Poudrières en mer de Chine/Actualités : Et voilà les Français III – Retour sur la mission PEGASE

Cet article est dédié à la mémoire du capitaine Baptiste Chirié et du lieutenant Audrey Michelon de la base aérienne 133 de Nancy, tous deux disparus à bord de leur Mirage 2000D au dessus du Jura le 12 janvier 2019.

            A l’occasion des deux articles « Et voilà les Français » nous avions pu préciser la position de la France dans la région ( https://vinageoblog.wordpress.com/2017/05/20/poudrieres-en-mer-de-chine-x-et-voila-les-francais/) et procéder à une analyse concrète des moyens dont elle disposait pour soutenir ces positions par l’étude de cas ayant pour sujet la mission Jeanne D’Arc (https://vinageoblog.wordpress.com/2018/06/17/actualite-poudrieres-en-mer-de-chine-x-ii-et-voila-les-francais-partie-2-la-mission-jeanne-darc-a-ho-chi-minh-ville-et-le-dialogue-shangri-la-2018/).

            Dans le prolongement et en complément de ces développements, le texte d’aujourd’hui se veut être une analyse de la mission PEGASE (soit Projection d’un dispositif aérien d’EnverGure en Asie du Sud-Est) consistant, comme son nom l’indique, en une tournée régionale de l’armée de l’air, ce qui permettra d’aborder en détail le rôle de l’industrie française de l’armement concernant la ligne géopolitique défendue par Paris.

            A des fins de clarté, ladite analyse présentera d’abord les détails de la mission en elle-même pour ensuite revenir sur la vision et les intérêts français dans la zone pour terminer par  les développements concernant le secteur de l’armement.

La mission PEGASE.

Le 26 août 2018 fut le témoin d’un événement historique : pour la première fois depuis 64 ans, des avions militaires français se sont posés sur le sol vietnamien. L’accueil des officiers de la brigade 918 (escadron de transport) et 935 (escadron de chasse) ainsi que  du président du comité populaire de la ville d’Hanoï est chaleureux.

Il faut dire que 2018 marque le 45èmeanniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Hanoï ainsi que les 5 ans de leur partenariat stratégique incluant, entre autres, une coopération militaire poussée.

Quelques jours auparavant, la mission dite PÉGASE participait à l’exercice  militaire commun Pitch Black organisé par la Royal Australian Air Force entre le 27 juillet et le 17 aout 2018 à Darwin (Territoire du Nord) et réunissant 140 appareils issus d’une quinzaine de nations. A noter que le Général Charaix, responsable de la mission, a indiqué que Canberra s’était fait insistante sur le devoir de la France de participer à cet exercice lors de la conférence de presse tenue avant le départ[1].

L’escadre française était composée de 3 Rafales, d’un A400 M Atlas (cargo militaire), d’un C-135 FR (ravitailleur) ainsi que d’un Airbus A310 (transport civil) pour un total de 120 aviateurs, commando-fusiliers et personnel divers.

Le convoyage de retour passa, outre le Vietnam (du 26 au 29 août), par l’Indonésie (19-24 août), la Malaisie (24-26 août), Singapour (29 août – 1erseptembre) puis l’Inde (1er– 4septembre) avant de rejoindre la base aérienne 125 d’Istres le 6 décembre 2018.

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Les principaux buts de cette opération étaient les suivants :

  • Maintenir en condition opérationnelle les aviateurs pour se déployer partout dans le monde.
  • Renforcer la présence française dans cette zone d’intérêt stratégique.
  • Valoriser les capacités aériennes de projection de la France ainsi que la technologie et l’industrie aéronautique.
  • Approfondir les relations de coopération avec les puissances sur place.

Des objectifs servant la vision asiatique promue par le Quai d’Orsay.

La France sur une ligne de « contre-intimidation[2] » pragmatique face à la montée en puissance de la Chine.

Si vous vous souvenez des articles précédents consacrés au même thème, vous savez que, depuis la rétrocession de Honk Kong à la Chine en 1999, la France se trouve être la dernière puissance européenne militairement présente en permanence dans l’Océan Indien et Pacifique avec environ 7000 soldats répartis entre Djibouti et la Polynésie Française. Par ailleurs le pays est à la tête de la seconde Zone Economique Exclusive au monde en termes de superficie[3].

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Cet état de fait, couplé au pivot asiatique des Etats Unis de l’ère Obama devant la montée en puissance de la Chine,  que semble poursuivre la politique commerciale de Trump à l’égard de Pékin, et à la remise en cause du système de San Francisco (c’est à dire de l’ordre régional dans le Pacifique)[4], a poussé la diplomatie française à renforcer sa présence dans la zone, d’où notamment l’envoi de la mission Jeanne d’Arc dans le secteur chaque année depuis 2015.

L’inflexion de  la politique française vers cette zone est largement due au sinologue Pierre Jean-Ortiz, le « monsieur Asie » de François Hollande[5]. Le changement de président et de gouvernement n’a pas sensiblement impacté cette tendance : la France est aussi une puissance asiatique de par sa présence dans l’espace indo-pacifique.

En effet en plus du maintien de Jean-Yves le Driand au poste de ministère des Affaires Etrangères, le discours du 3 juin de Florence Parly, ministre des Armées, lors du Dialogue de Sangri-la 2018 ( « Je suis enchantée d’être ici, car cette région est notre chez-nous à nous aussi. Il est bon de rappeler que la France a neuf millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive dans l’espace indo-pacifique, qu’un million et demi de citoyens vivent dans nos territoires d’outre-mer, ainsi que 200 000 expatriés, divers contingents militaires permanents et des intérêts économiques vitaux. ») et celui d’Emmanuel Macron à Nouméa le 5 mai 2018 reprend les perspectives du quinquennat Hollande (« Il y a un axe Paris – New Delhi – Canberra, mais cet axe-là se prolonge de Papeete à Nouméa. Et à travers tous nos territoires, c’est celui qui nous permettra de construire sur le plan géopolitique la neutralité de cet espace indo-pacifique ; c’est celui qui, de la Corne de l’Afrique aux Amériques, nous permettra de participer avec nos alliés à ces grands équilibres et d’assurer la liberté de circulation dans les mers, la liberté de circulation dans les airs et les équilibres indispensables à cette région du globe. »).

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Ajoutons ici que le premier ministre Edouard Phillipe est également sensible à la politique étrangère française dans cette partie du monde en tant qu’ex-maire du Havre, ville portuaire qui accueillit à cinq reprises la convention d’affaires Chine-Europe, un événement très prisé par les entreprises chinoises intéressées par le marché européen. Le chef du gouvernement se rendit ainsi plusieurs fois en Chine dans ce cadre[6].

Ainsi, la position française depuis 2012 est la suivante : dans le contexte de « provocation calibrée » de la part de Pékin (en recourant parfois à la force) en Mer de Chine afin de créer un fait accompli quant à sa souveraineté[7], la France se doit de protéger ses intérêts et d’honorer ses alliances (c’est à dire défendre la liberté de circulation comme régie par le traité de Montego Bay[8]) en opérant dans l’espace qui n’est pas soumis aux interférences chinoises. Pour reprendre les mots du Président de la République, toujours lors de son discours à Nouméa : « Dans cette région du globe, la Chine est en train de construire son hégémonie pas à pas. Il ne s’agit pas de soulever les peurs, mais de regarder la réalité : elle est faite d’opportunités. La Chine doit être un partenaire pour cette région et plus largement. Si nous ne nous organisons pas, ce sera quand même bientôt une hégémonie qui réduira nos libertés, nos opportunités, et que nous subirons. »

Cette vision teintée de pragmatisme trouva une matérialisation directe durant la mission PEGASE. En effet, au cours de son étape en Malaisie, l’armée de l’air avait proposé d’approcher les espaces aériens revendiqués par Pékin afin de montrer la volonté française de se déplacer librement. La décision resta en suspens jusqu’au dernier moment à l’Elysée mais la proposition fut repoussée devant les protestations des diplomates chinois auprès de l’ambassade de France à Pékin et du ministère des Affaires Etrangères, enjoignant à la France de ne pas jouer « les supplétifs anglo-saxon »[9].

Elle vise également à poser les bases conceptuelles d’un rapprochement avec les principaux partenaires de Paris en matière de défense : le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Le premier article consacré à la position française en mer de Chine faisait déjà état de la très peu probable émergence d’une force armée européenne quand bien même il s’agirait du futur de l’ordre mondial reposant sur le droit international, aussi j’y renvoie le lecteur intéressé (https://vinageoblog.wordpress.com/2017/05/20/poudrieres-en-mer-de-chine-x-et-voila-les-francais/). S’agissant des britanniques, rappelons ici que le traité de Lancaster House de 2010 sert de base à l’alliance des deux premières puissances militaires d’Europe et que l’accueil chaleureux des hélicoptères de combat anglais sur les vaisseaux français des éditions 2017 et 2018 de la mission Jeanne d’Arc pourrait à terme former un corps expéditionnaire à même de se déployer rapidement et efficacement[10].

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Les hélicoptères britanniques de classe Merlin se pose sur le Diximude lors de la mission Jeanne D’arc de 2018.

Enfin, cette position permet de diluer la rivalité Pékin/Washington dans la région et de tirer parti du caractère multipolaire du monde actuel pour créer de nouvelles alliances et gagner en influence sur le marché mondial de l’armement. Le meilleur exemple reste sans doute ici le partenariat franco-indien en matière de défense. Notons par ailleurs que cela permet également à Paris de ne pas s’aliéner définitivement la Chine, profitant même du fait que celle-ci soit au prise avec la politique commerciale de Donald Trump pour obtenir des concessions de la part de la chancellerie chinoise[11].

Une fois ces éléments en tête, tâchons de comprendre l’influence et le rôle des groupes français producteurs d’armements  au service de cette vision.

Industrie de la défense et prétentions françaises en Asie.

Nous avions déjà parlé en détail des options de la France quant au déploiement de troupes et à ses capacités d’intervention mais la partie concernant les autres moyens d’influences ne fut qu’effleurée.

Or le « retour au bercail » de la mission PEGASE en décembre dernier nous fournit une occasion d’aborder en détail le rôle de l’industrie française en matière de défense dans la prise de position française en Asie-Pacifique.

Si les considérations géopolitiques énoncées précédemment servent de justification à la position de la France en Asie du Sud Est, le savoir-faire français en matière d’armement de pointe lui permet de se donner les moyens de ses ambitions, et ce d’autant plus que cette partie du monde  jouit d’une croissance rapide (6,5% en moyenne pour « l’Asie émergente » c’est à dire les pays de l’ASEAN, la Chine, l’Inde[12]) à même de remplir le carnet de commande des entreprises hexagonales.

Il s’agit de se pré-positionner sur des marchés porteurs à long terme et, si possible, dans des pays qui ne sont pas des alliés proches de Pékin ou de Washington et avec lesquels la balance commerciale française est déficitaire. Par le recoupement de ces divers éléments on retrouve l’ensemble des pays visités pas la mission PEGASE (Inde, Singapour, Indonésie, Malaisie, Vietnam)[13].

On l’aura compris, il s’agit d’une stratégie à long terme qui se déploie en deux temps. D’abord l’action de l’Etat permet un pré-positionnement sur le marché. Outre la mission de démonstration en elle-même, on peut citer ici le fait que la France est le second pourvoyeur d’Aides Publiques au Développement (APD) au Vietnam (derrière le Japon), ou la coopération publique dans le secteur des transports, de l’énergie et de la mer avec l’Indonésie ou bien encore la mission humanitaire menée par l’armée de l’air dans le cadre de PEGASE en Malaisie et permettant de porter secours à la population[14].

Ce sont ensuite les industriels qui prennent le relais afin de régler les détails concrets qui ne sont plus du ressort des militaires ou des diplomates (montants, conditions de livraison, détails divers mais aussi les « petits à-côtés » qu’impliquent ce genre de contrat stratégique notamment en termes d’infrastructures, de formation, de transfert de technologies …).

En général, bien que se défendant d’être des agents commerciaux, ce sont les pilotes et leur retour d’expérience en exercice et lors des opérations sur le terrain qui s’avèrent décisifs, les armées partenaires et l’armée française elle-même considérant qu’ils sont les mieux à même de parler de l’appareil[15].« Les meilleurs commerciaux, ce sont les pilotes »renchérit un attaché militaire d’une ambassade de la région[16].

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Patrick Charria

On notera également le fait que le choix du Général de corps aérien Patrick Charaix n’est pas innocent en ce que, en plus d’afficher une carrière militaire de haute volée (ancien patron des forces aériennes stratégiques, chargés de la dissuasion nucléaire), il se trouve être un fin communicant et un partisan d’une ligne géopolitique forte en Asie.

            Il s’agit à terme de pousser la collaboration avec ces pays aussi loin que possible en gardant Singapour en modèle. En effet, la Cité-Etat, partenaire militaire de la France depuis près de 20 ans, assure la formation de ses pilotes sur la base militaire 110 située à Cazaux (Gironde) et se plaçait en 3èmeposition des excédents commerciaux français en 2016 (+4 milliards de dollars), notamment grâce à l’aéronautique civil (vente d’Airbus) et à l’armement (8èmeplus gros acheteur de matériel français)[17].

            Notons au passage que la Malaisie et l’Indonésie se classe respectivement  15èmeet 11èmeau classement des achats d’armes hexagonales, le premier pays dudit classement étant l’Inde[18].

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Récapitulatif des accords de défense entre la France et les divers pays de la zone indo-pacifique.

            Il est ici nécessaire de s’arrêter sur le cas des relations franco-indiennes en matière de défense du fait que celles-ci permettent d’aborder deux points essentiels quant à la compréhension de l’action française dans la région.

            D’abord, les 20 ans de partenariats stratégiques militaires entre Paris et New Dehli rendent compte de l’avantage certain dont dispose les constructeurs français du fait même de la structure du marché international de l’aéronautique militaire. En effet, peu de pays sont à même de produire des chasseurs-bombardiers de 5èmegénération performants et la situation actuelle montre une répartition des parts de marché telle que ce sont les deux « grands » de la guerre froide qui, par l’entremise d’une histoire commune, de la « tyrannie de la géographie » ou d’intérêts directs, se taillent la part du lion (voir carte ci dessous). Ainsi, l’émergence d’un monde multipolaire voit plusieurs puissances régionales vouloir diversifier leurs approvisionnements en armement afin d’échapper aux pressions politiques qu’ils impliquent, Moscou comme Washington étant connus pour s’immiscer dans les affaires intérieures de leurs partenaires, alliés ou de leurs état-clients[19]. De ce fait, Paris peut aborder ses partenaires avec une position relativement neutre et ce d’autant plus que les avions Dassault (Mirage, Rafale) sont au moins égaux si ce n’est supérieurs à leur concurrent direct (les F-16, F-22, F-35 américains et les Mig ou Soukhoï russes) et surclassent complètement les aéronefs produits dans d’autres pays (le Gripen suédois fabriqué par SAAB ; les J-10, J-15, J-20 chinois, le Tornado britannique, etc…). L’Inde et la région du Sud-Est Asiatique, particulièrement concernées par l’opposition entre le bloc emmené par Washington (Japon, Corée du Sud, Australie, etc…) et les forces du traité de Shangaï (Chine, Russie et leurs états-clients et alliés), constituent dès lors des partenaires privilégiés pour l’industrie française[20].

 

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            Ensuite, les tensions agitant l’espace indo-pacifique (notamment en mer de Chine), le vieillissement des arsenaux de la région et le formidable décollage économique des pays de la zone créent un marché plus porteur que jamais pour les fabricants d’armes du monde entier et génère une compétition acharnée : aux Américains, Russes et Chinois déjà bien implantés s’ajoutent d’autres pays d’Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Belgique), les Israéliens ou encore les Sud-Coréens[21]. Pour « faciliter » les transactions, beaucoup n’hésite pas à recourir aux « petits cadeaux » (argent liquide, avantage en nature, services…) et ce d’autant plus que la nature même de ce type (très souvent entre experts techniques, militaires et diplomates en comité restreint et peu contraint de rendre des comptes) de contrat favorise les avantages et intérêts personnels et que dans beaucoup de pays de la zone les militaires disposent d’une grande marge de manœuvre voir d’une immunité pénale relative[22]. S’agissant de la France, la vente des 36 Rafales à l’Inde est emblématique de cette situation et, même si la mission PEGASE dut se faire discrète lors de son passage en Inde, les liens entre les armées subsistèrent et devraient continuer à prospérer[23]. Les intérêts industriels (lors des discussions à l’Assemblée Nationale concernant la Loi sur l’armement, les principaux acteurs du secteur comme Dassault, Thalès, Naval Group ou Renault Truck Defense avaient expliqué qu’une part d’export de 40 à 60% était nécessaire à l’équilibre financier de leur entreprise[24]) et diplomatiques (indépendance vis-à-vis de Washington) d’une part et les intérêts stratégiques d’autre part maintiennent une zone de flou entre lobbying/diplomatie et corruption qui ne devrait pas disparaître à l’avenir aux vues du contexte géostratégique.

En guise de conclusion :

            Au terme de nos développements, il semble possible de conclure que les objectifs de la mission PEGASE sont atteints, même s’il faudra certainement attendre quelque peu pour en voir les résultats concrets.

            Reste maintenant à savoir à quel point l’armée française et les fournisseurs d’armes sont capables de percer dans la zone afin de défendre la ligne géopolitique soutenue par le ministère des Affaires Etrangères. Si la mission PEGASE montre une certaine cohérence sur ce point et que l’aspect « publicité/communication » a fonctionné, il n’en reste pas moins que la France reste un challenger sur ce marché à propos duquel elle ne sait finalement que peu de chose comparée à d’autres concurrents et souffre d’un relatif isolement au niveau européen.

            Dans le cas où l’opposition entre les Etats-Unis et la Chine devait se détériorer et forcer les pays de l’ASEAN ou d’Asie du Sud à prendre position, il semble cependant clair que la France se trouverait dans les meilleures dispositions pour faire des affaires et ainsi renforcer sa position dans ces régions du monde.

https://www.defense.gouv.fr/actualites/operations/fanc-participation-a-l-exercice-pitch-black-2018-en-australie

[1]https://www.youtube.com/watch?v=qui7kLDPAzk

[2]https://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/2157702/how-french-militarys-political-messengers-are

[3]https://vinageoblog.wordpress.com/2017/05/20/poudrieres-en-mer-de-chine-x-et-voila-les-francais/

[4]https://vinageoblog.wordpress.com/2018/06/17/actualite-poudrieres-en-mer-de-chine-x-ii-et-voila-les-francais-partie-2-la-mission-jeanne-darc-a-ho-chi-minh-ville-et-le-dialogue-shangri-la-2018/

[5]https://asialyst.com/fr/2017/05/18/hollande-macron-quelle-politique-pour-france-asie/

[6]Idem

[7]https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-vi-la-strategie-militaire-chinoise-en-mer-de-chine-lempire-du-milieu-repond-a-lappel-du-large/

[8]https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-iii-le-difficile-contexte-de-merittorialisation-la-convention-de-montego-bay/

[9]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59355

[10]https://vinageoblog.wordpress.com/2018/06/17/actualite-poudrieres-en-mer-de-chine-x-ii-et-voila-les-francais-partie-2-la-mission-jeanne-darc-a-ho-chi-minh-ville-et-le-dialogue-shangri-la-2018/).

[11]https://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/2157702/how-french-militarys-political-messengers-are

[12]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59355

[13]Idem

[14]Idem

[15]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59354

[16]Idem

[17]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59355

[18]Idem

[19]https://infoguerre.fr/2017/10/rafale-vs-f35-combat-perdu-davance/

[20]https://thediplomat.com/2017/12/the-rafale-acquisition-scandal-a-potential-threat-to-france-india-defense-relations/

[21]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59355

[22]Idem

[23]https://eurasiantimes.com/rafale-jets-india-france/

[24]https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIELCAREK/59355

Poudrières en MDC VIII. Stratégie vietnamienne en Mer de Chine: internationalisation des conflits et déni d’accès.

Nous avons déjà beaucoup parlé de stratégie militaire sur ce blog[1][2][3][4][5] mais sans étudier en détail les mesures prises par le gouvernement vietnamien contre la stratégie de « provocation calibrée » mise en œuvre par la Chine pour progresser dans l’espace maritime de la MDC du Sud et établir sa « langue de bœuf »[6].

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La « langue de boeuf » chinoise représentée pour la première fois sur une carte en 1947. Au centre on voit les archipels Spratleys et Paracels.

Pour les lecteurs qui n’ont pas eu l’occasion de lire les précédents articles de la série un petit résumé peut s’imposer : la «territorialisation des mers » par la convention de Montego Bay en 1982 a provoqué une série de revendications de souverainetés vietnamiennes sur les archipels dits « Spratley » et « Paracels »[7]. Mais cette souveraineté n’est qu’en partie effective du fait que le Vietnam n’est pas le seul pays à avoir fait de telles réclamations : les iles Paracel sont également revendiquées par Taïwan et la Chine alors que les Spratleys constituent un lieu de conflit pour la Chine (qui réclame l’archipel dans son intégralité), les Phillipines, Brunei et la Malaisie[8]. Par l’occupation de ces iles la Chine entend faire valoir des « droits historiques » sur la MDC (mer de l’Est pour les Vietnamiens) et ainsi être en mesure de contrôler les voies maritimes actuellement au centre des échanges commerciaux internationaux[9][10]. Pour se faire elle a drastiquement changé sa politique martiale pour privilégier la marine et s’active à se doter d’une force de frappe à hauteur de ses intentions[11]. Le Vietnam, frontalier du géant par la mer et la terre, voit dans les intentions chinoises une menace à sa souveraineté nationale et n’hésite pas à rappeler les contentieux historiques profond entre les deux pays pour construire un roman nationale anti chinois[12]. Rappelons également que le dialogue entretenu entre les deux PC, fortement éprouvés par la corruption, ainsi que les concessions avérées ou supposées qui en découlent provoquent la colère du peuple vietnamien et constituent sans nul doute le risque intérieur le plus important pour le gouvernement[13].

Bien qu’officiellement en paix avec son grand voisin du nord, le Vietnam voit sa politique de défense se construire pour tenter de contrebalancer l’hégémonie chinoise dans la région. Ces réflexions stratégiques forment un ensemble de prescriptions martiales recueillies dans des « Livres Blancs de la Défense » (LBD). 3 de ces livres ont été publiés en 1998, 2004 et 2009. Cette dernière version sera la base de cet article.

D’un point de vue général, le LBD de 2009 revient aux concepts traditionnels qui ont nourris les guerres vietnamiennes depuis la première invasion par la Chine[14] : « guerre du peuple » dans une stratégie défensive globale basée sur un « potentiel politico-spirituel » défini comme « une composante du potentiel de défense nationale, inhérent aux qualités humaines, aux traditions nationales historico-culturelles, et au système politique ».

Si cette conception est peu prolixe quant aux menaces « non traditionnelles [15]» (comme dans le cas du Mékong[16]), elle répond néanmoins aux menaces traditionnelles que représente ce qui peut être compris comme une résurgence de la menace chinoise pour le Vietnam. Evidemment, la Chine présente sa montée en puissance comme une «  émergence pacifique » et la nécessité pour le gouvernement vietnamien de maintenir un dialogue avec son homologue chinois lui interdit de présenter la situation dans ce sens.

Ainsi les autorités vietnamiennes préfèrent estimer que ces tensions en MDC sont, plutôt qu’une annexion pure est simple, une entrave à la « maritimisation » du pays alors que la part de l’économie maritime dans la croissance économique du pays va croissante et que cette matière est prioritaire dans la politique vietnamienne[17].

Fidèle à une maitrise de la dialectique « politique – militaire » pour mener une guerre, la doctrine militaire vietnamienne issue du LBD de 2009 repose sur un triptyque de rapport de force avec son voisin chinois : économique, diplomatique et militaire. Comme l’asymétrie sur le plan économique est patente et que nous avons déjà quelque peu étudier le sujet précédemment[18] [19], l’article se concentrera d’avantage sur les parties diplomatiques et militaires. A noter que, correspondant à la fois à la doctrine marxiste-léniniste (subordination du militaire au pouvoir civil) et à la tradition martiale du Vietnam, la seconde est considérée comme un soutien au premier.

Commençons donc par le volet diplomatique.

D’un point de vue global, après le « Renouveau » (ou « Doi Moi ») et l’effondrement de l’URSS, l’objectif du Vietnam a clairement été une ouverture diplomatique tous azimut dans le but de suppléer au « grand frère » et seul allié soviétique en voie d’effondrement. La normalisation des rapports avec la Chine en1991 fut un des principaux moteurs de cette ouverture diplomatique même s’il est clair que la nouvelle configuration mondiale plaçait le Vietnam dans un état de faiblesse par rapport à son voisin du Nord et ce notamment lorsque celui ci réactive ses intentions impériales dans le « pré carré » vietnamien (Laos et Cambodge) .Ainsi toute alliance diplomatique frontalement opposée à la Chine était à oublier.

Le Vietnam fonda alors sa politique étrangère sur une position neutre en pariant sur une progression économique qui serait la panacée de ses problèmes. Cette politique implique trois refus toujours explicites : pas de base militaire étrangère sur le territoire, pas d’alliance de nature militaire et pas de relations diplomatiques cherchant uniquement à nuire à un pays tiers. Il s’agit pour le gouvernement vietnamien de se donner les moyens d’une politique étrangère d’équidistance entre les grandes puissances en évitant toute réaction disproportionnée de la Chine.

Il s’agit dans les faits d’une mise à jour de la stratégie dite « du faible au fort[20] » dans le contexte actuel. Les stratèges contemporains préfèrent le terme de « stratégie de couverture » (« hedging strategy »). Il s’agit de mettre en place un réseau de relations diplomatiques flexibles et de haute intensité mais sans lui donner un caractère formel. L’intérêt du Vietnam à lier de telles alliances est à la fois de bénéficier de partenaires internationaux pour servir de caisse de résonance à ses positions et d’internationaliser les conflits en MDC. Nous avions déjà vue en ce sens la stratégie consistant à associer l’Inde dans l’exploitation du pétrole off shore situé dans l’espace maritime attenant au Vietnam[21].

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Signature du partenariat stratégique France-Vietnam par les premiers ministres français et vietnamien à Paris (25 septembre 2013).

Le pays fut ainsi un des premiers à signer un « partenariat stratégique » avec la Russie en 2001[22]. Depuis ce dispositif n’a cessé de s’étendre puisque le pays est signataire de 13 « partenariats stratégique » (Japon en 2006, Inde en 2007, Corée du Sud en 2009, Royaume Uni en 2010, Allemagne en 2011, France, Indonésie, Singapour et Thailande en 2013) et de 11 « partenariats compréhensifs » (Australie et Nouvelle Zélande en 2009, Etats Unis et Ukraine en 2013 notamment).

Un autre théâtre pour le Vietnam est également la visibilité offerte par l’ASEAN même s’il est clair, que comme nous avons déjà pu le voir, l’organisation régionale ne prévoit aucune procédure contraignante en cas de conflit d’un des membres avec un pays tiers et plusieurs voies se sont déjà faites entendre sur le fait que les altercations en MDC ne saurait en aucun cas être toléré comme un conflit « ASEAN- Chine »[23].

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Carte de répartition des zones maritimes militaires et des bâtiments de la marine vietnamienne (selon le LBD de 2009). La concentration des moyens militaires au large des Spratleys ne laisse aucun doute quant à la crispation vietnamienne dans la zone.

Afin d’appuyer cette logique diplomatique visant à ne pas laisser le pays isolé, le gouvernement vietnamien a suivi son voisin chinois dans son appel du large afin de se donner les moyens de fonder une stratégie dite de « déni d’accès ». Cette tactique est essentiellement défensive et consiste comme son nom l’indique en la neutralisation d’une éventuelle aventure militaire sur un territoire que l’on contrôle[24]. Le Vietnam mime en cela les dispositions que les chinois prennent en MDC mais à l’égard des Américains[25].

Ainsi l’Armée Populaire du Vietnam, jouant encore un rôle central dans l’économie vietnamienne, se voit renforcer de jour en jour et notamment s’agissant de son volet maritime. A l’image de la doctrine militaire chinoise ayant cour jusque dans les années 90[26], le Vietnam ne se considérait guère comme une puissance navale malgré sa façade maritime immense. Le développement effréné de la marine chinoise l’obligea à choisir entre se cantonner à la défense côtière en accusant un retard technologique rendant la marine de guerre vietnamienne impuissante ou au contraire se doter d’un arsenal militaire hauturier (de haute mer) en cohérence avec ses aspirations souveraines en MDC.

Depuis le début des années 2000 la marine vietnamienne connaît un saut qualitatif sans précédent et ce grâce au développement économique du pays. Ainsi si le pourcentage du PIB alloué à la défense reste relativement stable (entre 1,5 et 2,5%) la valeur absolue du budget augmente radicalement chaque année. En 2014 le gouvernement vietnamien dépensait 6,2 Milliards de dollars dans la défense[27].

Ces excédents économiques permettent de ce fait de moderniser la marine à grande vitesse principalement par l’importation d’appareils étrangers même si des chantiers navals vietnamiens apparaissent et parviennent à ébaucher une industrie de guerre sophistiquée au Vietnam depuis la réussite du navire TT400TP en 2011[28].

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Le premier sous-marin russe de classe Kilo juste avant sa mise à flot dans la baie Cam Ranh (2011)

Cette production locale est encore relativement faible vis à vis des importations. C’est la Russie qui très vite a participé à l’émulation du potentiel naval vietnamien en vendant son savoir-faire à son ancien allié. En plus de signer le premier partenariat stratégique avec le Vietnam, le gouvernement russe a fourni dès 2001 2 patrouilleurs multitâches Svetlyak au Vietnam. Cette dynamique sera poursuivie autant par la quantité que par la montée en gamme des vaisseaux de guerres commandés : 4 corvettes lances missiles Tarantul I entre 2001 et 2004 (aujourd’hui il semble qu’une dizaine de corvettes améliorées Tarantul V soit en construction au Vietnam) et 2 frégates ultra modernes de type Gepard en 2011 (deux sont actuellement en construction au Vietnam[29]). Mais c’est surtout la signature d’un contrat d’acquisition par le Vietnam de 6 sous marins russes de classe Kilo qui apporte l’avancée la plus significative : en acquérant ce type de matériel (les sous marins russes de ce type possèdent une signature sonore si basse qu’ils sont surnommés  « trou noir » par la marine américaine[30]), le Vietnam devient la première puissance navale d’Asie du Sud Est à se doter d’une dissuasion sous marine de pointe pouvant rivaliser avec les moyens chinois[31]. A noter que par le truchement d’une alliance plus ancienne, c’est l’Etat indien qui fournit les pièces de rechange de marque russe au Vietnam, entérinant de ce fait un solide axe diplomatique Vietnam – Inde – Russie[32].

Fidèle à sa logique internationalisante, le Vietnam favorise la diversification de sa chaine d’approvisionnement en recevant la visite de bâtiments français ou japonais dans sa base de Cam Ranh ou en se voyant doter de frégate lance missile par le Japon[33]. Le grand tour historique que prend notre affaire est la levée de l’embargo américain sur les armes durant la visite à Hanoï de l’ex président américain Barack Obama le 23 mai 2016. Si plusieurs commentateurs sont circonspects quant à l’achat d’avion de combat F-16, il semble clair que le Vietnam veuille se doter de matériel « non létal » axé sur la détection et l’intervention rapide. Les avions espions Orion III semblent ainsi particulièrement indiqués[34]. La France collabore en ce sens avec le Vietnam avec la mise en place du programme de télédection Movimar et de son extension qui, bien que non cantonné au secteur de la défense, sert également de base au programme de surveillance satellite vietnamien et ce notamment dans le cadre des conflits en MDC[35]. A noter que d’ici 2020, le Vietnam entend se doter par ses propres moyens de satellites de détection et de communication[36].

En guise de conclusion, on ne peut que constater que les efforts diplomatiques et militaires du Vietnam autour de la stratégie internationaliste du « déni d’accès » sont efficaces pour éviter tout aventurisme chinois en MDC et ce malgré la domination économique et militaire écrasante de la Chine.

Il semble par ailleurs évident que ces mêmes efforts ne sauraient être suffisants pour que le Vietnam seul puisse tenir tête à l’hégémonie chinoise. Ainsi si les partenariats stratégiques que nous avons détaillés plus haut témoignent de la vitalité diplomatique d’Hanoï, ils ne garantissent en rien l’alignement des partenaires sur la vision vietnamienne et n’efface pas les divergences entre les pays partenaires. Cet état de fait laisse largement entrevoir l’instabilité du dispositif vietnamien. Ainsi l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats Unis et la fin annoncée du Taité Transpacifique ainsi que la réserve américaine au sein de l’APEC[37] peuvent être comprises comme deux revers pour les Vietnamiens étant donné qu’ils comptaient les utiliser pour tenter de sortir de l’hégémonie économique de leur grand voisin du Nord. Toutefois les commandes d’armes auprès des pays tiers prévoient l’envoi de personnels de formation et d’entretien sur place qui peuvent en revanche forcer les pays concernés à la réaction.

De la même façon sur le plan martial, l’inexpérience de la marine vietnamienne s’agissant de la défense en haute mer nécessitant une grande coordination inter-arme (détection, artillerie côtière, aviation, navire d’attaque, missile balistique) laisse augurer une phase d’adaptation relativement longue avant d’être parfaitement opérationnel. Ce fait est d’autant plus important que dans l’archipel des Spratleys, le Vietnam contrôle pas loin de 22 îles/îlots/ banc de sable, faisant du « merritoire » vietnamien le plus vaste à défendre.

Il paraît cependant clair que cette dynamique, déjà bien entamée par le gouvernement vietnamien, va se poursuivre plus rapidement. En effet bien qu’aucun front antichinois ne soit officiellement proclamé, il paraît clair que le Vietnam se trouve au centre de 3 visions stratégiques majeures alimentant sa doctrine : la stratégie japonaise dite « Look South[38] », la stratégie indienne « Act East[39] » et la stratégie américaine de « pivot stratégique[40] » ver l’Asie.

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Les premiers ministres indien et vietnamien assiste à la signature d’un accord de coopération intéressant la marine civil et militaire entre les amiraux en chef des deux pays (Septembre 2016).

[1] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/20/defi-30-jours-30-articles-23-absurde-le-manque-de-contenu-politique-des-contre-insurges-francais-et-americains-durant-les-deux-premieres-guerres-dindochine/

[2] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/19/defi-30-jours-30-articles-22-la-guerre-contre-insurectionnelle-la-conception-dune-nouvelle-doctrine-de-guerre-pour-defaire-la-guerilla-maoiste-du-viet-minh/

[3] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/02/01/actualites-special-tet-deux-episodes-guerriers-celebres-dans-lhistoire-vietnamienne-a-loccasion-du-nouvel-an-lunaire/

https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-vi-la-strategie-militaire-chinoise-en-mer-de-chine-lempire-du-milieu-repond-a-lappel-du-large/

[5] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/duc-un-regard-allemand-sur-le-vietnam-1965-1972-uwe-siemon-netto-les-indes-savantes-editions-2015/

[6] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-ii-historique-des-litiges-sino-vietnamiens-sur-les-iles-spratley-et-paracels/

[7] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-iii-le-difficile-contexte-de-merittorialisation-la-convention-de-montego-bay/

[8] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-ii-historique-des-litiges-sino-vietnamiens-sur-les-iles-spratley-et-paracels/

[9]https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-iv-la-mdc-au-centre-de-la-mondialisation/

[10] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-v-lambiguite-des-revendications-maritimes-chinoises-les-difficultes-de-la-merritorialisation-et-la-notion-chinoise-des-frontieres/

[11] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-vi-la-strategie-militaire-chinoise-en-mer-de-chine-lempire-du-milieu-repond-a-lappel-du-large/

[12] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mer-de-chine-vii-la-schizophrenie-vietnamienne-attraction-et-repulsion-chinoise/

[13] Idem.

[14] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/12/05/reponse-au-lecteur-n3-la-forte-influence-sans-assimilation-de-la-civilisation-chinoise-sur-le-vietnam-partie-i-introduction-et-perspectives-historiques/

[15] http://www.diploweb.com/La-pensee-strategique-vietnamienne.html#nh10

[16] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/le-mekong-ii-quand-lhydrologie-devient-geopolitique/

[17] Nathalie Fau, La maritimisation de l’économie vietnamienne : un facteur exacerbant les tensions entre le Vietnam et la Chine et MDC méridionale ?, dans Hérodote n°57, Les enjeux géopolitiques du Vietnam, 2ème trimestre 2015, p.39-55.

[18] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/01/22/actualites-le-discours-gagnant-gagnant-de-xi-jinping-au-forum-economique-mondiale-de-davos-vers-un-retour-a-la-hierarchie-des-relations-internationales-du-systeme-tributaire/

[19] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mer-de-chine-vii-la-schizophrenie-vietnamienne-attraction-et-repulsion-chinoise/

[20] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mer-de-chine-vii-la-schizophrenie-vietnamienne-attraction-et-repulsion-chinoise/

[21] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/02/28/defi-30-jours30-articles-petrole-le-vietnam-pays-petrolier-emergent/

[22] Elevé au rang de « partenariat stratégique compréhensif » en 2011.

[23] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/26/defi-30-jours30-articles-29-lasean-et-le-vietnam-de-la-posture-conservatrice-a-la-volonte-dintegration-les-limites-de-la-vision-utilitaire-vietnamienne/

[24] https://www.files.ethz.ch/isn/165710/201317.pdf

[25] http://www.ttu.fr/pacifique-comment-contrer-le-deni-dacces-chinois/

[26] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-vi-la-strategie-militaire-chinoise-en-mer-de-chine-lempire-du-milieu-repond-a-lappel-du-large/

[27] http://www.nationmaster.com/country-info/profiles/Vietnam/Military

[28] http://blog.vietnam-aujourdhui.info/post/2011/11/27/Marine-%3A-naissance-du-premier-navire-de-guerre-made-in-Vietnam

[29] http://cesm.marine.defense.gouv.fr/images/Cargo/2012/CARGO2012-17_Vietnam-stratgie-defense-chinoise.pdf

[30] https://classe-internationale.com/2015/03/22/modernisation-de-la-marine-vietnamienne-un-nouvel-acteur-en-asie-du-sud-est/

[31] http://nationalinterest.org/feature/chinas-nightmare-vietnams-new-killer-submarines-12505

[32] https://classe-internationale.com/2015/03/22/modernisation-de-la-marine-vietnamienne-un-nouvel-acteur-en-asie-du-sud-est/

[33] https://asialyst.com/fr/2016/03/16/mer-de-chine-le-retour-sous-marin-du-japon/

[34] http://thediplomat.com/2016/05/with-arms-embargo-lifted-whats-on-vietnams-shopping-list/

[35] http://lecourrier.vn/le-developpement-des-technologies-spatiales-au-vietnam/179266.html

[36] http://lecourrier.vn/les-technologies-aeronautiques-largement-appliquees-au-vietnam/354509.html

[37] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/01/22/actualites-le-discours-gagnant-gagnant-de-xi-jinping-au-forum-economique-mondiale-de-davos-vers-un-retour-a-la-hierarchie-des-relations-internationales-du-systeme-tributaire/

[38] Dans la vision japonaise, le Vietnam est le seul pays d’Asie du Sud Est à partager sans réserve la position du gouvernement japonais à l’égard de la Chine. Il s’agit donc par cette stratégie de lier les deux pays pour répondre à un certain nombre de menaces d’origine chinoises (même si la Chine n’apparaît jamais). Pour plus d’info : http://www2.jiia.or.jp/pdf/fellow_report/140711_Vietnam-Japan_Strategic_Partnership-Final_paper_Thuy_Thi_Do.pdf

[39] Il s’agit pour l’Inde de profiter de sa diaspora en Asie du Sud Est et de son influence culturelle pour fonder des partenariats stratégiques visant, entre autre, a empêché l’océan Indien de tomber sous domination chinoise. Pour plus d’info : https://www.theglobalist.com/modi-and-india-act-east-policy/

[40] Le « pivot » américain engagé en 2011 par l’administration Obama consiste en un rééquilibrage de la politique étrangère américaine vers la zone Asie Pacifique et ce notamment afin de répondre à une éventuelle menace chinoise. Pour plus d’info : https://asialyst.com/fr/2016/11/02/quel-bilan-pour-le-pivot-asiatique-de-barack-obama/

Défi 30 jours/30 articles #3 – Pétrole – Le Vietnam, pays pétrolier émergent.

            Comme nous avons déjà pu le voir précédemment[1] , la mer de Chine est au centre des attentions en Asie du fait de sa richesse en énergie fossile et notamment en pétrole.

            Or c’est l’abondance de cette ressource qui permet aujourd’hui au Vietnam d’être le troisième pays producteur de brut en Asie du Sud Est, derrière l’Indonésie et la Malaisie (eux même exploitant du pétrole off shore).

            Longtemps peu explorés, les fonds marins revendiqués par le Vietnam abriteraient 4,4 milliards de barils de réserve (exploration de 2013) permettant au pays de produire quelque 364 000 barils de pétrole/jour (toujours en 2013).

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Répartition des réserves de pétroles en mer de Chine du Sud d’après l’Energy Information Administration Américaine (2013). A noter que la bande grise entre les Paracels et les Spratleys n’ pas encore explorée

            En vue d’assurer une plus grande indépendance énergétique, le gouvernement vietnamien a inauguré en 2009 la raffinerie de Dung Quat, permettant au passage d’être un des moteurs de développement du centre Vietnam. Une autre raffinerie est en cours de construction dans la province de Thanh Hoa et devrait être mis en fonction dans le courant de l’année (2017).

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Logo de la compagnie d’Etat Petrovietnam

La gestion de l’exploitation du pétrole est un monopole de la compagnie d’Etat Vietnam National Oil and Gas Group dite Petrovietnam qui contribuent au budget de l’Etat à hauteur de 25% et au PNB du Vietnam à hauteur de 24%[2].

            Le mode de gestion est plutôt tourné vers la coexploitation avec le recours à plusieurs sociétés étrangères. Il s’agit, dans une vision économique, de partager les lourds couts engendrés par la prospection et la mise en place de l’exploitation et, d’un point de vue politique, de pousser des pays étrangers à partager des intérêts stratégiques avec le Vietnam pour en faire des opposants à la menace chinoise en mer de Chine. A noter que l’Inde est particulièrement active dans ce dernier volet[3].

            On comprend donc pourquoi l’installation de la plateforme pétrolière en 2014 a suscité une réaction aussi forte dans la population mais aussi au niveau de l’Etat[4].

            A noter que ces tensions, en plus de porter des doutes sur la viabilité des investissements étrangers sur le long terme[5], empêchent une exploitation concertée en mer de Chine. Ainsi la ratification du Joint Marine Seismic Undertaking (portant sur une campagne d’explorations et de relevés sismiques) par les Philippines, la Chine et le Vietnam en 2005 avait été considérée comme une avancée majeure pour le règlement des  différents en mer de Chine mais a échoué en raison du refus philippins de 2008 d’appliquer l’accord au motif que cela conforterait les revendications vietnamiennes mais surtout chinoises. De la même façon, il est très peu probable que les accords sur une zone commune de développement entre Chine et Vietnam dans le golfe du Tonkin, initialement ratifiée en 2006, dépasse le stade de simple accord de principe.

[1] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mdc-iv-la-mdc-au-centre-de-la-mondialisation/

[2] Nathalie Fau, La maritimisation de l’économie vietnamienne : un facteur exarcerbant entre le Vietnam et la Chine en mer de Chine méridionale ?, dans : Hérodote 2ème trimestre 2015, n°157, « les enjeux géopolitiques du vietnam », p.43.

[3] Voir : http://lecourrier.vn/vietnam-et-inde-conviennent-de-promouvoir-leur-partenariat-strategique/125310.html et http://fr.dangcongsan.vn/orientation-vers-la-mer-et-les-iles-du-vietnam/new-delhi-soutient-la-liberte-de-la-navigation-en-mer-orientale-361996.html

[4] Voir : https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/poudrieres-en-mer-de-chine-vii-la-schizophrenie-vietnamienne-attraction-et-repulsion-chinoise/ et   http://indomemoires.hypotheses.org/14410

[5] Nathalie Fau, La maritimisation de l’économie vietnamienne : un facteur exarcerbant entre le Vietnam et la Chine en mer de Chine méridionale ?, dans : Hérodote 2ème trimestre 2015, n°157, « les enjeux géopolitiques du vietnam », p.44.