innovante, juste et défenseuse des libertés fondamentales. Si les mesures proposées par le gouvernement me semblent aller à l’encontre de cette vision, je m’y opposerai. S’il y a une marge de manœuvre ou si elles vont dans le bon sens, je travaillerai à les améliorer. L’entrée au gouvernement de Monsieur Hulot est un bon signe, mais dans un gouvernement pour lequel la seule réalité est économique, comment le Ministre de l’écologie va-t-il défendre la vraie réalité – l’urgence environnement ? Quelle marge de manœuvre lui laissera-t-on ? Rien n’est moins sûr. Il s’agira dans ce cas de le soutenir.

3) Quel bilan tirez-vous de l’action du député sortant M. Thierry Mariani ? En quoi auriez-vous agi différemment de celui-ci ?

Monsieur Mariani a été très présent, il a beaucoup voyagé, rencontré les Français, soit.

Mais ses positions en France ou à l’international sont à l’opposé de mes convictions personnelles de défense de l’égalité, des minorités et du multiculturalisme. C’est d’ailleurs très paradoxal d’avoir un tel personnage comme représentant des Français vivant à l’étranger…

Quant à sa ligne économique : il a toujours soutenu les politiques allant à une libéralisation de l’économie qui accroit les inégalités et conforte les privilèges de classe. Ce n’est pas la société que je souhaite transmettre aux générations futures.

Concernant la 11e circonscription, sa grande lubie reste la diminution des CSG. Je suis convaincue qu’on peut offrir aux FAE d’autres perspectives d’implication dans la France que celle d’un investissement dans l’immobilier : je pense à des projets d’avenir sous forme de prêts (en France ou dans leur pays de résidence) pour soutenir l’innovation – écologique, sociale et culturelle notamment.

4) Le pays connaît une émigration telle que l’on n’en avait pas vu en France depuis que Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, poussant les protestants à s’installer notamment en Allemagne. Comment comprenez-vous ce phénomène? Quels avantages ou inconvénients implique cette diaspora pour le pays ?

Nous vivons à un âge globalisé où, nourris de films, livres, nourritures venus du Japon, des Etats-Unis, d’Amérique Latine, de Chine, d’Afrique, du Moyen Orient, nous sommes naturellement enjoins à voyager, à partir, voire à nous installer ailleurs. D’autant plus que nombre d’entre nous ne trouvent pas les structures, soutiens et l’inspiration pour se réaliser en métropole. Nous partons nous confronter à d’autres cultures, nous questionner, nous enrichir et créer. Beaucoup voient cette « fuite des cerveaux » comme un drame. Je pense qu’avoir une diaspora peut au contraire être une chance – si elle est ouverte et intégrée, elle a le potentiel de constituer un fort réseau global de solidarités. La question n’est pas de savoir comment les ré-attirer systématiquement en France, mais bien de se demander comment maintenir ce lien avec la France, comment prouver à la diaspora qu’elle est une force pour le pays et qu’elle peut participer à faire progresser la société, malgré la distance. Donc, à la fois donner les moyens de s’accomplir à l’étranger et donner des pistes de réintégration si un retour en France est désiré – ce qui est souvent le cas.

5) Le Forum économique mondial de Davos du 17 janvier dernier est remarquable en ce que ce fut la première fois que le n°1 Chinois, M. Xi Jinping, était invité. Celui ci s’est fait apôtre du libre échange en appelant notamment à la levée des restrictions économiques imposées à la Chine par l’OMC, provoquant l’anxiété des économistes occidentaux. Quel devrait être selon vous l’attitude de la France et de l’Union Européenne face à Pékin sur le plan commercial et économique ?

Je pense que c’est une bonne opportunité pour la France et l’UE de mettre en place de nouvelles conditions d’échanges et d’accès au marché européen : en termes de respect des droits humains et environnementaux (salaires minimum, conditions de travail décentes, limitation des dégâts environnementaux…). On ne peut plus continuer à consommer n’importe quoi n’importe comment ; les citoyens en ont conscience et sont demandeurs de politiques ambitieuses allant dans ce sens. Le fait que la Chine soit à la recherche de nouveaux partenariats commerciaux nous offre enfin l’occasion de changer nos modes de consommation et de donner un coup d’envoi à cette « diplomatie écologique » que nous proposons. La Chine, confrontée à des problèmes sanitaires d’une ampleur sans précédent, investit désormais massivement dans les technologies dites « propres ». En fixant de telles régulations, il s’agit d’encourager la première puissance mondiale à poursuivre cet effort et à montrer la voie à ses voisins asiatiques.

6) Le 5 Juin 2016, Jean Yves Le Drian (alors ministre de la défense) a déclaré vouloir faire patrouiller davantage la Marine Nationale en Mer de Chine du Sud afin de garantir les libertés de circulation prévues par le droit international, notamment la Convention de Montego Bay, et ce dans un contexte de regain de tension entre les riverains s’agissant des problèmes de souveraineté sur les îles Spratley et Paracel. Adhérez vous à cet objectif ? Pensez vous que la Marine Nationale possède les moyens matériels d’assurer une mission de patrouille régulière dans la zone alors que plusieurs militaires pointent la vétusté et le manque de moyen de l’armée suite aux coupes budgétaires des deux gouvernements précédents ?

Les attitudes belliqueuses de nos gouvernants me laissent toujours dubitative. La France a en effet quelques territoires dans le Pacifique qui peuvent l’amener à être directement impactée par les vues expansionnistes de la Chine. Toutefois, je ne pense pas que nous ayons les moyens militaires pour soutenir une montée des tensions dans la région. La France bénéficie en revanche d’une forte influence diplomatique auprès des pays riverains de la Chine, il serait préférable de privilégier cette voie.

Pour aller plus loin:

Elections législatives 2017, 11ème circonscription des Français de l’étranger (Asie,Océanie)- M. Sebastien Cochard, candidat Front national.

1) Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Dans quel état d’esprit briguez-vous la 11ème circonscription des Français de l’étranger ? Quelles idées phares proposez-vous aux électeurs expatriés (emploi, fiscalité, administration, éducation, culture, etc.) ?

Sebastien-Cochard4J’ai 47 ans et je suis né à Orléans. J’ai vécu 32 ans à l’étranger dont 10 années passées dans différents pays de la 11ème circonscription, ce qui me permet de bien comprendre les préoccupations et les espérances de mes compatriotes résidant à l’étranger.

J’ai commencé ma carrière en 1994 à la division de coopération économique et financière de l’Inspection Générale des Finances, que je représentais en Europe centrale et orientale. J’ai ensuite été nommé à plusieurs postes diplomatiques. J’ai en particulier demandé à être affecté à Alger en 1997-98 en pleine guerre civile (j’avais candidaté à cette position alors que même que des employés français de l’ambassade venaient de périr dans une attaque terroriste et que le ministère ne trouvait aucun candidat suffisamment « courageux ») ; à l’ambassade de France à Rome en 1998-2000, au moment de la mise en place de l’euro et à New York entre 2000 et 2003 où j’ai été Consul et représentant du Trésor français auprès de Wall Street. J’ai ensuite rejoint une grande banque française pour être délégué aux affaires européennes puis délégué aux affaires publiques pour l’Asie-Pacifique. Basé à Hong Kong, j’ai couvert une cinquantaine de pays où je m’attachais notamment à mettre en place les conditions du développement des activités transfrontalières des marchés financiers de la région.

Élu député, je travaillerai notamment à obtenir la gratuité de la scolarité pour tous les jeunes Français inscrits dans les établissements accrédités AEFE à l’étranger. Toujours dans le domaine de l’éducation, je veillerai à ce que le réseau des écoles et des lycées français dans le monde soit renforcé afin d’avoir une représentation qui tienne mieux compte des évolutions démographiques et géographiques récentes. J’essaierai également d’associer davantage les parents d’élèves à la gouvernance des établissements scolaires, notamment en ce qui concerne le contrôle des frais engagés par ces établissements. Je subventionnerai et développerai bien sûr certaines offres d’enseignement comme les associations Français Langue Maternelle (FLAM), par exemple. Enfin, je faciliterai l’accès au CNED et généraliserai l’enseignement à distance pour ceux qui résideraient loin d’un établissement public français.

Sur le plan fiscal, contrairement à d’autres candidats, je souhaite réaffirmer le principe de résidence fiscale et m’opposer à toute mesure visant à taxer les Français de l’étranger sur un principe de nationalité. Je souhaite aussi supprimer le paiement de la CSG-CRDS pour les Français de l’étranger non résidents fiscaux en France et assurer le remboursement des trop-perçus selon la loi.

Sur le plan économique, je chercherai à créer des mécanismes d’incitation pour les entreprises françaises présentes à l’étranger à embaucher des jeunes français diplômés. Cela peut se faire via le développement d’un partenariat université-entreprise mais aussi par une incitation fiscale. Je renforcerai également la coopération économique entre nos régions françaises et celles des pays de la 11ème circonscription, en promouvant davantage nos régions françaises à l’étranger et en renforçant les relations entre les CCI à l’étranger et les pouvoirs politiques régionaux.

Enfin, concernant la protection sociale, je poursuivrai les négociations pour que des accords bilatéraux soient signés entre la France et les différents pays de la 11ème circonscription. Je créerai aussi un tarif jeune à la CFE pour les moins de 30 ans ayant signé un contrat de travail local. Enfin, je permettrai aux Français de l’étranger souhaitant revenir en France d’avoir un accès immédiat à la Protection Universelle Maladie (ex-CMU) sans condition de résidence, ni délai de carence.

2) Si vous êtes élu(e), comment vous positionnerez-vous vis-à-vis du gouvernement de M. Édouard Philippe ? (soutien, opposition, à voir au cas par cas).

En tant que candidat investi par le Front National, il est évident que, si je suis élu, je n’accorderai pas de soutien aveugle aux propositions du gouvernement de M. Edouard Philippe. Si je juge toutefois qu’une mesure proposée par le gouvernement va dans le sens de l’intérêt national et qu’elle est profitable à la France et aux Français, alors évidemment, je la soutiendrai. J’examinerai donc les propositions de loi au cas par cas. Il n’en reste pas moins évident que le gouvernement Macron-Philippe va continuer la vente par appartement de l’économie et de la société française.

3) Quel bilan tirez-vous de l’action du député sortant M. Thierry Mariani ? En quoi auriez-vous agi différemment de celui-ci ?

En termes de résultats, force est de constater que, sur les problèmes d’éducation, de fiscalité et de protection sociale, les choses n’ont pas beaucoup évolué depuis 5 ans, sauf pour aller de mal en pis. Ce que j’aurais fait différemment de M. Mariani ? Je ne serai pas allé en Crimée par exemple même si, au fond, je partage la plupart des opinions et des positions de T. Mariani sur la Russie. Je pense en effet qu’un député des Français de l’étranger doit savoir garder un minimum de neutralité, surtout lorsque deux des pays de sa circonscription entrent en conflit (la Russie et l’Ukraine dans le cas présent). Comment fera T. Mariani, s’il est élu, pour défendre les intérêts des Français résidant en Ukraine puisqu’il a été interdit d’entrée sur ce territoire pour une durée de trois ans ? Enfin et surtout, il ne me semble pas opportun qu’un représentant de la Nation s’affiche de manière aussi démonstrative en opposition avec les positions de l’éxécutif national en termes de politique extérieure.

 4) Le pays connaît une émigration telle que l’on n’en avait pas vu en France depuis que Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, poussant les protestants à s’installer notamment en Allemagne. Comment comprenez-vous ce phénomène? Quels avantages ou inconvénients implique cette diaspora pour le pays ?

Si l’exil des protestants à la fin du XVIIème siècle était le fait d’une question religieuse, force est de constater qu’aujourd’hui, ce sont avant tout des raisons économiques qui poussent les Français à émigrer. Un marché de l’emploi saturé et rigide, un système fiscal désavantageux pour les entrepreneurs, un pouvoir d’achat qui se réduit d’années en années, surtout pour les retraités, et aussi une insécurité de plus en plus grande sont quelques-unes des raisons poussant nos compatriotes à partir à l’étranger. Ce phénomène est notamment renforcé par le contexte géopolitique actuel qui est beaucoup plus propice au déplacement des populations que durant la Guerre Froide par exemple. A noter aussi que l’assouplissement des conditions d’obtention des visas dans de nombreux pays, l’apparition d’Internet permettant un contact instantané avec ses proches et le développement des lignes aériennes ont également rendu l’émigration plus facile. Il n’empêche qu’une émigration forte demeure toujours le signe d’un malaise certain pour notre pays.

Ce phénomène est d’autant plus inquiétant que ce sont nos jeunes talents qui partent en premier, certains par esprit d’aventure, d’autres pour créer leur propre entreprise ou en tant qu’expatriés dans une entreprise française. Mais il est important de noter que, ces dernières années, la proportion de non expatriés dans la population française à l’étranger n’a fait qu’augmenter. A l’inverse, les immigrés que notre pays accueille ne sont pas, pour la plupart, de jeunes talents. Dans cet échange émigrants/immigrants, la France est donc perdante. Dans les années qui viennent, il sera donc important d’inverser cette tendance, non seulement pour la vitalité de la société et de l’économie françaises mais aussi afin de permettre à tous les Français d’avoir une vie décente dans leur propre pays.

5) Le Forum économique mondial de Davos du 17 janvier dernier est remarquable en ce que ce fut la première fois que le n°1 Chinois, M. Xi Jinping, était invité. Celui ci s’est fait apôtre du libre échange en appelant notamment à la levée des restrictions économiques imposées à la Chine par l’OMC, provoquant l’anxiété des économistes occidentaux. Quel devrait être selon vous l’attitude de la France et de l’Union Européenne face à Pékin sur le plan commercial et économique ?

La France et l’Union européenne devraient s’inspirer de la Chine sur le plan commercial et économique car si dans les discours, Pékin se fait l’apôtre du libre-échange, en réalité, elle est un modèle à suivre pour tous ceux qui souhaitent la mise en place d’un protectionnisme intelligent dans leur pays. La Chine a en effet, depuis de nombreuses années, eu recours à des moyens aussi subtils que variés (souvent à la limite de la légalité) pour protéger et développer son tissu économique : utilisation de la censure afin de faire émerger des géants du web chinois (Baidu, Alibaba, Wechat…), subventions publiques à des entreprises qui ont un quasi-monopole dans des secteurs clés, politique laxiste de lutte contre la contrefaçon même si le contrôle s’est renforcé ces dernières années, différentiel d’application des lois entre entreprises étrangères et chinoises (beaucoup plus strictes pour les entreprises étrangères) ne sont que quelques exemples de « l’inventivité » chinoise en la matière. Trop souvent, les médias occidentaux ont été et sont encore très critiques à l’égard de la Chine, mais je ne pense pas qu’on puisse en tout cas reprocher à ce pays de savoir défendre ses intérêts. A l’inverse, il faut que la France et l’Union européenne soient moins naïves et plus pragmatiques dans leur politique économique et commerciale afin de s’adapter notamment aux politiques économiques chinoise et américaine.

Par ailleurs, le développement des relations entre la France, l’Union européenne, la Russie et la Chine est le grand chantier économique et géopolitique du XXIème siècle. La France doit, selon moi, s’engager pleinement dans le projet de « Nouvelle Route de la Soie » (一带一路, Belt and Road Initiative) développé par le président chinois, Xi Jinping. Ce projet qui vise à développer la connectivité et la coopération entre de nombreux pays d’Eurasie est en effet une source importante d’opportunités économiques et commerciales pour la France, en plus d’être un vecteur de renforcement des relations diplomatiques avec les pays de cette zone. La France doit également réorienter sa politique à l’égard de la Russie, participer activement à la médiation dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine et renforcer sa coopération économique, politique et militaire avec Moscou. La France doit aussi développer ses échanges avec l’Union économique eurasiatique afin de renforcer ses liens économiques et commerciaux avec les pays d’Asie centrale.

6) Le 5 Juin 2016, Jean Yves Le Drian (alors ministre de la défense) a déclaré vouloir faire patrouiller davantage la Marine Nationale en Mer de Chine du Sud afin de garantir les libertés de circulation prévues par le droit international, notamment la Convention de Montego Bay, et ce dans un contexte de regain de tension entre les riverains s’agissant des problèmes de souveraineté sur les îles Spratley et Paracel. Adhérez vous à cet objectif ? Pensez vous que la Marine Nationale possède les moyens matériels d’assurer une mission de patrouille régulière dans la zone alors que plusieurs militaires pointent la vétusté et le manque de moyen de l’armée suite aux coupes budgétaires des deux gouvernements précédents ?

A titre personnel, j’ai toujours défendu le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Par ailleurs, la France n’a pas d’intérêts territoriaux à défendre en Mer de Chine méridionale. Il n’y a donc aucune raison qui justifie de faire patrouiller nos navires dans cette zone. La proposition de Jean Yves Le Drian me semble même aller à l’encontre des intérêts de la France et ce, pour plusieurs raisons.

  • Faire patrouiller nos navires dans la zone va endommager nos relations avec la Chine qui va percevoir cette action comme une agression ou à tout le moins un signe d’hostilité de notre part, sans toutefois changer ses positions dans les négociations sur le sujet. Au contraire, cette action de la France risque même de renforcer la détermination chinoise à militariser au plus vite les îlots artificiels qu’elle est en train de faire construire.
  • Plus il y aura de navires militaires qui patrouillent dans cette zone et plus le risque d’un incident est à craindre. Or, la situation actuelle est déjà très tendue. Il est donc inutile d’en rajouter en faisant patrouiller nos navires.
  • Faire des patrouilles régulières coûtera cher à la France et aux Français et il n’y aura aucun retour sur investissement. L’argent dépensé serait beaucoup plus utile pour financer la gratuité de la scolarité des enfants français à l’étranger, par exemple.

Il serait donc nettement préférable pour toutes les parties que le conflit géopolitique en Mer de Chine méridionale se résolve par la voie diplomatique plutôt que par la force. Par ailleurs, si les pays de l’ASEAN impliqués dans ce conflit souhaitent avoir une chance de pouvoir négocier d’égal à égal avec la Chine, ils me semblent qu’ils doivent d’abord résoudre leurs différends territoriaux entre eux sur ce sujet. La France, dans ce processus, peut jouer un rôle de médiateur neutre et proposer des solutions à toutes les parties mais elle n’a pas vocation à prendre part au conflit. Elle n’en a de toute façon ni les moyens financiers ni les capacités militaires.

Pour aller plus loin:

  • Le profil de M. Cochard sur le site du Front National:  https://fnlegislatives.fr/candidats/sebastien-cochard/
  • Le site de campagne de M.Cochard: www.sebastiencochard2017.org

 

Elections législatives 2017, 11ème circonscription des Français de l’étranger (Asie,Océanie)-Dimitri Sawosik, candidat France Insoumise

 

1) Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Dans quel état d’esprit briguez-vous la 11ème circonscription des Français de l’étranger ? Quelles idées phares proposez-vous aux électeurs expatriés (emploi, fiscalité, administration, éducation, culture, etc.) ?

unnamedJe suis originaire de l’arrière-pays niçois, où j’ai grandi et passé le bac. Après avoir étudié 2 ans à Science Po Aix-en-Provence, j’ai déménagé en Russie où je vis depuis le mois de septembre et y poursuis mes études. J’ai 20 ans, et c’est de ma jeunesse que je tire ma motivation pour représenter les Français-e-s de l’étranger de la 11ème circonscription à l’Assemblée Nationale.

J’ai décidé de rentrer activement en politique après avoir participé à Nuit Debout et aux mouvements de contestation contre la loi travail à Paris. Avec l’utilisation du 49-3 et la violence quotidienne dans l’expression politique du peuple, j’ai compris que la Vème République arrivait à bout de souffle. Je me suis donc engagé avec les Insoumis, pour une nouvelle République, et pour que le peuple, dans son ensemble, décide de son destin constitutionnel.

C’est aussi, omniprésente dans le programme l’Avenir en Commun, la volonté impérieuse de défendre les pauvres et les thématiques écologiques qui m’a fait entrer en politique. Il est temps que nous parlions des vrais sujets, la politique doit aller plus loin qu’un déferlement de techniques de communications vides de sens, ou de petits arrangements pour l’obtention de poste.

Je ne suis qu’un candidat, un visage parmi tant d’autres. Derrière moi, ce sont des centaines d’Insoumis, représentant la richesse et la diversité de notre 11ème circonscription, qui travaillent et qui sont prêts à gouverner.

Nos priorités sont la Paix, l’Écologie et l’Éducation. Ce sont trois sujets trop peu approfondis par les partis traditionnels et par celui de Mr Macron, pourtant ce sont les axes qui structurent une politique raisonnable, durable et humaniste.

Tout d’abord, la Paix, nous sommes pour la sortie de l’OTAN et pour que la France retrouve un rôle majeur dans la résolution des conflits à travers l’ONU.

Quand à l’Écologie, nous sommes pour la sortie la plus rapide possible du nucléaire, notre circonscription s’étend de Tchernobyl à Fukushima, nous connaissons les risques de cette énergie. De plus, avec l’élection de Mr Trump, il est urgent qu’un grand pays comme la France montre la voie et se lance dans la transition écologique, dont l’humanité a besoin.

Enfin, concernant l’Éducation, qui est la base de toute société socialement organisée, il n’est pas normal que les Français de l’étranger n’aient pas les même droits que ceux de métropole. C’est pourquoi les ressortissants Français auront le droit à une éducation gratuite dans tous les établissements français de l’étranger. Pour apporter l’égalité des droits et devoirs à nos compatriotes expatriés, nous proposons une fiscalité différentielle. Pour cela, l’impôt local est comparé à celui qu’aurait payé le citoyen en France à situation comparable, et en cas de différence inférieure celle-ci serait acquittée à l’État français. En échange, les citoyens français seraient en droit d’exiger l’égalité de traitement en termes de redistribution : enseignement gratuit, qu’il soit en école ou par correspondance, prise en charge gratuite des soins de santé en France dès le jour du retour en France, services consulaires avec guichet unique, ressources humaines et matérielles à la hauteur des besoins. C’est par le respect et l’égalité qu’on construit une société plus apaisée et plus juste.

  

2) Si vous êtes élu(e), comment vous positionnerez-vous vis-à-vis du gouvernement de M. Édouard Philippe ? (soutien, opposition, à voir au cas par cas).

Que nous soyons majoritaires ou pas, nous lutterons pour la mise en place du Programme l’Avenir en Commun. En votant pour un candidat insoumis, vous votez pour ce programme (https://laec.fr/). Le gouvernement d’Edouard Philippe, à moins qu’il ne change d’avis dès le lendemain de l’élection est, dans sa grande majorité, très éloigné de l’esprit humaniste et écologique de notre programme. Nous serons donc dans l’opposition au président de la République.

Cependant, nous pensons possible une victoire de la France Insoumise. Nous espérons donc que le président de la République ne bloquera pas les réformes nécessaires à la lutte contre la pauvreté, contre le dérèglement climatique, pour la Paix, et les autres mesures mise en avant par le programme l’Avenir en Commun. En effet, selon notre constitution, c’est le gouvernement, et donc la majorité à l’Assemblée Nationale, qui dirige la politique de la Nation.

Le bulletin pour la France Insoumise est clair. Nous n’avons pas, et nous ne ferons pas dans la « tambouille politicienne ». Nous avons un programme, dont un livret pour les Français de l’Étranger (http://www.franceinsoumise-sawosik2017.fr/#!/programme), que nous avons nous-mêmes rédigé de manière collaborative avec les Insoumis de tous les pays de la 11ème circonscription. Ce sont les mesures, et par extrapolation les valeurs qui s’y trouvent, que nous défendrons. En votant pour un Insoumis, vous votez pour le programme, pas pour un député carriériste prêt à s’associer avec le nouveau monarque contre quelques faveurs.

3) Quel bilan tirez-vous de l’action du député sortant M. Thierry Mariani ? En quoi auriez-vous agi différemment de celui-ci ?

Je dois d’abord concéder à mon adversaire qu’il a été assidu, ce qui est de plus en plus rare à l’Assemblée Nationale. Cependant, Monsieur Mariani est un homme de droite et qui assume son orientation, il a soutenu la loi Macron et donc adhère au programme néolibéral de ce gouvernement.

Son combat pour la déchéance de nationalité (une mesure appartenant à l’origine à l’extrême droite!), lorsqu’il voulait durcir le texte du gouvernement, fait de lui un adversaire irréconciliable avec l’humanisme républicain que nous portons avec les Insoumis, et préjudiciable au tiers des Français de l’Étranger en union mixte. Cela revient à appliquer une double sanction à tout bi-national à la différence des français “mono-nationaux”. C’était pour nous, pour beaucoup de gens à gauche et à droite aussi, la négation même de l’égalité des droits entre tous nos co-citoyens. Le plus fort est que Monsieur Mariani prétend défendre les Français de l’étranger, lesquels sont bi-nationaux pour plus de 40% d’entre eux ! Nous espérons que le jour du vote, ces bi-nationaux de la 11eme circonscription de l’étranger se souviendront de cette stigmatisation comme citoyens de seconde catégorie qu’a représenté cette intervention de Monsieur Mariani à l’Assemblée.

Monsieur Mariani a défendu, avec constance, des positions parmi les plus réactionnaires à l’Assemblée: interdiction d’hébergement d’urgence pour les personnes sans papiers en France, réduction du temps de recours pour les demandes d’asile,… mais étant situé à la droite de L.R., cela est au fond prévisible. Ce comportement fait de lui, avec Meyer Habib, ami personnel de Netanyahou, le plus réactionnaire, le pire député des F.E., à nos yeux, surtout vis-à-vis des français bi-nationaux.

Comme les hommes politiques de sa génération, il est très loin des problématiques nouvelles, et urgentes. Doit-on refuser de sortir du nucléaire, doit-on refuser d’éviter une contamination radioactive de notre territoire national ? Doit-on faire passer au second plan l’écologie et la lutte contre le dérèglement climatique ? Enfin, dans un pays où il y a 9 millions de pauvres, la priorité est-elle de déchoir de sa nationalité un terroriste qui n’en a déjà que faire ?

Finalement, je définirai le bilan de Monsieur Mariani par une courte phrase : par son appartenance politique, il a accompagné toutes les mesures délétères de son parti au pouvoir. Et pour son engagement en faveur des Français de l’étranger, il s’est retrouvé bien seul face à son propre appareil.

Chez les Insoumis, l’approche est totalement différente, car elle va du bas vers le haut. Je suis le candidat d’un collectif, je n’ai pas été choisi à Paris mais à Tokyo, à Moscou, à Pékin ou à Sydney. Je n’ai pas fait campagne dans la circonscription avec l’argent des contribuables en leur promettant simplement des baisses d’impôts.

Nous souhaitons aux Français humanistes et républicains de la 11 ème circonscription, de ne pas lui renouveler son mandat !

 4) Le pays connaît une émigration telle que l’on n’avait n’en avait pas vu en France depuis que Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, poussant les protestants à s’installer notamment en Allemagne. Comment comprenez-vous ce phénomène? Quels avantages ou inconvénients implique cette diaspora pour le pays ?

Le phénomène n’est malheureusement pas limité à la France. En Europe, c’est les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Italiens, qui quittent par vagues entières leur pays de naissance. L’Europe perd une partie de sa jeunesse, formée, éduquée. La dernière grande vague de migration venant d’Europe à engendré l’extermination des Amérindiens et l’émergence de la première puissance concurrente de la-dite Europe. Gardons nos cerveaux chez nous ! Proposons leur un avenir autre que de rembourser une dette illégitime. Si l’expatriation est parfois un choix de vie, elle est de plus en plus une conséquence de la mauvaise situation économique dans le pays de départ.

Le départ pour l’étranger est souvent le résultat des crises financières à répétition de ces dernières décennies, des politiques d’austérité, de “dé-régulation”, des politiques de l’offre qui détruisent l’emploi. D’ailleurs, il est intéressant de voir que certains pays de la circonscription qui étaient très attractifs il y a quelques années, le sont désormais beaucoup moins. Par exemple en Chine, les salaires et les “packages” des expatriés sont bien moins avantageux qu’ils ne l’étaient il y a quelques années. Les entreprises Françaises ou locales préfèrent employer les français en contrat local. De nombreux Français souhaitent rentrer en France, mais beaucoup d’entre eux se retrouvent face à un dilemme: accepter un emploi plus précarisé et avec des conditions bien moins avantageuses… ou rentrer en France au risque de se retrouver au chômage et hors système – santé/scolaire/retraite! Ils choisissent logiquement la première option et ne font pas forcément la connexion entre les politiques appliquées en France et leurs situations personnelles et professionnelles.

Certains cessent de croire que la France est une grande puissance et pensent que nous sommes, pour toujours, condamnés à une politique ultra-libérale, destinés à engraisser les plus riches et à croiser tous les jours des gens dormant sur le trottoir.

J’ai 20 ans, et je suis moi-même à l’étranger. J’ai quitté la France dans l’espoir de la retrouver un jour. J’aime mon pays, c’est pour cela que je me suis engagé avec les Insoumis. J’étudie en Russie car j’en suis un passionné, je veux découvrir le pays et rentrer chez moi les yeux pleins de mes souvenirs.

Cependant, quand je rentre dans mon village de l’arrière pays niçois, je vois mes amis d’enfance, au chômage. Beaucoup d’entre eux ont déjà perdu le goût d’entreprendre, de rêver. Quand une jeunesse ne se voit plus d’avenir à 20 ans, elle quitte sa terre pour rêver chez les autres. L’émigration est le plus grand signe de la souffrance d’une société. Les Hommes doivent voyager, se mélanger, vivre à l’étranger ; mais ils doivent pouvoir vivre heureux dans leur pays.

5) Le Forum économique mondial de Davos du 17 janvier dernier est remarquable en ce que ce fut la première fois que le n°1 Chinois, M. Xi Jinping, était invité. Celui ci s’est fait apôtre du libre échange en appelant notamment à la levée des restrictions économiques imposées à la Chine par l’OMC, provoquant l’anxiété des économistes occidentaux. Quel devrait être selon vous l’attitude de la France et de l’Union Européenne face à Pékin sur le plan commercial et économique ?            

Face au retournement des Etats-Unis envers la Chine, cette dernière cherche de nouveaux alliés et n’a plus du tout confiance en son client américain. C’est pourquoi elle se tourne encore plus vers l’Europe ou vers les marchés émergents. Les Insoumis sont opposés au libre échange. Le commerce est nécessaire entre les sociétés car tout ne peut être produit localement. Cependant, le grand déménagement du monde est un principe épuisé du libéralisme du XIX siècle. Sa seule conséquence est la destruction de l’environnement et la mise en concurrence des territoires.

Si la Chine veut commercer, elle doit pouvoir le faire comme bon lui semble. Nous – Français et Européens – avons un intérêt commun à commercer avec les Chinois, mais cela doit se faire dans le respect des normes environnementales et sociales. Les économies de nos continents n’ont pas à subir une concurrence déloyale, notre consommation ne doit pas être complice de l’utilisation de produit polluants et de conditions de travail issues de l’aliénation sous prétexte que cela se passe à l’autre bout de la planète.

La Chine est un pays que l’on peut qualifier de mercantiliste: qui aime le commerce extérieur mais qui aime aussi la régulation par un Etat fort. Ses dirigeants souhaitent obtenir une balance extérieure positive afin de pouvoir pourvoir au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vies des citoyens Chinois. Cette amélioration du niveau de vie des Chinois est la garantie de la stabilité politique et de la paix. En extirpant des centaines de milliers de Chinois de la misère, la Chine, plus que tout autre pays, a oeuvré à la réduction de la pauvreté dans le monde. La Chine est aussi très consciente de la crise écologique, elle a subi – et continue de subir – de plein fouet les excès du productivisme (e.g.: pollution de l’air, des terres et de l’eau, scandales alimentaires, cancers…) et le gouvernement régule de plus en plus son industrie pour faire face à tout type de pollution et répondre aux demandes du peuple. Les Chinois veulent des emplois mieux payés, et aspirent au même confort de vie que nous. Depuis quelques années on voit la Chine prendre le leadership dans les conférences sur le climat (d’autant plus aujourd’hui les Etats-Unis régressent sur la question du dérèglement climatique).

La France et l’Europe ont donc tout intérêt à coopérer avec la Chine qui partage nombre de nos combats pour l’amélioration des conditions de vie humaine. La Chine doit rester un pays qui œuvre pour la paix et la stabilité. C’est en travaillant avec la Chine, plutôt qu’en la sanctionnant ou en l’écartant des négociations que nous construirons la paix. Si nous ne souhaitons pas de confrontation avec la Chine il est important de rappeler que la France n’a pas d’amis, mais des partenaires. Nous serons donc vigilants avec la Chine, comme nous le serons avec les Etats-Unis. Elle est un partenaire dans le maintien de la paix dans un certain nombre de régions de monde. La France Insoumise ne soutient ni ne rejette les positions Chinoises, elles doivent être débattues multilatéralement avec tous nos partenaires. La diplomatie et la négociation sont les seules sources durables de paix.

6) Le 5 Juin 2016, Jean Yves Le Drian (alors ministre de la défense) a déclaré vouloir faire patrouiller davantage la Marine Nationale en Mer de Chine du Sud afin de garantir les libertés de circulation prévues par le droit international, notamment la Convention de Montego Bay, et ce dans un contexte de regain de tension entre les riverains s’agissant des problèmes de souveraineté sur les îles Spratley et Paracel. Adhérez vous à cet objectif ? Pensez vous que la Marine Nationale possède les moyens matériels d’assurer une mission de patrouille régulière dans la zone alors que plusieurs militaires pointent la vétusté et le manque de moyen de l’armée suite aux coupes budgétaires sèches des deux gouvernements précédents ?

On n’a jamais fait la Paix avec des armes. La négociation seule, au sein de l’ONU peut conduire à un respect des conventions internationales. La France n’a rien à faire dans cette poudrière qu’est la Mer de Chine du Sud, et encore moins à choisir un camp. Les Insoumis étaient déjà opposés à l’intervention en Syrie sans mandat de l’ONU, nous avons bien vu quels en sont les résultats. La force ne résout rien sur le moyen et long terme. La France doit avoir son mot à dire dans les négociations, elle doit aider à faire baisser les tensions. Rajouter de l’appareil militaire dans une zone sous tension s’accorde à souffler sur les braises en espérant ne pas propager l’incendie. Alors si vous souhaitez que la France défende la Paix dans le monde, nous comptons sur vous pour nous rejoindre et nous soutenir.


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Elections législatives 2017, 11ème circonscription des Français de l’étranger (Asie,Océanie)- M. Rong Trinh, candidat UPR.

Précisions préliminaires: J’ai souhaité en cette période électorale ouvrir le blog à une démarche citoyenne permettant de présenter les candidats briguant le poste de député élu dans la zone Asie – Océanie. Pour ce faire, je me suis permis de leur envoyer quelques questions, évidemment orientées vers les problématiques attachées aux thèmes du blog. Comme je sais que parler politique sur internet c’est risquer de s’exposer à la mauvaise foi partisane, aux procès d’intention et parfois à l’insulte ou à la diffamation, j’aimerai rappeler que vinageo ne revendique aucune ligne partisane et qu’il poursuit uniquement le but d’informer mes concitoyens expatriés en Asie Orientale afin qu’ils choisissent de la manière la plus éclairées possible celui qui les représentera à l’Assemblée Nationale. Je dois également avouer qu’étant donné que les thèmes que j’ai souhaité évoquer ne sont qu’effleurés par le monde politico-médiatique français, la démarche entreprise vise également à satisfaire ma curiosité personelle.  Les réponses que les différentes formations politiques m’ont envoyées seront publiées dans l’ordre où je les aurai reçues. Par ailleurs, à l’heure où j’écris ces mots, je ne suis pas assurer de la participation de tous les candidats à mon projet ( le député sortant Thierry Mariani, candidat LR, notamment). En espérant que l’initiative sera appréciée.

1) Pouvez-vous vous présenter rapidement ? Dans quel état d’esprit briguez-vous la 11ème circonscription des Français de l’étranger ? Quelles idées phares proposez-vous aux électeurs expatriés (emploi, fiscalité, administration, éducation, culture, etc.) ?

rong trinhJ’ai 42 ans et je suis né à Lyon de parents venant de l’Indochine française. Je suis un enfant de la République, le produit de l’école laïque, gratuite et émancipatrice. J’ai fait mes armes en France dans le syndicalisme, le militantisme associatif et la lutte pour le respect des Droits de l’homme. Aujourd’hui, je reprends le combat en m’engageant pour l’UPR, car il est de mon devoir sacré de citoyen de protéger notre indépendance, notre démocratie, nos libertés, notre modèle social et nos services publics actuellement menacés par la politique d’application servile des directives autoritaires de l’Union Européenne

L’Asie est actuellement le plus grand bassin de croissance pour le commerce français, et donc un gisement d’emploi non seulement en France mais aussi pour nos expatriés qui arrivent par milliers. Être député dans cette circonscription, c’est donc avant tout œuvrer pour que tous les services de l’État se mobilisent sur la question fondamentale : comment exporter le made in France, créateur d’emploi en France ? Or j’ai pu constater en 15 ans les retraits diplomatique, économique, culturel et linguistique de la France, au profit d’initiatives de l’UE qui est une structure autobloquante de par les intérêts divergents voire contradictoires de ses 28 membres. Je veux sortir la France des Eurocham (chambre de commerce Europeenne) et fusionner les chambres de commerce avec les missions économiques ; l’intelligence économique collectée doit être gratuite et non pas vendue comme c’est le cas maintenant. Je veux en outre soutenir les PME voulant exporter, faciliter les obtentions de visa pour les partenaires commerciaux venant en France signer un contrat, et utiliser ainsi l’attrait de la France comme arme commerciale.

2) Si vous êtes élu(e), comment vous positionnerez-vous vis-à-vis du gouvernement de M. Édouard Philippe ? (soutien, opposition, à voir au cas par cas).

Einstein aurait dit : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Macron et son premier ministre représentent la continuité de la catastrophe économique, sociale et budgétaire des deux derniers quinquennats : 2,2 millions de chômeurs en plus, 1.000 milliards de dette supplémentaire… Macron et son premier ministre, en appliquant les mêmes recettes, ne peuvent que battre tous les records. Je serai, sans concession et sans équivoque, dans l’opposition.

3) Quel bilan tirez-vous de l’action du député sortant M. Thierry Mariani ? En quoi auriez-vous agi différemment de celui-ci ?

Je tiens à rendre hommage à M. Thierry Mariani qui a souvent fait preuve de sérieux pendant son mandat. Il a eu le courage de prendre des positions diplomatiques mesurées sur la Syrie et la Russie, en contradiction avec la ligne va-t’en-guerre de son appareil politique. Mais je n’oublie pas que c’est grâce à sa voix et à quelques autres – en plus de celles du PS – que la loi Urvoas, dite « de modernisation de la vie politique », a été adoptée : cette loi complique l’obtention des 500 signatures par les candidats à l’élection présidentielle, supprime l’égalité du temps de parole sauf les deux dernières semaines et vise généralement à empêcher l’émergence de nouveaux partis, à contre-courant de la volonté populaire. Je ne peux pardonner cette félonie. Pas plus que son soutien, isolé chez Les Républicains, à la loi dite Macron sur la « croissance et l’activité », contribuant à déréglementer les professions libérales et précariser les salariés ; ni encore son soutien général aux politiques d’austérité imposées par Bruxelles.

 4) Le pays connaît une émigration telle que l’on n’avait n’en avait pas vu en France depuis que Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, poussant les protestants à s’installer notamment en Allemagne. Comment comprenez-vous ce phénomène? Quels avantages ou inconvénients implique cette diaspora pour le pays ?

La France, incapable de donner à son peuple des perspectives et à ses jeunes la reconnaissance qu’ils cherchent, se vide de sa jeunesse. C’est dramatique. On sacrifie cette génération sur l’autel de l’austérité, de l’euro et de l’intégration européenne à marches forcées ; on nous prive de tous les outils macro-économiques indispensables au redressement du pays. Je comprends les candidats au départ et j’admire leur courage et leur abnégation. Mais je vois tous ces Français arriver avec inquiétude car tous ne réaliseront pas leur rêve. Il sera de mon rôle de les aider au mieux.

5) Le Forum économique mondial de Davos du 17 janvier dernier est remarquable par le fait que, pour la première fois, le numéro un chinois, M. Xi Jinping, était invité. Celui-ci s’est fait l’apôtre du libre échange en appelant notamment à la levée des restrictions économiques imposées à la Chine par l’OMC, provoquant l’anxiété des économistes occidentaux. Quelle devrait être selon vous l’attitude de la France et de l’Union Européenne face à Pékin sur les plans commercial et économique ?

En 2016, il y a eu 297 milliards de dollars d’excédent des comptes courants… de l’Allemagne ! Celle-ci bénéficie d’un euro cher, au détriment de la Grèce qui agonise, de l’Italie qui est bord de l’implosion, de l’Espagne qui sombre jour après jour, et de la France qui se désindustrialise lentement, pénalisée par un euro trop cher pour sa compétitivité (rapport FMI 2016). La Commission elle-même trouve que l’Allemagne – je cite – « menace la stabilité économique de la zone euro ». L’urgence pour un véritable leader politique en France serait plutôt celle-là : sauver la France du désastre monétaire qui s’annonce. Mais cela reviendrait à remettre en cause la religion qu’est devenu l’euro. La question chinoise n’est qu’un contre-feu pathétique.

6) Le 5 Juin 2016, Jean-Yves Le Drian (alors ministre de la défense) a déclaré vouloir faire patrouiller davantage la Marine Nationale en mer de Chine du Sud afin de garantir la liberté de circulation prévue par le droit international – notamment la convention de Montego Bay – et ceci dans un contexte de regain de tension entre les riverains qui se disputent les îles Spratley et Paracel. Adhérez-vous à cet objectif ? Pensez-vous que la Marine Nationale possède les moyens matériels d’assurer une mission de patrouille régulière dans la zone alors que plusieurs militaires pointent la vétusté et le manque de moyens de nos forces armées suite aux coupes budgétaires des deux gouvernements précédents ?

Je suis pour le respect du droit international. Tous les pays doivent s’y conformer. Les résolutions de l’ONU doivent être respectées.

Je veux imposer la France comme une grande puissance diplomatique maritime, avec pour mission première la conservation et le respect du droit international de la mer.

Je veux faire construire un deuxième porte-avions sans délai, puis un troisième dans les dix années suivantes. Je veux enfin porter à six unités la flotte française de sous-marins lanceurs d’engins. Le budget de la défense doit être porté à 3% du PIB d’ici 5 ans pour rattraper le retard qui a été pris.

Si vous voulez aller plus loin:

Blog de campagne de M. Trinh: https://trinhrong2017.wordpress.com/

Page facebook de M. Trinh: https://www.facebook.com/uprasietrinhrong/

Pour les compatriotes vivants au Vietnam, M. Trinh sera au Papagayo à Ho Chi Minh Ville le 25 mai prochain et Chez Xuan à Hanoï le 30 mai.