Guerre des images #8-16 mars 1968 – Le massacre de My Lai: comment écrire l’histoire de la guerre ?

 

 

Que montre la photo ?

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La province de Quang Ngai

On peut voir des cadavres de villageois, principalement des femmes et des enfants, abattus en groupe sur le chemin menant au hameau de My Lai, une subdivision du village de My Son, province de Quang Ngai.

Ce groupe ne montre qu’une partie de ce qui fut appelé le massacre de My Lai, au cours duquel la compagnie Charlie du premier bataillon, 20ème  régiment d’infanterie, 11ème brigade d’infanterie, liquida de 304 à 500 personnes (304 étant le nombre retenu par la suite dans les enquêtes et la presse américaine, 500 représentant l’estimation Viêt Công) entre 7h30 et 11h le 16 mars 1968. A noter que le capitaine Medina, commandant la compagnie Charlie, fit passé tous les habitants du village pour des soldats Viêt Cong dans son rapport à ses supérieurs.

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Le sergent Ron Haerbele

On doit la photographie à l’étude au Sergent Ron Haeberle, un photographe du service de presse de l’armée américaine attaché à la compagnie Charlie. Couvrant l’événement pour l’armée, ce cliché n’est pas issu de son appareil de service (en noir et blanc, qui servit à montrer qu’officiellement il s’agissait d’un interrogatoire « classique ») mais de son appareil personnel (couleur) qui permit de dépeindre ce qu’il s’était passé en ce matin de mars 1968. Mais nous en reparlerons plus tard en évoquant les péripéties de cette affaire.

Dans quel contexte la photo a-t-elle été prise ?

En cette mi-mars, Huê vient seulement d’être arrachée par les forces américaine et sud-vietnamienne à l’occupation communiste acquise à la faveur de l’attaque du Têt 68 (voir les articles « Guerre des images » précédents : https://vinageoblog.wordpress.com/2018/04/22/guerre-des-images-special-retrospective-pour-les-50-ans-de-loffensive-general-du-tet-1968/ et https://vinageoblog.wordpress.com/2018/04/29/guerre-des-images-7-1er-fevrier-1968-saigon-execution-debuts-de-loperation-phoenix-et-sensationnalisme-contre-information/ ) et le Viêt Cong, après avoir adopté la stratégie classique de guerre rangée, retrouve ses habitudes de guérillas et évite tout contact frontal avec l’ennemi. De leur côté, les  forces contre-insurectionnelles sont aux abois : il faut débusquer et « neutraliser » au plus vite les insurgés, combattants et non combattants, afin de détruire le « gros » de l’organisation opérationelle ennemie.

C’est à cette fin que fut employée la 11ème Brigade d’Infanterie. Fraîchement arrivée au Vietnam, à savoir en décembre 1967, le moral de ses troupes est encore bon et les « boys » veulent en découdre avec « Charlie le Viêt Cong ». A partir de l’attaque du Têt 68, la compagnie Charlie, issue de cette brigade, fut affectée, avec deux autres compagnies, à la localisation et à la destruction (« search and destroy ») du corps de bataille du 48ème bataillon insurgé qui venait de durement frappé la ville de Quang Ngai.

Cependant , le guérilleros avaient depuis longtemps fait des zones rurales et forestières de la province leurs repères. Aussi, la traque à laquelle se livrait la compagnie Charlie se vit semée de « booby trap », ces pièges artisanaux que nous avions déjà eu l’occasion de croiser (https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/20/defi-30-jours-30-articles-23-absurde-le-manque-de-contenu-politique-des-contre-insurges-francais-et-americains-durant-les-deux-premieres-guerres-dindochine/ ), et de mines qui firent des douzaines de morts et de blessés. Et le plus frustrant de tout : aucun engagement avec l’ennemi.

Peu avant le 16, le renseignement américain croit savoir que le 48ème Bataillon a trouvé refuge autour de My Son et particulièrement My Lai en raison de sa forte densité de population capable « d’absorber » sans problème un bataillon et de cacher les armes des combattants. Il s’avèrera, après le massacre, que l’unité ennemie était en fait à ce moment là près de 60km à l’ouest[1].

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Le capitaine Ernest Medina

Lors de la réunion à la veille de « l’attaque », le capitaine Ernest Medina est claire avec ses hommes : la préparation d’artillerie et les multiples sommations n’ont laissé dans le village que des soldats ennemis et, partant, la règle d’engagement prévoit d’abattre toute personne dans le hameau[2]. Ajoutons que, situation classique d’une mission de « search and destroy », la troupe avait pour mission de détruire toutes les facilités qui pourraient profiter à l’ennemi.

La frustration des hommes devant un ennemi invisible et la forte densité de piège à l’approche du village fera le reste…

Pourquoi cette photo montre-t-elle l’évolution du conflit vietnamien ?

Le tragique événement chroniqué ici est sans aucun doute le point d’orgue de la défaite stratégique, psychologique et morale de l’US Army au Vietnam et dans l’opinion publique mondiale.

S’agissant de la facette stratégique, bien que l’ayant déjà évoquée à de nombreuses reprises (https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/20/defi-30-jours-30-articles-23-absurde-le-manque-de-contenu-politique-des-contre-insurges-francais-et-americains-durant-les-deux-premieres-guerres-dindochine/), on rappellera brièvement ici que la guerre d’attrition mise en œuvre par le général Westmorland avait déclenché l’offensive du Têt en 1968, l’état-major Viêt Công engageant la phase 3) de la guerre révolutionnaire prématurément de peur de voir son corps de bataille anéanti[3]. En plus de ne pas avoir tenu compte des signes annonçant les ravages de ladite attaque générale[4], les officiers américains et sud-vitenamiens ont clairement faillit à la protection des populations civiles, notamment en milieu rural. Ce qui produira de lourds effets moraux et psychologiques.

 Le guérilleros communiste devant se mouvoir au sein de la population « comme un poisson dans l’eau » selon les préceptes de la guerre révolutionnaire maoïste, la confusion volontairement mise en place par les insurgés entre combattants et non-combattants associée à un constant harcèlement (pièges, embuscades, attaque éclair et repli immédiat, etc…) entraine fatalement la lassitude, une extrême tension nerveuse et une paranoïa exténuante pour les G.Is[5].

Par ailleurs, ceux-ci, croyant venir au Vietnam pour aider les populations civiles, se heurtent parfois à l’hostilité d’une partie d’entre-elles allant jusqu’à des attaques à la grenade par des femmes et des enfants. De plus, ces attaques inatendues intervienent entre deux missions « zippo », lassante et répétitive, consistant à patrouiller pour chercher ce diable d’ennemi invisible, contrôler les activités des populations civiles et détruire par le feu toute ressource ou abris pouvant servir à l’ennemi.

Ajouté à cela, la propagande (freudo-)marxiste « au pays » qui les traite comme des bouchers et qui ne relève que leurs exactions sans dire qu’elles constituent la stratégie classique d’intimidation des civiles par les ennemis[6], les conditions extrêmes de la jungle (chaleur, humidité, serpents, araignées, sangsues, etc…), les trahisons des petites amies, la flambée de violence raciale dans plusieurs villes des Etats Unis et une conscription inéquitable et, fatalement, l’absurdité de la situation provoque la baisse du moral des troupes et l’instabilité de leur équilibre mental[7]. L’ensemble de ces facteurs mène à la brutalité aveugle d’un triste épisode comme My Lai.

Rappelons d’ailleurs que selon les statistiques même de l’armée américaine, un tiers du corps expéditionnaire américain au Vietnam souffrait de problème d’addiction à la drogue, notamment à l’héroïne qui, contrairement à la marijuana, excite les hommes qui mettent alors en péril leur propre vie ainsi que celle de leurs camarades[8]. Beaucoup de vétérans souffriront de traumatismes longtemps après leur départ du théâtre d’opération. Ainsi, nombreux seront ceux qui iront gonflé les rangs des anti-guerres une fois démobilisé.

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De par cette relation de cause à effet, les lacunes stratégiques américaines au Vietnam furent une des sources de la rupture psychologique et morale que fut l’attaque du Têt 68 et la vague de contestation qui s’en suivit.

 La photo à l’étude, son histoire et surtout les enquêtes et procès qui s’en suivirent n’en furent que les symptomes visibles…

Quel a été son impact ?

Si la photo et le cas de My Lai sont très connus aujourd’hui, ils n’apparurent pas directement au grand jour.

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Hugh Thomspn

Pour remonter à l’origine des péripéties de notre affaire, il nous faut parler de l’adjudant Hugh Thompson, pilote d’hélicoptère chargé du soutien de la compagnie Charlie alors qu’elle était censée être au prise avec le 48ème bataillon Viêt Cong. Celui-ci, et ses deux hommes d’équipage, se rendirent vite compte de la folie meurtrière dont ils étaient témoins et tentèrent de sauver quelques personnes. Comptant sans doute sur l’autorité de l’officier en charge de « l’attaque », le lieutenant William Calley, pour calmer la situation, il s’entendit répondre par celui-ci, alors qu’il demandait l’autorisation d’évacuer quelques villageois, que tout ce qu’il ferait c’est de leur lancer une grenade. Prenant l’initiative, le pilote entreprit de sauver le groupe en se posant entre lui et ses camarades pris de frénésie, après avoir donner l’ordre à ses tireurs de braquer leurs fusils-mitrailleurs de gros calibre sur quiconque tenterait d’empêcher le sauvetage[9].

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Le lieutenant Calley

Encore abasourdi par ce dont il fut le témoin, il fit son rapport en rentrant à la base. On lui décerna la Distinguished Flying Cross mais sans aucune citation, un moyen d’acheter son silence … Une enquête est ouverte et, malgré le rapport des autorités sud-vietnamiennes établissant le fait que la population civile fut exécutée et une grande partie du village de My Son rasée, le compte-rendu à propos de My Lai fait officiellement état d’un succès, même si le 24 avril suivant 20 civils furent déclarés accidentellement abattus dans le chaos de la mélée. L’adjudant Thompson fut alors assigné à des missions de plus en plus dangereuses et sans couverture appropriée, raison pour laquelle il fut « descendu » à 5 reprises. A noter que le 5ème crash l’handicapera à vie[10].

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Ronald Ridenhour

Mais dans le même temps, Ronald Ridenhour, tireur embarqué avec Thompson, profita de sa familiarité avec les hommes de la compagnie Charlie (il s’était entrainé avec eux) pour mener sa propre enquête en « sous-marin » et récolter un maximum de témoignage. De retour au pays et libéré de ses obligations envers l’armée, il envoya le tout au Congrès et au Pentagone, ce qui entraina le début d’une enquête officielle  sur le massacre en lui-même et sur sa couverture par les officiels. Partant, en septembre 1969 le lieutenant Calley, le capitaine Medina, un autre officier et 9 soldats furent accusés du meurtre de 109 civils[11].

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Seymour Hersh. Son travail sur le procès de Medina et de Calley lui valut le prix Pullitzer en 1970

Si ce fut déjà un bon début pour galavaniser les anti-guerre, c’est l’enquête du jounaliste Seymour Hersh et les photographies du massacre par Haerbele publiées dans le très célèbre magazine Life qui fit éclater l’affaire à la face du monde. Inutile de décrire à quel point l’opinion publique américaine et mondiale, déjà perplexes face à la guerre américaine et surprise de l’attaque du Têt 68, fut émue par cette histoire. Les mouvement anti-guerres utilisèrent dès lors systématiquement le cas de My Lai pour conspuer l’intervention américaine au sud du 17ème parallèle.

Notons que le procès civil ne vit que le lieutenant Calley condamné à la prison à vie pour le meurtre de 22 civils vietnamiens mais il fut libéré sur parole en 1974. L’acquittement du reste des prévenus et la liébration sur parole du lieutenant se base sur une défense consistant à dire qu’il n’ont fait que suivre les ordres, ce qui fut d’ailleurs coroborer par l’enquête militaire.

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Le lieutenant-général Peers. Il donna son nom à la commission d’enquête font il eut la charge à propos du massacre de My Lai.

En effet, sans vouloir faire un cour de procédure juridique, il faut souligner que la couverture de ce massacre par l’état-major provoqua des remous au sein même de l’armée à propos de la défectuosité du commandement et des cas avérés d’indiscipline que ce fait sous-tendait. De ce fait, le lieutenant-général William Peers fut mandaté le 16 Novembre 1969 pour faire la lumière sur l’étendu des problèmes de la chaine de commandement. Le rapport qu’il rendit le 14 mars 1970, après une enquête à marche forcée, est sans appel : si on ne sait pas qui a ordonné le « tir-à-vue » le 16 mars 1968, l’ensemble du commandement est impliqué dans la couvreture du drame, de la compagnie (lieutenant) à la division (général de division). 30 personnes, dont 14 officiers, furent passées en cours martiale pour ne pas avoir rapporter les événements de My Lai. Aucune ne fut condamnée.

Notons que bien peu d’Américains connaissaient l’histoire de l’adjudant Thompson avant l’interview qu’il donna à la BBC en 1988 et qu’une campagne de soutien public ne lui permette de se voir décerner la Soldier’s Medal en 1996[12].

L’enquête n’est d’ailleurs pas clause étant donné que le 50ème anniversaire de l’événement cette année provoquera l’ouverture des archives des services de renseignement de l’armée américaine et que plusieurs éléments pourraient apporter d’autres perspectives à l’affaire. Les principales problématiques soulevées sont ici  de savoir si d’autres « My Lai » ont eu lieu et si certains d’entre eux furent utilisés pour gonfler le « bodycount » qui permettait à l’US Army de prouver l’efficacité de son action et la fin prochaine du conflit. Ce sujet méritant un article en lui-même de par sa richesse et sa complexité, j’implore les interéssés de bien vouloir faire preuve de patience.

Au dela du battage médiatique et de l’huile que le cliché des massacrés de My Lai jeta sur le brasier des oppositions pro- et anti-guerres, sujet que nous avons déjà en partie évoqué dans l’article d’introduction (https://vinageoblog.wordpress.com/2017/12/10/guerre-des-images-0-en-guise-dintroduction-guerre-du-vietnam-et-medias/ ), c’est surtout concernant l’écriture de l’histoire militaire américaine que la tragédie que nous chroniquons provoque une rupture inédite.

Effectivement, il faut bien garder à l’esprit que les Etats-Unis, au fil de leur courte histoire, furent longtemps isolationnistes et quand bien même ils participèrent (tardivement) à la première guerre mondiale, le comportement des nations européennes après le traité de Versailles (notamment s’agissant du remboursement de l’aide de guerre) leur fit regretter leur participation. Il fallut attendre Pearl Harbor pour voir les militaires et politiques « Yankee » vouloir sortir de leur frontière et de leur pré-carré sud américain à nouveau.

Cette visions du monde couplée à la chronologie que nous venons de détailler implique nécessairement une vision mythifiée de la guerre dans le sens où, en l’absence de précédents historiques conrairement aux armées du vieux continents, il fallait bien trouver un moyen de mobiliser psychologiquement les masses, combattantes ou non.

Aussi, si les orgies de violence et de cruauté contre les civils furent, sont et seront toujours le corolllaire des guerres et qu’au final celles-ci tomberont toujours sous les coups de la définition retenue en droit international  pour les crimes de guerre[13], c’est le traitement de ces violences qui permettent de percer ou non le récit mythifié de la guerre[14].

Or, à partir de 1942, on remarque qu’il fut constant pour l’armée américaine de mentir par ommission pour lier la chose martiale et politique. Que les plus pro-américains d’entre vous se rassurent, ce procédé est commun à toute les nations du monde. Là où l’oncle Sam se distingue, c’est par l’intensité des violences que cachaient les euphémismes propres au langage stratégique (dégats collatéraux, marge d’erreur, neutralisation, etc…). Rappelons ici que nous avions déjà parler de la doctrine de bombardement des populations en haute altitude, de l’emploi de l’arme atomique ou encore, pour se rapprocher du sujet vietnamien, de l’agent orange[15] et du napalm[16] en dans des proportions gigantesques.

Cette représentation de la guerre asseptisée, sanitaire, « propre » et « morale » – comme pourrait le dire les militaires israëliens[17] – néglige ou ne veut pas voir la cruauté et la bestialité de l’être humain. On peut d’ailleurs y ajouté la spécificité américaine qu’est Hollywood, fabriquant à la chaîne des héros pour chaque guerre menée par le Pentagone.

Le mythe ne peut perdurer que si le public auquel il s’adresse y croit, s’il se voit percé tout ce qui fut refoulé ressurgit.

C’est précisément ce qui se passa au cours de la guerre du Vietnam et plus particulièrement à l’occasion de My Lai.

La traversée du miroir fut d’autant plus douloureuse pour les Etats Unis que les journalistes couvrant les événements au Vietnam n’allaient guère sur le terrain et que, partant, s’ils avaient adhérés à la vision technique de l’état-major américain, le trouble apporté jusque dans leur confort urbain par l’attaque du Têt 68[18] les fit tomber dans les maladies cancéreuses du journalisme que sont le sensationalisme et le voyeurisme.

Dès lors, et comme nous l’avions déjà évoqué, le cours de la guerre du Vietnam avait basculé : elle ne pouvait se justifier moralement ou créer de héros.

Côté communiste, on s’empressa bien sûr d’exploiter la nouvelle,  même si, en réalité, le scandale fut si intense outre-Pacifique que s’en était devenu inutile. Notons néanmoins que dès 1976 un mémorial fut élevé à l’endroit où le massacre fut perpétré. Avec le temps, le site, devenu le « Son My Vestige Area », s’enrichit d’un musée, de stèles indiquant les charniers, de jardins et d’autels à la mémoire des civils abattus. Le hameau fut même partiellement reconstruit pour décrire le plus fidèlement possible la tragédie.

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Le mémorial de My Lai

Pourtant, malgré les 50 ans de cet événement il y a un peu plus d’un mois, les commémorations furent relativement discrètes comparées à ce que fut l’éclatement de l’événement à l’époque.

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La reconstitution du massacre de My Lai dans le musée étant dédié à sa mémoire.

Comme pour les 100 ans de la Révolution Bolchévique (https://vinageoblog.wordpress.com/2017/11/12/actualites-les-100-ans-de-la-revolution-bolchevique-au-vietnam/ ), ceci s’explique en grande partie par la stratégie vietnamienne consistant à internationaliser les tensions qui oppose Hanoï à son grand voisin du nord, ce qui inclut nécessairement une relative entente avec Washington et d’autres pays ayant participé à la guerre du Vietnam à ses côtés (Corée du Sud et Japon notamment)[19].

A ceci s’ajoute le fait que le pays reste toujours profondément divisé quant à la mémoire de la seconde guerre d’Indochine en général et de cet épisode en particulier. Ainsi, ni la mémoire collective produite par le PCV, ni les mémoires individuelles, extrêmement hétérogènes entre nord et sud, ne paraissent satisfaire les besoins de la population vietnamienne quant à la création d’un roman national permettant de s’extraire de l’aliénation du combat fratricide entre deux camps servant d’intermédiaires aux hégémons américain et soviétique que fut finalement la guerre du Vietnam[20].

Notons que pour se faire, il faudrait démystifier la guerre et objectiviser son analyse. Comme le PCV base de moins en moins sa légitimité sur les deux premières guerres d’Indochine au profit de sa capacité à apporter un développement économique florissant au pays, il est clair que le processus semble aller dans le bon sens, même s’il apparait comme évident que cela prendra du temps.

[1] https://www.britannica.com/event/My-Lai-Massacre

[2] Idem

[3] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/02/01/actualites-special-tet-deux-episodes-guerriers-celebres-dans-lhistoire-vietnamienne-a-loccasion-du-nouvel-an-lunaire/

[4] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/duc-un-regard-allemand-sur-le-vietnam-1965-1972-uwe-siemon-netto-les-indes-savantes-editions-2015/

[5] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/19/defi-30-jours-30-articles-22-la-guerre-contre-insurectionnelle-la-conception-dune-nouvelle-doctrine-de-guerre-pour-defaire-la-guerilla-maoiste-du-viet-minh/

[6] Idem

[7] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/20/defi-30-jours-30-articles-23-absurde-le-manque-de-contenu-politique-des-contre-insurges-francais-et-americains-durant-les-deux-premieres-guerres-dindochine/

[8] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/07/defi-30-jours30-articles-10-opium-source-de-linstallation-des-occidentaux-en-extreme-orient-et-fleau-en-asie-du-sud-est-en-general-et-au-vietnam-en-particulier/

[9] https://www.courrierinternational.com/article/1998/03/26/my-lai-une-orgie-de-massacres

[10] https://www.courrierinternational.com/article/1998/03/26/my-lai-une-orgie-de-massacres

[11] https://www.britannica.com/event/My-Lai-Massacre

[12] https://www.courrierinternational.com/article/1998/03/26/my-lai-une-orgie-de-massacres

[13] http://www.ohchr.org/Documents/Countries/CD/Fiche2_crimes_FINAL.pdf

[14] https://thediplomat.com/2018/03/the-my-lai-massacre-and-how-to-write-about-war/

[15] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/03/23/defi-30-jours-30-articles-26-agent-orange-guerre-chimique-de-haute-intensite-et-catastrophe-ecologique/

[16] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/08/20/raffinement-macabre-n4-le-napalm-de-pilier-a-mouton-noir-de-la-strategie-americaine-au-vietnam/

[17] https://www.investigaction.net/fr/Le-mythe-de-l-armee-la-plus-morale/

[18] https://vinageoblog.wordpress.com/2016/07/17/duc-un-regard-allemand-sur-le-vietnam-1965-1972-uwe-siemon-netto-les-indes-savantes-editions-2015/

[19] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/04/21/poudrieres-en-mdc-viii-strategie-vietnamienne-en-mer-de-chine-internationalisation-des-conflits-et-deni-dacces/

[20] https://thediplomat.com/2015/05/vietnam-war-understanding-not-celebrating/

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